Il y a 66 ans, c’était l’appel du 18 juin 1940. La France était brisée. Alors que tout semblait perdu, alors que les élites ne voyaient d’autre issue que la soumission, le Général de Gaulle provoqua le sursaut. Cest le refus de linéluctable qui sera à  lorigine de la résistance. Les Français doivent se souvenir des belles pages de leur passé car on ne rassemble pas un peuple en lui répétant, à  tort, que son histoire n’est traversée que de vilenies et de hontes.
De l’UDR au RPR, j’ai croisé certains de ces hommes qui avaient fait l’histoire par les armes. Je tire du gaullisme quelques convictions fortes que je veux adapter à  notre temps.
D’abord, je crois que l’audace intellectuelle et le volontarisme politique sont des nécessités vitales. Dans toute nation, il y a des énergies contraires, il y a une dispute entre le passé et l’avenir. Le gaullisme, c’est l’art, par la rupture, de concilier la tradition et la révolution. C’est le réformisme qui éternise la France et non l’immobilisme. C’est l’action qui nous élève collectivement et non la résignation qui nous divise. De la décolonisation à  la sortie de l’OTAN, de la rénovation de nos institutions à  la modernisation de nos outils industriel et militaire, Charles de Gaulle fut l’homme des transformations nationales et non l’homme des rafistolages.
Beaucoup préconisent de faire évoluer la France à  petits pas, en répétant les mêmes schémas qu’hier. Or, l’Histoire démontre que c’est plus souvent le trop plein de continuité qui provoque les crises que le mouvement. Moi, je préfère les chemins de traverse, celui des indociles et des inclassables, car notre pays a besoin d’une modernisation profonde et parce que notre démocratie étouffe sous le conformisme. A bien des égards, la situation est comparable à  celle de 1958. L’avenir ne patiente pas et le monde ne nous attend plus. Une nouvelle donne politique, économique et sociale est urgente. C’est pourquoi je refuse de “laisser du temps au temps” !
Du gaullisme je tire une autre conviction : celle du rassemblement nécessaire des Français. Les vieilles idéologies sont mortes et les vieux clivages sautent les uns après les autres. Autorité et liberté, solidarité et compétitivité, fermeté et générosité : en chacun d’entre-nous ces valeurs cohabitent et cherchent une synthèse politique moderne. Dans cet esprit, l’électeur du Front National comme l’électeur du parti communiste n’appartiennent à  personne ! Rien ne pourra m’interdire d’aller les écouter et les convaincre de nous rejoindre.
L’opposition rêve d’une France socialiste dont le “peuple de gauche” serait le fer de lance. Je suis de droite, mais je ne divise pas le peuple français. Je suis pour la France et je veux que notre projet suscite un espoir chez tous ceux qui sont disposés à  tenter autre chose afin que l’épanouissement et la réussite de chacun redeviennent des rêves accessibles.
Enfin, il y a un message que je retiens du gaullisme : je crois que la dignité humaine est indissociable du courage et de la responsabilité. Au cours des dernières décennies, notre société s’est formatée et nivelée comme si la vie était devenue une sorte de kit, avec son prêt à  pensée, ses garanties, ses formalités… A vrai dire, notre âme s’est comme asséchée. Sommes-nous condamnés à  vivre sans inspiration ou sommes-nous encore portés par des idéaux ? Sommes-nous capables d’inventer une civilisation prometteuse ou sommes-nous les spectateurs d’un monde dont nous ne maîtrisons plus ni le sens ni les finalités ? Bref, vivrons-nous à  genoux ou debout? Je crois qu’il existe en chaque Français, un rêve de dépassement, un combat intime, une étoile secrète. Et c’est au responsable politique de leur ouvrir des chemins.
Il faut peu de choses pour relancer la France, mais il faut certaines conditions décisives que ne renierait pas le Général de Gaulle : le goût de la vérité plutôt que celui des illusions, le sens de l’innovation plutôt que celui de la répétition, le choix de la droiture plutôt que celui de l’esquive. C’est de la sorte que nous renouerons avec l’espoir.
























9 août 2006 at 14:47
Il se prend pour Dieu. On lui pardonne !
Il se dit gaulliste. LÃ Â , il va trop loin !
1 aoà »t 2006
Dans son dernier ouvrage « Témoignage », Nicolas Sarkozy se contente dempiler ce quil a déjà  , et très largement, évoqué ces derniers mois. Rien de nouveau, mais une confirmation : sa détermination à  surfer sur la vague people qui le porte, comme Ségolène Royal, dans cette pré-campagne à ‰lyséenne.
Ce discours de Sarkozy, puisque cen est un, est axé sur quelques mots clé quil veut présenter comme un programme : effort, travail, mérite et aussi oser, tenter, entreprendre. Car lui a un projet, contrairement aux Chirac, Balladur et Jospin en 2002, affirme-t-il.
Lélection présidentielle
Pour mettre tous les atouts de son côté, Nicolas Sarkozy quitte le Gouvernement (Ministère des finances…), choisissant lUMP plutôt que laction gouvernementale. Pourquoi ? Réponse sans ambiguà ¯té : « Il fallait conquérir lorganisation qui serait décisive dans la prochaine élection présidentielle ». Cela a au moins le mérite dêtre clair. Il va bientôt annoncer son départ du gouvernement dont il est le vice-Premier ministre pour soccuper de son destin. La France ne vaut plus une messe !
Sarkozy et le peuple souverain
Pour Sarkozy le peuple doit rester souverain. « La politique a sur tout autre forme daction et dengagement cet avantage immense, cet intérêt unique et tellement exigeant de se faire avec le peuple, pas contre lui, ni sans lui ».
Quil serait agréable de le croire ! Mais lEurope le rattrape, et il change de ton[1] : « La seule solution consiste à  négocier un traité institutionnel plus court, limité aux stipulations essentielles permettant aux institutions communautaires de fonctionner ; ces stipulations nont été contestées par personne durant la campagne référendaire. Ce traité serait ratifié par voie parlementaire ».Ainsi, ce qua décidé le peuple souverain le 29 mai 2005 peut être effacé par la seule volonté de nos élites politiques. Bizarre conception de la démocratie ! Quant au processus dadhésion de la Turquie à  lUnion européenne[2], il convient de rappeler avec force que Nicolas Sarkozy doit en assumer la mise en Å“uvre en tant que numéro deux du gouvernement. (http://www.gaullisme.fr/turquieetump2.htm)
Sarkozy et lEurope
Cela sappelle la solidarité gouvernementale et cest une vertu, pour peu quelle soit respectée, de la constitution mise en place par le général de Gaulle auquel il se réfère en affirmant que lUnion européenne « navait pas vraiment les faveurs du Général », contre-vérité quil faut dénoncer avec force. Certes, le Général rejetait la structure fédérale, mais il préconisait, afin que les à ‰tats gardent leur souveraineté, une structure confédérale[3].
Depuis quelques semaines, le discours de Sarkozy sur lEurope change.
« … il est exact que la construction européenne, et plus globalement lensemble de nos obligations internationales, limitent les marges de manÅ“uvre au pouvoir national. Certaines réformes sont impossibles si nous navons pas laccord de nos partenaires ou des institutions communautaires. »
Nest-ce pas ce qui a motivé, pour une part non négligeable, lexpression majoritaire du « non » lors du référendum du 29 mai 2005 ?
Quant à  la monnaie unique : « Depuis le passage à  lEuro, nos indices dinflation sous-estiment laugmentation des prix » avoue-t-il tardivement. « Les Français ne sy sont pas trompés ».
Il justifie ainsi son action en faveur dune baisse des prix quil dit avoir quasiment imposée, contre vents et marées, aux grandes enseignes de la distribution. Une nouvelle fois il distribue ses cartons rouges : « Aucune entreprise de lagroalimentaire na fait faillite et la loi stupide votée en 1996[4], qui avait rendu possible cette dérive inflationniste… » précise-t-il en guise de sentence.
Sarkozy et la Vème République
Et puisque tout est mauvais, il condamne nos pratiques constitutionnelles
Sarkozy déplore linstabilité politique que nous subissons depuis 25 ans.
« Depuis 1981, les Français nont jamais reconduit un seul gouvernement[5]en place, une situation ignorée de la plupart de nos partenaires européens…
…En vingt sept ans, la Grande-Bretagne a eu 3 Premiers ministres, la France 12 ».
Quel mensonge !
Si le Chef du gouvernement britannique est désigné par les électeurs (élections législatives), ce nest pas le cas en France. Par contre, dans la comparaison, il convient de prendre en compte lélection du Président de la république française au suffrage universel qui octroie au Chef de là ‰tat une légitimité indiscutable lui permettant dassurer la continuité de là ‰tat et la sauvegarde des intérêts majeurs de la Nation. Le gouvernement quil désigne a pour mission de mettre en Å“uvre les orientations présidentielles.
Oserait-il insinuer que du temps du général de Gaulle, il y a eu 3 gouvernements différents, donc trois politiques distinctes ?
En réalité, linstabilité politique française quil fabule pour justifier sa rupture avec la Vème république nexiste pas. De Gaulle : 10 ans, Giscard dEstaing : 7 ans, Mitterrand : 14 ans, Chirac : au moins 12 ans.
Bien entendu, la cohabitation est une première verrue aux fondements constitutionnels de la Vème république, la seconde étant, linstauration du quinquennat. Mais Nicolas Sarkozy ne peut blà ¢mer ces deux verrues ; Il est, au même titre que beaucoup dautres, responsable et coupable. Il condamne la cohabitation. Ignore-t-il quil la déjà  pratiquée du 29 mai 93 au 11 mai 95 dans le gouvernement Balladur ?
Quant à  la constitution, Sarkozy la qualifie dexcellente … en 1958. « Elle a permis au général de Gaulle dentreprendre de très nombreuses réformes, au premier rang desquelles la décolonisation ». On ne peut être plus laconique !
Et pour justifier les réformes constitutionnelles quil préconise par ailleurs, il regrette « la concentration par la constitution de 1958 révisée en 62[6] de tant de pouvoirs entre les mains dun seul homme, le Président » ainsi que le quinquennat qui a « aggravé lascendant du Président de la République sur le Premier ministre ». Je ne me souviens pourtant pas de son engagement contre cette réforme proposée par Valéry Giscard dEstaing, défendue par Jacques Chirac, votée par le parlement[7], et ratifiée par référendum le 24 septembre 2000[8].
Sarkozy le ministre exemplaire
Sarkozy ne laisse le soin à  personne de le juger en tant que ministre. Il sidentifie comme le meilleur. Il ny en a pas dautres pense-t-il !.
« Quitter un endroit ou une réunion en fixant tout de suite la date de la prochaine échéance est une méthode que jutilise très souvent pour forcer mes équipes à  rester mobilisées dans la culture du résultat » annonce, très sérieux, Sarkozy dans son dernier ouvrage « Témoignage ».
Réforme essentielle du prochain quinquennat ? Que croit-il avoir inventé ? Cest le B.A.-Ba de toute organisation, qu’elle soit professionnelle, politique, syndicale, associative…
Mais pour le candidat à  la magistrature suprême, le temps est compté. « Chaque fois que jai exercé une responsabilité, quelle soit nationale, départementale ou locale, je me suis mis à  la tà ¢che à  la première minute de la première heure du premier jour et je nai relà ¢ché mon effort quà  la dernière…
… jen ai trop connu, là  encore, qui, à  lheure de partir en étaient encore à  réfléchir sur ce quil convenait de faire ! » Merci pour eux.
Sarkozy et la France
Nicolas fait un rêve pour la France : un exemple de démocratie moderne et responsable.
« Le débat au sein dun même parti ny sera pas vécu comme une division, mais au contraire comme une richesse ».
Mais quattend-il ? Il tient lUMP par les deux bouts ! Et les courants[9] internes permettant le réel débat, dont lexistence est toujours inscrite dans les statuts, mais jamais autorisés par le seul fait du prince ? Et les votes des militants sur les points importants : promesse non tenue, même sur la position du mouvement relatif au référendum européen. Avant de vouloir « gouverner la France démocratiquement », pourquoi ninstaure-t-il pas une réelle vie démocratique au sein du mouvement quil préside ?
Vaste programme !
Alain KERHERRVE
http://www.gaullisme.fr
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[1] Même proposition que Ségolène Royal.
[2] Le gouvernement français a autorisé louverture du processus dadhésion en octobre 2005.
[3] Politique européenne du général de Gaulle et plan fouchet. (www.gaullisme.fr/politique_europ_cdg.htm)
[4] Ndlr : Loi du 1er juillet 1996 signée de J. Chirac, Chef de là ‰tat, du Premier ministre Alain Juppé, des ministres Toubon, Arthuis, Raffarin, Galland.
[5] Ndlr- Rappelons quand même que le gouvernement nest pas élu. Cest le Président de la République qui arrêt la composition du gouvernement après proposition du Premier ministre désigné par le Chef de là ‰tat.
[6] Ndlr - Référendum sur lélection du Président de la République au suffrage universel.
[7] Ndlr : dont Nicolas Sarkozy.
[8] Ndlr : 69,3% dabstention.
[9] Art. 15 : « Les Mouvements expriment la diversité des sensibilités politiques, historiques, philosophiques, sociales qui animent la vie politique française et composent lUnion ».