Nicolas Sarkozy

Blog Coopératif

Une réponse pénale à  la hauteur de la réponse policière - RTL

Posté le 22/09/2006 par admin dans la catégorie Interviews de Sarkozy, Radio

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Nicolas SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY
Bonjour, Jean-Michel APHATIE, merci de minviter.

JEAN-MICHEL APHATIE
Guy CANIVET, premier président de la Cour de Cassation, lun des principaux magistrats de France a dit ceci hier, une fois de plus la presse de ce jour rapporte les termes provoquant du ministre dEtat, ministre de lIntérieur, mettant en cause le fonctionnement de linstitution judiciaire. Cette nouvelle atteinte à  lindépendance de lautorité judiciaire affaiblit autant le crédit de la justice que lautorité de lEtat. Cest cinglant, cela vous blesse t-il Nicolas SARKOZY ?

NICOLAS SARKOZY
Non. Mais je veux men expliquer, une fois de plus. Quand ais-je mis en cause un débat sur la justice, la dernière fois, je veux le rappeler aux auditeurs ? Je sortais de lenterrement de madame CREMEL (phon). Madame CREMEL, cest cette jeune femme de 42 ans, de Seine et Marne qui un beau matin faisait son jogging, et qui a été tuée pour 20 euros par un individu qui sappelle GATO (phon), qui avait déjà  tué une femme quelques années auparavant. Et je métais interrogé, quel crime avais-je commis ? Je métais interrogé pour savoir comment un juge dapplication des peines avait pu libérer un tueur de femme qui à  peine libéré avait recommencé ? Et à  lépoque, il y a quelques mois, il y avait une grande polémique, notamment avec monsieur CANIVET parce que javais osé dire quelque chose, je persiste et je signe. Quand on prend la décision de relâcher un tueur et quil recommence, celui qui a pris cette décision est responsable de cette décision. Il ny a pas de pouvoir sans responsabilité. Et à  lépoque déjà , on avait dit que je mettais en cause lindépendance de la justice parce que je demandais quun magistrat qui commettait une telle erreur, et ça peut arriver à  tout le monde, mais mon dieu quelle conséquence, devait assumer ses responsabilités.

JEAN-MICHEL APHATIE
Cette fois-ci, cest un peu différent, Nicolas SARKOZY, vous parlez de la démission des juges, ce qui est un terme un petit peu différent, et lensemble des magistrats, juges…

NICOLAS SARKOZY
Je vais y venir.

JEAN-MICHEL APHATIE
Votre propos peut-être trop général.

NICOLAS SARKOZY
Non, absolument pas, bien au contraire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Remettre en cause leur travail, et ça ils ne lacceptent pas.

NICOLAS SARKOZY
Ca, cétait pour le “ une fois de plus ”. Quest-ce qui sest passé ? Revenons, ayons lhonnêteté daller jusquau bout, je reçois un rapport du préfet de la Seine Saint Denis. Ce rapport dit un certain nombre de choses, la violence na jamais été si grande en Seine Saint Denis, monsieur le Ministre, me dit-il, jai besoin de policiers en plus. Et il dit une troisième chose, que vous les médias navaient pas mis en avant avec la même force, mais que moi jai lu, les décisions judiciaires du tribunal pour enfants, en Seine Saint Denis, ça ne va pas, car un magistrat, en loccurrence le président, sest fait une spécialité de ne jamais mettre en prison un mineur délinquant. Et le préfet de préciser, il ny a jamais eu tant de violences en Seine Saint Denis et pourtant les mises sous écrou, c’est-à -dire les décisions demprisonnement ont diminué de 15 %. Voilà  ce quil y a dans le rapport. Personne ne conteste la vérité, de cette situation, jamais vous mentendez monsieur APHATIE, jamais je nai mis en cause les magistrats dans leur ensemble. La meilleure preuve, cest que je suis même prêt à  le dire, les magistrats du parquet font un travail remarquable, seulement ils ne sont pas suivis.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pourquoi ?

NICOLAS SARKOZY
Le parquet…

JEAN-MICHEL APHATIE
Par idéologie ? Par difficulté dappliquer la loi ? Quelle est votre analyse, Nicolas SARKOZY ?

NICOLAS SARKOZY
Je rappelle que les magistrats jugent au nom du peuple français et il nest pas anormal que le peuple français et les représentants du peuple français aient une opinion sur la façon dont ça se passe. Alors moi, je suis en charge de la sécurité des Français. Comment puis-je assurer durablement la sécurité des Français et notamment des Français habitant en Seine Saint Denis si je me retrouve avec une chaîne pénale o๠les policiers arrêtent toujours les mêmes, et o๠la réponse pénale nest pas à  la hauteur de la réponse policière. Quest-ce quon fait ? Il y a un individu qui a fait 50 vols à  la portière et qui est relâché, quest-ce que je dois dire ? Alors la polémique évoluant, on me dit, ah oui cest vrai, vous avez raison, parce que ce que je dis est incontestable, dailleurs cest dans le rapport du préfet. Il ny a pas une personne qui peut contester ce que je dis.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais pourquoi les magistrats de Bobigny daprès vous…

NICOLAS SARKOZY
Autre débat…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous devez avoir une opinion Nicolas SARKOZY ?

NICOLAS SARKOZY
Nallons pas si vite, expliquons-nous.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pourquoi les magistrats de Bobigny…

NICOLAS SARKOZY
Est-ce que le ministre de lIntérieur a le droit de formuler une opinion ? Ca cest un autre sujet puisque maintenant on me dit, non, non mais tu as raison, mais est-ce que cest au ministre de lIntérieur de le dire ? Alors voilà  qui est très intéressant. Je suis en charge de la sécurité des Français, jai des comptes à  rendre aux Français. Je suis jugé sur des résultats, et peut-être même monsieur APHATIE, suis-je assez bien placé pour savoir quelle est la réalité de la situation. Alors celui qui connaît le mieux la réalité de la situation ne devrait rien dire ? Enfin dernier point, lindépendance, je la respecte, je nai jamais demandé quon condamne ou quon relâche qui que ce soit. Mais lindépendance, ça ne veut pas dire que le seul pouvoir en France o๠lexpression dune opinion sur les conditions dexercice de ce pouvoir, serait une remise en cause de lindépendance. Dites donc il faut que jy pense, il faut que je pense à  devenir magistrat, ça va devenir confortable. Quand on critique une décision dun magistrat, on met en cause son indépendance, dites-moi ça doit faire rêver les journalistes, les chefs dentreprise, les médecins, les professions libérales, les commerçants, les salariés qui nous écoutent.

JEAN-MICHEL APHATIE
Nicolas SARKOZY…

NICOLAS SARKOZY
Alors nous tous dans notre vie quotidienne, nous sommes aux prises à  la critique, vous-même monsieur APHATIE ne cessait de relayer et cest votre rôle la critique au nom de la démocratie et il y aurait un seul endroit, un seul, un seul pouvoir o๠le commentaire serait anti démocratique et anti républicain, cest quand il sagit dun magistrat. On na pas la même conception de la démocratie.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pourquoi daprès vous puisque vous avez regardé la situation, vous lanalysez, ça fait des mois que vous avez ce problème avec le tribunal pour enfants de Bobigny, pourquoi daprès vous…

NICOLAS SARKOZY
Des années.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pourquoi daprès vous, Nicolas SARKOZY, ces difficultés existent dans ce tribunal ?

NICOLAS SARKOZY
Je ne le dirais pas, et je vais vous dire pourquoi, parce quà  partir de ce moment là  je quitterais le rivage objectif des faits, pour gagner celui subjectif du commentaire. Moi, jai essayé de dire aux Français, voilà  les faits.

JEAN-MICHEL APHATIE
La démission, cest déjà  un propos subjectif, Nicolas SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY
Non, absolument pas. Voilà  les faits. Jai de plus en plus de mineurs délinquants, de plus en plus violemment délinquants. Jétais hier à  lhôpital, on va parler vraiment, jétais hier à  lhôpital avec le père et la femme du policier. Voilà  un garçon…

JEAN-MICHEL APHATIE
Blessé aux Tarterets.

NICOLAS SARKOZY
… qui est père de deux enfants, qui a été massacré, il faut dire les choses comme elles sont, massacré. Cest un policier qui était dans sa voiture avec un de ses collègues, il est tombé dans un guet-apens, 20 voyous lattendaient, il sest passé très exactement quatre minutes entre le moment o๠les 20 voyous se sont abattus sur cet homme seul, quel courage, quel courage et quatre minutes après les renforts sont arrivés pour le sortir. En quatre minutes ils se sont acharnés à  coups de barre de fer, de batte de base-ball, en frappant quasi exclusivement, monsieur APHATIE, à  la tête, parce quils ont frappé pour faire mal, voire pour tuer, en moins de quatre minutes. Les médecins qui lont vu, lont sauvé, ils ont fait un travail remarquable, ont sauvé son Å“il, ont sauvé sa figure, mais face à  un tel déchaînement de violences, je veux parce que cest mon devoir, que la réponse policière et la réponse judiciaire soient à  la mesure de lattente des Français. Enfin dernière remarque que je voudrais faire, il y a un Français sur deux qui ne votent pas, vous ne cessez vous même monsieur APHATIE de dire la politique nintéresse plus personne.

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, je ne le dis pas comme ça.

NICOLAS SARKOZY
Eh bien, enfin vous le laissez entendre et vous le savez très bien.

JEAN-MICHEL APHATIE
Je ne le dis pas comme ça, mais cest pas grave.

NICOLAS SARKOZY
En disant encore une fois les hommes politiques, moi jessaie de parler pour être compris des gens et voilà  un véritable sujet. Et je dis à  monsieur CANIVET que je connais bien, qui est souvent venu me voir, avec qui nous avons eu des discussions passionnantes sur la justice et qui est dailleurs un homme de bien, je le dis franchement, si la justice française na comme seul problème que les commentaires que je fais sur ses décisions, cest quelle va vraiment très bien.

JEAN-MICHEL APHATIE
Guy CANIVET, premier président de la Cour de Cassation sera reçu tout à  lheure à  9h00 par le président de la République à  lElysée, et cest à  la demande de Guy CANIVET, bien sûr que cette entrevue a lieu. Etes-vous certain Nicolas SARKOZY du soutien du président de la République ?

NICOLAS SARKOZY
Ecoutez, je savais que cet entretien avait lieu pour deux raisons. La première cest que Guy CANIVET ma envoyé la copie et cest très aimable dailleurs de sa part de la lettre, remarquez la copie je laurais reçu puisque comme la lettre était dans la presse avant que le président même lait reçu, cétait assez simple pour moi de le savoir.

JEAN-MICHEL APHATIE
Cest discourtois.

NICOLAS SARKOZY
Non. Pas du tout, dire ça, ce serait remettre en cause son indépendance. Et deuxième chose, le président de la République me lavait dit, le président de la République reçoit qui il veut, je nai aucun commentaire à  faire, dailleurs à  sa place je laurais reçu.

JEAN-MICHEL APHATIE
Etes-vous certain du soutien du président de la République dans cette polémique, monsieur SARKOZY ?

NICOLAS SARKOZY
Je suis tout à  fait certain du soutien à  la politique de sécurité que je conduis, du président de la République.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce nest pas tout à  fait ma question.

NICOLAS SARKOZY
Mais écoutez on verra, je ne vais pas le faire parler, on verra bien.

JEAN-MICHEL APHATIE
Avez-vous parlé avec le président de la République ?

NICOLAS SARKOZY
Bien sûr que jai parlé avec le président de la République…

JEAN-MICHEL APHATIE
De ce qui nous occupe ce matin.

NICOLAS SARKOZY
Bien sûr que jai parlé avec lui, jai parlé avec lui, avec le Premier ministre naturellement.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et le soutien du président de la République dans cette conversation vous est-il apparu ?

NICOLAS SARKOZY
Mais ce nest pas à  moi de le dire, ils iront le dire, ils feront ce quils veulent. Vous savez quel est mon juge ?

JEAN-MICHEL APHATIE
Votre juge ?

NICOLAS SARKOZY
Daprès vous, les Français.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous suggérez que ce sont les Français ?

NICOLAS SARKOZY
Mais non je ne suggère pas, je pense quen démocratie, nous qui exerçons des responsabilités politiques, cest le jugement des Français qui compte. Et moi ce que je demande, cest est-ce que jai dit parce que jai lénorme privilège, limmense privilège, moi de pouvoir prendre la parole. Quest-ce que jai dit, et je veux savoir si les Français pensent que ce que jai dit, cest ce quils pensent eux-mêmes. Et il y a tant de gens qui aimeraient le dire. Et il est peut-être venu le temps, que ceux qui forment les élites républicaines se rendent compte du décalage croissant entre ce que nous disons nous et ce que pensent les gens. Dailleurs vous-mêmes à  RTL, vous le savez bien, ce nest pas moi, quand je suis arrivé, voilà  quest-ce quon ma dit, que les auditeurs qui avaient appelé, avaient appelé à  70 % pour soutenir la position que jai prise, sur le blog du Monde, cétait majoritairement aussi, alors quest-ce quon veut ? Est-ce quon veut une démocratie vivante ou pas ? Et jaimerais aussi parler de ce que disent les Socialistes…

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que je peux vous poser une question, vous dites votre juge, cest les Français, on lentend bien, vous êtes indifférent au jugement du président de la République dans cette affaire ?

NICOLAS SARKOZY
Absolument pas, si jétais indifférent, ça se saurait.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les polémiques ne font guère avancer les choses, quest-ce que vous pensez…

NICOLAS SARKOZY
Ca cest parfaitement exact.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous savez qui la prononcé ?

NICOLAS SARKOZY
Non.
JEAN-MICHEL APHATIE
Cest Dominique de VILLEPIN.

NICOLAS SARKOZY
Eh bien voilà , je suis daccord avec lui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Une fois encore.

NICOLAS SARKOZY
Voilà  une fois encore, une fois de plus. Et dailleurs cest la raison pour laquelle il y aura dans les jours qui viennent une réunion entre le préfet de Saint Denis, le directeur général de la police, le directeur des affaires criminelles et des grâces, et le président du tribunal de Bobigny, pour savoir comment on peut améliorer la situation, parce que le problème cest quand même celui-ci.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et Dominique de VILLEPIN a dit aussi, il faut éviter les passions, souvenons-nous de la révolte des banlieues, il y a presque un an.

NICOLAS SARKOZY
Et alors ?
JEAN-MICHEL APHATIE
Et alors il suggère que peut-être vos propos peuvent rallumer la mèche.

NICOLAS SARKOZY
Absolument pas. Permettez-moi dailleurs de vous dire que sur la révolte des banlieues, monsieur APHATIE, jétais ministre de lIntérieur, qui a eu à  gérer 27 nuits démeutes. Le seul pays démocratique o๠on a pu gérer 27 nuits démeutes sans quil y ait un mort dans les forces de lordre et un mort dans les émeutiers, cest la France. Partout o๠je me rends dans le monde et je voyage beaucoup et je rencontre beaucoup de gens, on rend hommage au professionnalisme de la police française et à  la maîtrise avec laquelle nous avons géré ces événements. Je suis un homme républicain, et depuis quatre ans et demi que je suis ministre de lIntérieur, à  aucun moment et daucune façon, il ny a jamais eu de bavure. Certains le regrettent. Et jai démontré quon pouvait avoir des résultats spectaculaires en matière de sécurité sans quil y ait de bavure.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et vous ne craigniez pas que cette polémique puisse rallumer, raviver quelque chose dans les banlieues françaises ?

NICOLAS SARKOZY
Alors ça voudrait dire quoi, parce quon pense quon nest pas assez sévère et parce quon dit quon nest pas assez sévère avec des multirécidivistes et des mineurs qui nont de mineur que le nom, on va raviver la tension dans les banlieues. Ca veut dire que la démocratie doit se coucher, ça veux dire quon doit sincliner ?

JEAN-MICHEL APHATIE
Je citais les propos de Dominique de VILLEPIN.

NICOLAS SARKOZY
Ca veut dire que lon doit faire comme on la fait depuis tant dannées avec les socialistes. Vous savez pourquoi on avait la paix dans certains quartiers, parce que la police ny mettait pas les pieds, parce quon laissait les trafiquants de drogue, parce quon avait démissionné pour faire reculer la violence, la délinquance et parce quon nosait pas appeler un chat, un chat.

JEAN-MICHEL APHATIE
Dans la note du préfet de Seine Saint Denis quon a beaucoup commenté, un aspect est un peu passé inaperçu, ces classes dâges, écrit le préfet, il parle des plus jeunes sont aujourd’hui fortement travaillées par lislam et sans doute les plus intégristes, il a raison, il a tort ?

NICOLAS SARKOZY
Exact. Il a parfaitement raison. Exact et cest un problème considérable dans notre pays. Cest un problème auquel nous faisons face, je dois dire dailleurs lirresponsabilité de certaines associations politisées sur laffaire du squat de Cachan ou sur laffaire de limmigration. Nous payons une politique de limmigration qui na pas été organisée, qui na pas été voulue, qui na pas été revendiquée, qui fait que nous avons accueilli pendant des années des femmes et des hommes pour qui nous navions ni logement, ni travail, alors même que toutes les autres démocraties dans le monde faisaient le choix de limmigration du travail. Voilà  le résultat des choses. Et voilà  ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays, eh bien il fallait quil y ait quelquun qui se lève pour dire maintenant ça suffit.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour terminer sur une note un peu différente, Nicolas SARKOZY, nous sommes le 22 septembre aujourd’hui et vous savez ce que cest le 22 septembre ? Cest lanniversaire de Ségolène ROYAL, elle fête ses 53 ans.

NICOLAS SARKOZY
Je suis très heureux de lui fêter un bon anniversaire, mais si vous aviez voulu être vraiment gentil, vous vous seriez contenté de lanniversaire, sans dire que cétait 53 ans.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais vous savez sur RTL, on dit tout, cest la passion du journalisme qui nous éconduit et Nicolas SARKOZY en était linvité.

NICOLAS SARKOZY
Cest pas forcément courtois.

JOURNALISTE
Pour la suite, moi jai retenu une phrase, mon juge : ce sont les Français. Nos auditeurs sont des juges indépendants, monsieur SARKOZY, vous pourrez le mesurer tout à  lheure, ils ont appelé massivement le 3210 et à  partir de 8h30, ils pourront dialoguer avec vous en direct. FIN&

*****

CHRISTOPHE HONDELATTE
Monsieur SARKOZY, merci dêtre revenu dans ce studio pour oser le dialogue avec nos auditeurs. Vous avez prononcé une phrase tout à  lheure, non pas que je ne pense pas que vous ne soyez pas capable de la prononcer à  nouveau, je pense que vous en êtes capable, néanmoins vous lavez bien exprimée et je pense que cest une des phrases saillantes de linterview que vous avez donnée à  Jean-Michel APHATIE tout à  lheure, on la réécoute.

JEAN-MICHEL APHATIE
Votre juge ?

NICOLAS SARKOZY
Daprès vous, les Français.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous suggérez que ce sont les Français ?

NICOLAS SARKOZY
Mais non je ne suggère pas, je pense quen démocratie, nous qui exerçons des responsabilités politiques, cest le jugement des Français qui compte.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Les Français sont là , en tout cas les auditeurs de RTL, ils appellent massivement le standard depuis quils vous ont entendu. On va prendre un premier appel, celui de Marc, bonjour.

MARC
Bonjour.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Qui, je suppose, ne sappelle pas vraiment Marc…

MARC
Si, absolument, je nai pas honte de mon nom.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Vous êtes gendarme.

MARC
Je suis gendarme mobile, je tiens à  la préciser parce que je réagis à  laction par rapport à  mes camarades CRS qui ont été sauvagement agressés.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Le ministre vous écoute, vous pouvez lui parler directement.

MARC
Monsieur le ministre, mes respects.

NICOLAS SARKOZY
Bonjour monsieur.

MARC
Je téléphone pour soutenir un peu votre action, même si je ne vote pas forcément pour vous, mais enfin il faut…

NICOLAS SARKOZY
Honnêtement, ce nest pas obligé !

MARC
Non, mais enfin…

NICOLAS SARKOZY
On peut avoir des opinions.

MARC
Non non, mais enfin… je ne veux pas dire que je vote de lautre côté non plus. Japporte mon soutien parce quen fait on a eu 20 ans de socialisme avant vous, il ny a que vous qui avez bougé. Tout na pas été bien fait parce que je pense que chez nous on vous a mal conseillé, mais il faut continuer et je voudrais dire à  tous les gens de gauche, surtout particulièrement monsieur AYRAULT, je suis de Nantes, particulièrement monsieur AYRAULT qui sen prend beaucoup à  vous, quil arrête de sponsoriser les clips anti-police, cest quand même lui qui les sponsorise, même si on dit après, non, cest pas vrai. Eh bien écoutez, continuez, et il faut continuer à  se battre. Je pense que les Français vont vous suivre.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Vous pensez quon peut dire à  des juges quils sont défaillants, quand on est un homme politique ?

MARC
Cest-à -dire que moi je suis gendarme mobile, c’est-à -dire que je vais souvent dans les tribunaux, et je ne veux pas dire quils sont défaillants. Moi ce que je regrette un peu cest quils sont trop éducateurs et pas assez juges. Cest ce que je ressens souvent. Ils font un boulot, cest énorme, si vous êtes… rentrez dans un bureau de juge dinstruction, vous allez voir, cest des piles et des piles de dossiers, le travail quils font cest phénoménal, cest phénoménal, mais cest vrai quil y en a, cest pas tous, cest pas tous, qui font, qui sont trop éducateurs. Ils ne sont pas éducateurs, ils sont là  pour rendre justice.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Monsieur SARKOZY, quest-ce que vous avez à  dire à  Marc ?

MARC
Dabord…

CHRISTOPHE HONDELATTE
Vous buvez du petit lait, comme on dit, là  !

NICOLAS SARKOZY
Non, pas du tout, je ne suis pas à  ce point-là . Marc a dit quil avait ses opinions politiques, qui nétaient pas forcément les miennes, cest son droit. Cest un gendarme, il connaît la réalité du terrain, et il sait parfaitement que ce que je dis est la vérité. Alors pour le reste, il y a quelques instants encore sur mon téléphone, il y avait un texto dun juge dinstruction. Un juge dinstruction qui a eu des affaires importantes, qui me disait, “ vous avez raison. ”

CHRISTOPHE HONDELATTE
Cest un copain à  vous, sil avait votre numéro de téléphone.

NICOLAS SARKOZY
Vous savez, vous êtes daccord avec vos copains toujours ?
CHRISTOPHE HONDELATTE
Non.

NICOLAS SARKOZY
Non, ça veut dire quoi ? ça veut dire que la pensée unique, cette chape de plomb, qui fait quon ne peut, au fond, ne rien dire sur rien, sans déclencher immédiatement une polémique, ça tue la démocratie. Si vous reprenez ce que jai dit, je nai blessé personne, je nai manqué de respect à  personne, jai décrit une situation, jai essayé de la décrire avec des mots républicains, enfin je veux dire… quil y ait un tel corporatisme en réponse à  cela, cest quand même le signal dune démocratie qui nest plus assez fluide, qui ne fonctionne pas. Quont voulu dire les gens, vos auditeurs, comme les électeurs de toutes les élections : arrêtez dêtre déconnectés de la réalité. Alors quand on parle de la réalité, il faut laccepter.

CHRISTOPHE HONDELATTE
On va prendre Corinne, tenez, la réalité la voilà  qui surgit, Corinne est de Bobigny justement. Vous êtes là  Corinne ?

CORINNE
Oui, bonjour.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Je vous que vous êtes juriste, vous nêtes pas magistrat néanmoins ?

CORINNE
Non non, du tout.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Je vous écoute Corinne.

CORINNE
Voilà , je voulais…

CHRISTOPHE HONDELATTE
Enfin, on vous écoute.

CORINNE
Merci. Bonjour monsieur le ministre.

NICOLAS SARKOZY
Bonjour madame.

CORINNE
Bonjour monsieur HONDELATTE. Je voulais apporter quelques précisions par rapport au laxisme dont monsieur SARKOZY a fait état, au TGI de Bobigny. Jy suis régulièrement au TGI de Bobigny, trois ou quatre fois par semaine, pour diverses audiences, que ce soit du pénal ou dautres audiences, je vais confirmer les propos du magistrat de Reims tout à  lheure, cest impressionnant le travail de ces magistrats. Les audiences commencent à  13H00, et lorsque ce magistrat tout à  lheure disait quelles se terminaient à  23H00, 23H00 cest dans le meilleur des cas. 23H00 cest dans le meilleur des cas parce que cest plutôt 3H00 du matin. Quand vous avez des audiences de correctionnelle o๠il y a 60 ou 65 dossiers à  traiter, et jen fais régulièrement partie puisque mon administration va aussi en correctionnelle et je la représente en correctionnelle, moi-même jattends quelquefois jusquà  2H00 du matin pour passer un dossier, les avocats, enfin… vous avez effectivement toutes les salles daudience qui sont prises. Quelquefois en tribunal des affaires de Sécurité sociale, nous navons pas de salle daudience parce que toutes les salles du TGI de Bobigny sont prises pour des audiences de correctionnelle.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Tout ça pour dire quoi Corinne ?

CORINNE
Pour dire que le laxisme dont fait état monsieur SARKOZY ne vient pas forcément des magistrats. Il faut voir aussi leurs conditions de travail, et également je voulais parler du laxisme de la police, on ne sait même pas à  qui sadresser au TGI de Bobigny. Vous avez des CRS, vous avez des gendarmes, vous avez la police nationale, vous avez les gardes qui sont à  lentrée, lorsquil se passe un problème, quon interpelle un CRS, ah bien non, lui ce nest pas son truc, ce nest pas sa mission, lui il est venu pour les reconduites aux frontières, vous allez voir un gars de la sécurité, ah bien non, mais lui cest pas ça, il faut aller voir le policier. Le policier, ah bien non, lui il est venu accompagner un prévenu…

CHRISTOPHE HONDELATTE
Corinne, on va donner loccasion au ministre de vous répondre, puisque vous lavez interpellé. Monsieur SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY
Oui, madame, si vous voulez me dire que les conditions de travail des magistrats à  Bobigny, comme ailleurs, sont difficiles, vous avez parfaitement raison, et si vous voulez me dire quil y a une surcharge de travail, vous avez raison, mais alors ça valide aussi la réaction que je demande, on ne peut pas continuer comme cela. Quest-ce qui se passe ? Je pense quon na pas pris la mesure suffisamment dans notre pays, des “ multiréitérants. ” Il y a des individus qui viennent 50 fois de suite, pour les mêmes choses, devant un tribunal correctionnel. Il y a un moment o๠la société doit dire, maintenant ça suffit. Monsieur ou madame, vous navez pas compris la leçon, eh bien la peine que nous allons vous infliger nest pas seulement fonction de la dernière infraction que vous avez réalisée, mais du cumul de toutes les infractions.

CORINNE
Excusez-moi de vous couper monsieur le ministre, dans ce cas-là  il faut appliquer les peines. Parce quil est normal quaujourdhui quelquun entre… le cas, un cas précis que jai vécu, un violeur qui entre au TGI de Bobigny seul, il est condamné, il ressort seul.

NICOLAS SARKOZY
Eh bien madame, on est daccord. Javais fait une polémique il y a 2 ans en créant, madame, le FNAEG, le fichier des empreintes génétiques, javais eu à  lépoque le syndicat de la magistrature qui sétait dressé contre moi en disant que je mettais gravement en cause les libertés dans notre pays. Si le FNAEG, le fichier des empreintes génétiques, avait existé, Guy GEORGES, qui a violé, si mon souvenir est exact, 12 jeunes filles, se serait arrêté à  la quatrième. Vous me dites les peines ne sont pas appliquées, cest exactement ce que je dis madame, je suis daccord avec vous, mais cest la faute à  qui ? ce nest quand même pas la mienne. Moi je ne suis pas responsable du tribunal…

CORINNE
Dans ce cas-là  prenez … auprès de votre collègue le garde des Sceaux et réfléchissez tous les deux. Parce que là  vous lancez des pavés dans la marre, et puis il ne se passe rien derrière puisque vous navez pas le pouvoir de le faire. Vous êtes ministre de l’Intérieur et pas garde des Sceaux.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Monsieur SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY
Donc vous mencouragez à  chercher une responsabilité plus grande pour pouvoir mettre en Å“uvre mes convictions. Cest une idée sur laquelle je vais réfléchir.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Jean-Michel APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Elle vous suggérait peut-être quau sein du gouvernement les gens ne sont pas solidaires forcément avec vous, naccompagnent pas par leurs actions, leurs réactions, ce que vous dites.

NICOLAS SARKOZY
Oui, mais alors cest un problème compliqué parce que moi je crois à  la force de la parole, monsieur APHATIE, je pense, voyez-vous, quil faut gagner la bataille de la communication si on veut faire une action forte. La parole ce nest pas quelque chose qui est inutile. Convaincre devant le tribunal de lopinion publique, pour pouvoir agir ensuite. Voilà  la différence sur les trente dernières années. Il y a 30 ans on agissait et puis on expliquait, aujourdhui, dans la démocratie dopinion quest la notre, cest parce quon a réussi à  convaincre en expliquant bien quon peut agir. La communication et la parole cest de laction.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Il est 8H43 sur RTL, on a plein, plein, plein dappels. Sandrine par exemple, 26 ans, dIvry-sur-Seine en banlieue parisienne, donc dans le 94, département de la…

NICOLAS SARKOZY
Cest Val-de-Marne.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Val-de-Marne, voilà . Vous êtes là  Sandrine ?

SANDRINE
Oui. Bonjour.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Je vérifiais si vous connaissiez bien vos départements.

NICOLAS SARKOZY
Merci…

CHRISTOPHE HONDELATTE
Sandrine vous pouvez vous adresser directement au ministre.

SANDRINE
Daccord. Bonjour monsieur SARKOZY.

NICOLAS SARKOZY
Bonjour madame.

SANDRINE
Vous cherchez à  nous convaincre que les mauvais résultats de votre ministère sont dus à  dautres, moi je vais vous donner ma position. Les problèmes de sécurité, dont vous vous prévalez, ne se résoudront ni par du tapage médiatique, ni par une profusion duniformes dans la cité. Je pense que cette politique attise la peur de lautre et que cest une manière de se moquer du monde. Je pense au contraire que le malaise social nécessite premièrement de la transparence et une égalité de traitement de tous devant la justice, on ne me fera pas croire quon peut donner des repères aux jeunes en leur donnant des sanctions de 3 à  6 mois de prison pour des petits délits alors que dautres détournent des milliers et des millions sans jamais voir un jour la prison. Je pense, deuxièmement, quon résoudra les questions de malaise social… (problèmes de liaison téléphonique.)

CHRISTOPHE HONDELATTE
Sandrine, vous avez pu dire lessentiel, votre téléphone est en train de se dégrader largement, monsieur SARKOZY va vous répondre.

SANDRINE
Daccord. Merci.

NICOLAS SARKOZY
Oui, je respecte ce que dit madame, ce nest pas mon opinion, dailleurs ce nest pas une question, cest une opinion. Je ne sais pas qui elle vise dans ceux qui détournent des millions et des millions…

CHRISTOPHE HONDELATTE
Clairement des hommes politiques, si vous voulez mon avis.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les affaires de financement de partis politiques qui nont pas été sanctionnées, tout ça.
CHRISTOPHE HONDELATTE
Voilà , des choses comme ça.

NICOLAS SARKOZY
Jusquà  preuve du contraire je nai pas été dans ces affaires monsieur APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Elle parlait de manière générale, on na pas le sentiment que la justice fonctionnait bien dans toutes les circonstances.

NICOLAS SARKOZY
Je croyais, monsieur APHATIE, quil ne fallait pas parler de manière générale, vous men avez fait la remarque ce matin en disant, vous avez parlé de manière générale. Alors moi quand je parle de manière générale des magistrats cest une faute…

JEAN-MICHEL APHATIE
Et moi jai le droit voyez ! ça cest linégalité…

NICOLAS SARKOZY
Cest légalité… non mais parlons clair. Moi je dirais à  madame quelle a parfaitement raison, je ne pense pas quil puisse y avoir de fermeté sans justice, mais je ne pense pas non plus que le chômage, la misère, linjustice, justifie tout. Je mexplique. A force dexpliquer linexplicable on finit par excuser linexcusable. Bien sûr quil y a des injustices, bien sûr quil y a des discriminations, bien sûr quil y a du chômage, bien sûr quil y a du mal de vivre, il faut y répondre, mais on ne répondra pas à  ce mal de vivre en acceptant quon brûle des voitures, parce que jobserve que celui qui a du mal de vivre il ferait mieux de brûler sa voiture plutôt que celle du voisin, parce que je ne vois pas en quoi ça améliore la vie du voisin de brûler la voiture du voisin, et il y a un moment donné o๠il faut de la fermeté. Jajoute que je suis un des rares hommes politiques français à  défendre le principe de la discrimination positive, c’est-à -dire de faire plus pour ceux qui ont moins, sagissant de ceux qui ont détourné, jai fait une polémique, encore une, il y a quelques semaines, devant le MEDEF, en parlant des patrons voyous. Donc ma fermeté nest pas à  géométrie variable. Je suis très attaché à  la justice, mais je ne pense pas que le laxisme et la démission ça fasse avancer la justice.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Jacques, bonjour. Allô Jacques. Jacques nest pas en ligne ?
JACQUES
Si si, je suis en ligne.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Jacques vous appelez du département de Haute-Marne.

JACQUES
Absolument, oui.

CHRISTOPHE HONDELATTE
… Vous êtes agent immobilier, et le ministre de l’Intérieur vous écoute.

JACQUES
Bonjour monsieur le ministre, je suis très heureux de vous entendre, je suis aussi ému quheureux dailleurs. Jai tellement de questions à  vous poser, vous parliez du privilège de la parole, cest vrai que les anonymes ont souvent… en se disant, tient jai plein de choses à  dire, en fait je voulais poser des questions relatives à  la sécurité routière et aux effectifs qui sont peut-être employés trop dans ce domaine plutôt que dans le domaine de la sécurité banlieue. En fait jai une autre question, si ça ne…

CHRISTOPHE HONDELATTE
Attendez, on va faire deux choses, on va dabord répondre à  celle-là  et puis après la suivante. Donc, ce que vous dit Jacques, cest quil y a trop de policiers, grosso modo, sur le bord des routes, et peut-être pas assez dans les banlieues.

NICOLAS SARKOZY
Eh bien écoutez, cest la raison pour laquelle jai fait pour la première fois en France linstallation des radars, parce que je considérais que cétait quand même plus utile de mettre un radar plutôt que quatre fonctionnaires, quatre de police ou quatre de gendarmes, pour faire la même chose que ce quune machine pouvait faire, parce que javais besoin des gendarmes et des policiers dans dautres quartiers. Pourquoi jai mis des radars ? Parce que ce sont des taches automatisées, qui méconomise des heures de gendarmes et de fonctionnaires que je peux recycler, en quelque sorte, là  o๠on en a vraiment besoin.
CHRISTOPHE HONDELATTE

La suite de votre question Jacques.

JACQUES
Oui, alors lautre question, voilà . Je suis donc un néo-rural, jai fait 20 ans dindustrie, jen avais un petit peu assez de Paris, je suis venu minstaller dans la profonde Haute-Marne, jhabite une maison en bordure de village, jai déjà  été visité deux fois dont une avec effraction par le toit, en mon absence, ma femme et ma fille étant seules à  la maison. Je détiens depuis 50 ans, le temps passe, une autorisation de détention darme pour défense, qui mavait été autorisée en 68, voyez, il y avait dautres évènements à  lépoque, depuis – cest une question qui est à  la jonction de la justice et de lintérieur – vous savez que la justice…

CHRISTOPHE HONDELATTE
Vous pouvez aller vite un peu Jacques dans votre question.

JACQUES
Oui. 80% des cas de légitime défense sont poursuivis par le ministère public, 50% de ces 80 sont condamnés de lautre, votre ministère, monsieur le ministre, vient de faire un décret qui interdit à  tous les citoyens comme moi la possession, les moyens sérieux de se défendre chez eux. Je ne revendique pas un port darme, mais une détention chez moi, uniquement chez moi, pour défendre mes biens et ma famille quand jy suis et quand nous sommes agressés. Donc ces interdictions font que… la question est : ne craignez-vous pas, ne pensez-vous pas que finalement à  terme seuls les délinquants seront armés, puisque tout le monde sait quon peut se procurer nimporte quelle arme nimporte oà¹, alors que les honnêtes citoyens comme moi vont devoir les rendre ? Et deuxièmement, moi je trouve que la notion de citoyenneté à  laquelle je suis attachée, si cest uniquement pour payer des impôts, voter une fois tous les 5 ou 6 ans et être dépourvu des moyens de se défendre chez soi, eh bien je suis scandalisé. Je voulais votre opinion personnelle, jai fait appel à  votre ministère mais jai eu des réponses tout à  fait administratives qui nont servi à  rien.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Rare, une question sur la détention darme.

NICOLAS SARKOZY
Oui, enfin, laissez votre adresse, je verrai votre dossier personnellement, je prendrai votre adresse au standard de RTL. Je voudrais vous dire une chose, dans la conception de la République qui est la mienne, la sécurité cest la responsabilité de lEtat, je suis contre les milices, je suis contre les détentions darme au domicile, et jessaie de vous faire réfléchir avec cela. Si vous êtes agressé par un malfaiteur armé, de toute manière il sen servira mieux que vous, vous vous mettez en danger. Si le malfaiteur nest pas armé et que vous lêtes, et que vous tirez, cest votre vie qui sera brisée, parce que tuer quelquun parce quil vous vole ce nest pas conforme aux valeurs républicaines qui sont les miennes. La détention darme à  titre privé cest dangereux. Pour le reste je comprends parfaitement votre exaspération si vous avez été cambriolé à  deux reprises, je comprends parfaitement la peur que peuvent avoir votre femme et votre fille, mais la réponse elle est dans lefficacité des services de police et de gendarmerie, elle est dans lefficacité de la réponse judiciaire, elle nest pas dans la détention darme à  domicile.

CHRISTOPHE HONDELATTE
Merci monsieur SARKOZY davoir joué le jeu du dialogue avec les auditeurs de RTL.

NICOLAS SARKOZY
Merci de mavoir invité.

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Commentaire par Alain

9 décembre 2006 @ 12:04

Au fil des mois, Nicolas Sarkozy, désormais officiellement candidat à  l’Elysée, est devenu de moins en moins ministre de lintérieur, au point de laisser son cabinet gérer seul le tout-venant de la place Beauvau, souligne à  juste titre Libération (01.12). «De moins en moins président de l’UMP, une tà¢che qui ne l’a jamais passionné et qu’il délègue volontiers à  ses fidèles. »
Ministre de lIntérieur, président de lUMP, candidat à  lélection présidentielle : Nicolas Sarkozy joue sans complexe sur ses multiples casquettes
La place Beauvau est parait-il devenue son quartier général de campagne. Il paraà®t aussi quordre est désormais donné de ne déranger le candidat que lorsqu’il y a urgence sur le front de l’insécurité. Nicolas Sarkozy se contente de superviser, lors des réunions du lundi matin avec ses plus proches collaborateurs ou lors de petits points informels à  quatre ou cinq, pour trancher ou régler un problème spécifique.

Se servir des moyens de lappareil dEtat pour assouvir ses ambitions personnelles cest du détournement de fonds publics et de biens sociaux . Je trouve ça abjecte. Sarkosy dehors!
pourlafranceetgroslay.over-blog.com

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