Tout peut devenir possible
Etes-vous candidat à lélection présidentielle ?
Ma réponse est oui.
Pourquoi ?
Cest une décision mûrement réfléchie. A titre personnel, elle nétait pas évidente. Cette décision mengage ; cest le choix dune vie. Cest une lourde responsabilité vis-à -vis des Français auxquels je demande de me faire confiance. Je me sens la force, lénergie et l’envie de proposer une autre vision de la France. Jai lambition de créer une nouvelle relation avec les Français qui repose sur deux mots : confiance et respect, confiance en la parole donnée et respect de chaque Français pris individuellement.
Quel contenu donnez-vous à cette nouvelle relation ?
Faire de la France le pays o๠“tout peut devenir possible”. Et cela pour tout le monde, mais d’abord pour ceux qui ont connu des épreuves, se sentent fragiles ou qui pensent que “rien nest jamais pour eux “. Quand tout sera redevenu possible, quand la promotion sociale, le droit à la propriété, une meilleure école pour ses enfants, un meilleur salaire pour soi, une réelle égalité entre hommes et femmes, seront des objectifs réalisables pour chacun, alors les Français retrouveront le goût de vivre ensemble. Et la nation Française sera à nouveau un exemple pour le monde.
Pourquoi maintenant cette annonce de candidature ?
Je métais engagé auprès du président de la République à ce que 2006 soit consacré au travail gouvernemental et que la campagne ne démarre quen fin dannée. Jai respecté mon engagement. Dans cette campagne je dirai tout avant afin de pouvoir tout faire après. Notre démocratie a besoin de franchise, d’honnêteté, de vérité.
Avez-vous fixé un terme à votre présence au gouvernement ?
Il est trop tôt pour répondre parce que ma famille politique na pas encore décidé de me soutenir. En tout état de cause, je ne serai plus ministre au moment de lélection : en cela je serai le premier à m’imposer cette règle contraignante.
Vous êtes en pré-campagne depuis des années. Quest-ce qui va changer désormais ?
Depuis des années, j’ai la même volonté de renouveler le débat public. Je vais maintenant m’adresser à tous les Français, sans exception. Je pense entre autres aux catégories de la population auxquelles nous navons pas assez parlé : aux fonctionnaires, aux Français les plus récents, aux femmes, aux jeunes, à ceux qui n’ont plus d’espoir. Je vais leur parler de la France et de leur avenir. Jappelle la droite républicaine et le centre à souvrir aux idées nouvelles afin que tous les Français puissent se reconnaître en nous.
Votre programme sera-t-il UMP ?
Lionel Jospin avait dit, en 2002, que son programme nétait pas socialiste. Lélectorat socialiste la “compris”. Il na pas voté pour lui. Quon ne compte pas sur moi pour tenir un discours qui ne soit pas fidèle aux valeurs de la droite et du centre. Jaime mon pays, je crois aux vertus du travail, du mérite, de la récompense et de leffort. Mais je ne suis pas un conservateur car je crois au mouvement. Lordre n’est acceptable que s’il est en mouvement. Lordre juste cest juste de lordre. Je veux que l’avenir redevienne une promesse et cesse d’être une menace. Les Français attendent des raisons despérer. Il n’y a de fatalité que pour ceux qui renoncent. Je n’en serai jamais.
Le mot rupture fait-il encore partie du vocabulaire de Nicolas Sarkozy ?
Oui car je veux rompre avec une façon de faire de la politique. Rompre ce nest pas la crise. A ceux qui voudraient mappeler à la continuité, je pose la question : êtes-vous sûrs dêtre en harmonie avec les Français ? Je veux rompre avec lidée que lon peut travailler moins et gagner plus, quen accueillant tout le monde on peut intégrer convenablement, quon démocratise lenseignement en abaissant le niveau des diplômes. A mon poste de ministre, jai profondément changé les choses. Je veux remettre la société Française en mouvement.
Ségolène Royal nincarne-t-elle pas mieux cette rupture ?
Le PS a choisi l’immobilisme. Je veux incarner le mouvement. Dans un monde qui bouge si vite qui peut penser que l’on peut demeurer immobile. Je veux une rupture tranquille. Cela fait quatre ans et demi que je gère la sécurité de la France. Cela demande beaucoup dexpérience et de maîtrise. Je veux les mettre au service de la France.
Quelle rupture incarnez-vous par rapport à Jacques Chirac ?
On peut être fidèle à son histoire, fier de son bilan et proposer pour les cinq années à venir un autre chemin. Je souhaite un président responsable et des contre-pouvoirs plus forts. Imaginer l’avenir et l’incarner c’est désormais ma mission.
On vous dit atlantiste, communautariste et libéral…
On dit tant de choses fausses et caricaturales !
Communautariste ? Cest un mensonge. Je naccepte pas quon importe des usages et des coutumes non conformes à nos valeurs républicaines. Atlantiste ? On est dautant plus indépendant quon est amis. Libéral ? Cela serait réducteur. Je crois en la liberté. Mais je ne suis pas un idéologue. Et je pense que l’Etat et les services publics ne doivent pas être condamnés à l’impuissance. Ils ont tous leur rôle dans la société moderne que je veux bâtir.
Le PS est désormais en ordre de marche derrière sa candidate. A lUMP, vous en êtes loin…
Rarement la famille politique que je préside n’a été aussi rassemblée. Je ny considère personne comme un adversaire.
Ce qui nempêche pas des velléités.
Ce ne sont pas des velléités, ce sont des talents. Je les prends en compte car toutes les ambitions sont légitimes.
Jacques Chirac a eu 74 ans hier. Que lui souhaitez-vous ?
D’être heureux.























