Logement : le double engagement - La Vie Immobilière
Dans le domaine de la politique du logement, quelle serait votre première mesure si vous étiez élu président de la République ?
Notre pays a besoin dune nouvelle politique du logement, à la fois juste, solidaire et conforme aux aspirations des Français. Si jétais candidat, et élu à la Présidence de la République, je souscrirais un double engagement fort.
Aujourdhui, 57% des Français sont propriétaires, mais ce sont 9 sur 10 qui voudraient lêtre. Je mappliquerais donc, tout dabord, à permettre à chacun de devenir propriétaire de son domicile. Cest bon pour chaque famille, cest favorable à léconomie et cest utile à la préparation des retraites. De surcroît, nous nous doterions, enfin, dans notre pays dune politique sociale qui noublie pas les classes moyennes.
Mais je sais aussi que, face aux difficultés que rencontrent les Français pour se loger, il est temps que la puissance publique passe dune simple logique de moyens à une vraie logique de résultats. Je mengagerais donc, en parallèle, à rendre le droit au logement opposable en France, dans un délai de cinq ans. Cette orientation majeure supposerait de revoir totalement le partage des responsabilités et des moyens en matière de logement. Elle exigerait aussi de développer loffre de logements sur lensemble des maillons de la chaîne : de lhébergement, au locatif social et privé, sans oublier bien entendu laccession à la propriété.
Que faut-il faire pour relancer laccession à la propriété des revenus modestes mais aussi des familles disposant de salaires confortables tenus aujourdhui à lécart du marché par des prix très élevés ?
Effectivement, permettre une accession populaire à la propriété, ouverte aux familles modestes et aux classes moyennes, nécessite à présent une action résolue des pouvoirs publics. Dans certains endroits, le prix des terrains sest envolé. Je propose donc la création dun nouveau prêt à taux zéro foncier : le ménage qui achète est propriétaire de tout, tout de suite, mais les échéances de ce prêt à taux zéro avec lequel il a acheté le terrain, ne commencent à courir quune fois le bâti remboursé.
Je crois quil faut ensuite réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à lhypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de lemprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants.
Enfin, je pense que la fiscalité doit être adaptée pour encourager laccession à la propriété. Cela passe par la création dun crédit dimpôt sur les intérêts des prêts immobiliers pour lachat de la résidence principale. Cela passe aussi par la suppression des droits de mutation, dès lors que les transactions sont liées à une mobilité imposée, telle que la perte demploi, le déménagement professionnel, etc.
Vous avez annoncé vouloir instaurer un cadre fiscal unique pour linvestissement locatif. Pouvez-vous préciser quel serait ce dispositif ?
Pour développer une offre locative adaptée aux besoins des Français, je suis convaincu quil nous faut rétablir une relation gagnant–gagnant entre les propriétaires-bailleurs et les locataires. Jai donc proposé de refondre les différents dispositifs fiscaux – les amortissements qui portent le nom des ministres successifs du logement – au profit dun véritable statut de linvestisseur locatif stable, durable, o๠les avantages fiscaux pour les bailleurs seraient de plus en plus incitatifs (amortissements, déductions forfaitaires), en fonction de lutilité sociale des logements ou des avantages consentis aux locataires. A titre dindication, je souhaite que les incitations soient maximales pour les logements très sociaux et pour les logements étudiants.
Mais il existe, à mes yeux, dautres éléments dans le rééquilibrage des rapports entre locataires et bailleurs. Je souhaite que nous offrions aux bailleurs une meilleure sécurisation face aux risques dimpayés, grâce à la mise en place dune garantie des risques locatifs. Je veux aussi que nous accélérions les décisions de justice dans lintérêt de tous, et que nous cessions de considérer le respect de la loi dans les contentieux de la location comme facultatif. En contrepartie, je souhaite que nous examinions les conditions dans lesquelles le dépôt de garantie et les cautions exigées des locataires – et parfois totalement choquantes – pourraient être supprimés.























