Se battre pour le maintien de services au public en zone rurale - La Lozère Nouvelle
Vous avez décidé de venir en Lozère pour la troisième fois depuis 2002 ; quel est votre attachement avec le monde rural alors que certains prétendent que vous êtes davantage préoccupé par les problèmes urbains ?
Cest vrai que je suis un élu urbain. Mais jai toujours maintenu et développé des relations très fortes avec le monde rural.
Dabord, parce que comme élu urbain, je considère que jai beaucoup à y apprendre. Je crois dans le ” pouvoir vert “, autrement dit, je crois que lagriculture est un secteur stratégique de notre économie. Chaque déplacement est pour moi loccasion de mieux comprendre les enjeux, découter les acteurs et de réfléchir avec eux aux solutions. Et aussi de leur proposer des perspectives, comme je l’ai fait à Vergezac, en Haute-Loire, il y a quelques semaines.
Ensuite, je suis ministre de lAménagement du territoire. Je veux sauver cette grande et belle politique qui consiste à donner leurs chances à tous les territoires, peu importe quils soient ruraux ou très enclavés. Pour cela, je sais quil faut se battre pour le maintien de services au public en zone rurale. En venant sur le terrain pour souligner certaines initiatives locales réussies, je veux apporter la preuve que cela est possible et quil ny a jamais de fatalité à la désertification.
Enfin, si je viens aussi souvent dans le monde rural, cest aussi - il ne faut pas le cacher - parce que jen partage beaucoup les valeurs, notamment celles de la franchise, de la persévérance et du travail. Dans nos campagnes, les gens sont vrais et japprécie toujours daller au contact de la France qui se lève tôt.
Le gouvernement supprime des postes de fonctionnaires, ne va-t-on pas assister à une dégradation du service public en milieu rural ?
Je suis résolument opposé à toute suppression demplois mécanique et sans considération de leur effet sur des zones rurales fragiles. Je veux rappeler que cest moi qui ai souhaité que les grandes administrations de lEtat (les Finances, lEducation nationale, lEquipement, etc.) et les entreprises publiques (la Poste, la SNCF…) cessent de réorganiser leurs réseaux de manière cloisonnée, car cétait toujours dans les régions les plus dépeuplées que tout fermait en même temps. Lorsque je suis arrivé, nos campagnes - rappelons-nous la Creuse - étaient traumatisées. Jai donc demandé à tous les Préfets de France de réfléchir à la carte des services au public dans leur département, en partant des besoins exprimés par les habitants et par les élus.
Comprenez-moi bien, je suis convaincu que les services publics doivent évoluer. La raison dêtre dun service public, cest dêtre efficace pour les citoyens et doffrir le meilleur rapport qualité-prix pour les contribuables. Nous sommes tous à la fois des contribuables et des citoyens et personne ne peut dire aujourdhui que nos services publics sont tous parfaits ni quils sont tous remarquablement économes.
Mais je veux prendre un engagement absolument clair : toute réforme des services publics ne peut intervenir que pour garantir à tous un service dune qualité encore supérieure. Cest le principe des ” Points Poste ” qui sont confiés à des commerces de proximité, ce qui permet dassurer les mêmes services avec des horaires douverture plus longs. Cela vaut à la ville et a fortiori à la campagne, o๠nous avons le devoir dimaginer, dutiliser les nouvelles technologies et dinventer les solutions pour garantir la permanence des grands services régaliens.
Plutôt que davoir de multiples administrations de lEtat cherchant tant bien que mal à entretenir des points de contact avec le public, essayons par exemple de jouer la carte de la polyvalence et de la mutualisation des moyens. Cest ce que jai voulu faire en créant de nombreux ” Relais Services Publics ” dans les zones rurales. Là , dans un même lieu, les citoyens ont accès à tous les services, avec des horaires douverture élargis.
Enfin, il ne faudrait pas quon oublie que certains services au public, quils soient publics ou privés comme des cabinets médicaux, des pharmacies ou des crèches sont au moins aussi importants pour les zones rurales que la présence de nos grandes administrations. Là encore, il y a beaucoup à faire pour accompagner la création de pôles de santé en zones rurales qui permettent une vraie permanence des soins.
La Lozère est-elle à l’abri de l’insécurité ?
Sur les neuf premiers mois de lannée, la délinquance recule de 8,5% par rapport à la même période de lannée dernière, ce qui nest pas mauvais. Dailleurs, dans le classement des départements pour leur criminalité, la Lozère, 94e sur 96, fait figure de département plutôt tranquille.
Il y a dans nos régions rurales et dans nos petites villes comme celles de Lozère une qualité de vie et une douceur de vivre que je veux absolument protéger des violences que nous avons à combattre dans les zones urbaines.
Dans la course à l’élection présidentielle, que craignez-vous le plus ? le PS ou certains membres de l’UMP qui ne semblent pas vouloir vous faciliter la tâche ?
Dans une campagne présidentielle, il faut dabord rassembler son camp, puis battre son adversaire. Et pour cela, il faut un bon projet et un bon candidat. Chaque chose vient en son temps. Je suis parfaitement serein. Je veux, moi, le rassemblement et je ne doute pas que nous y parviendrons.
Le 16 novembre prochain lors d’un conseil national, nous aurons validé notre projet législatif. Ce sera la base de nos propositions aux Français et pour les prochaines élections législatives.
Pour ce qui est du candidat, il faut savoir que lUMP innove. Pour la première fois à droite, ce sont les bientôt 300 000 militants de notre formation qui décideront à qui ira le soutien du mouvement. Cela a été décidé à lunanimité par tous les responsables de lUMP, il y a plusieurs mois, et cela pose donc une règle claire et incontestable : tous ceux qui se réclament de lUMP et veulent son soutien pourront se présenter devant les militants.
A lheure o๠certains et certaines imaginent des solutions alternatives à la démocratie représentative, je voudrais dire, quant à moi, quon n’a jamais rien trouvé de mieux que la démocratie.
Ensuite, le 14 janvier 2007, trois mois avant le premier tour, lors dun grand congrès, nous désignerons celui qui sera notre candidat. Il sera temps, alors, dengager le combat avec nos adversaires et de proposer aux Français notre vision de la société.























