Nicolas Sarkozy

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La meilleure des préventions, cest la sanction - Europe 1

Posté le 30/10/2006 par admin dans la catégorie Interviews de Sarkozy, Radio

Est-ce que les policiers sont ce matin sur une ou des pistes concernant les auteurs de lincendie du bus qui a brûlé si grièvement une jeune femme à  Marseille ?

Oui.

Qui sont-ils ?

Il y a un énorme travail qui a été fait depuis que cet acte criminel inadmissible, inacceptable, et qui ne restera pas sans réponse, a été commis. Je me suis engagé devant la famille de cette jeune fille que, jai eue plusieurs fois au téléphone - enfin, je veux dire la famille, à  la fois le frère, le père, la mère -, à  ce que nous retrouvions les coupables. Un travail très important est engagé, a été engagé, est engagé et jai bon espoir que dans les tous prochains jours, il y ait des éléments nouveaux.

Cest une bande ?

Je ne peux pas rentrer dans le détail parce que lenquête a lieu. Je voudrais simplement dire à  nos auditeurs quand il y a eu - je crois que cétait le 22 ou 23 octobre - le bus de Grigny incendié, javais dit quon retrouverait les auteurs : ils sont trois aujourdhui à  être sous les verrous. Lorsquil y a eu lagression de ce policier courageux et digne des Tarterêts, javais dit quon retrouverait les auteurs : ils sont aujourdhui sous les verrous. Sagissant de cet acte barbare, encore une fois inqualifiable, qui a conduit une jeune fille dorigine sénégalaise, qui fait ses études en France, qui prenait son bus dans un quartier populaire, qui ne demandait rien à  personne, si ce nest faire des études pour préparer son avenir, ceux qui sont capables de rentrer dans un bus, de jeter de lessence, dy mettre le feu, quel que soit leur âge, doivent rendre compte dun acte qui est un acte criminel.

Ce sont des mineurs là  ?

Nous avons des éléments qui nous permettent de penser quil y a dans les auteurs des mineurs.

Mais pourquoi, à  votre avis, agissent-ils de cette manière, est-ce que cest organisé ? On dit que maintenant les jeunes agissent de 12 à  14 ans - et ça a été le cas à  Marseille -, cagoulés, quils montent des guets-apens en commando… Est-ce quils sont organisés, est-ce que vous arrivez à  savoir maintenant, avec les policiers, pourquoi, et sils sont vraiment des groupes organisés ?

Dabord le pourquoi : il faut en finir avec cette culture de lexcuse permanente qui consiste à  tout expliquer avant de tout excuser. Mettre le feu à  un bus, briser la vie dune jeune femme, il ny a aucune explication, il ny a aucune excuse et rien - je dis bien rien - ne saurait justifier un acte barbare, premier point.

Evidemment.

Deuxième point, la société française - et il faut dire les choses comme elles sont - a un problème avec la façon dont elle punit - le terme “punir” nest pas un gros mot - les mineurs et les multirécidivistes. Je ne cesse, criant parfois dans le désert, dessayer de convaincre de cette réalité. On ne peut plus traiter un mineur en 2006 comme on le faisait en 1945. Si un certain nombre de mineurs se comportent de cette façon, cest parce quils ont le sentiment dune impunité. Quand vous pensez, le charivari quont provoqué mes propos sur la justice des mineurs du tribunal de Bobigny, dont je disais quelle me semblait avoir démissionné, je ne portais pas un jugement sur lensemble des magistrats, mais sur ce cas particulier précis. Ce quon voit, cest bien la preuve que je disais la vérité. La première des vertus pédagogiques de la punition, cest de créer un interdit. Il y a des choses que lon fait et il y a des choses que lon ne fait pas. Et devant des choses inacceptables, la société a le devoir de sanctionner pour prévenir. Parce que la meilleure prévention, cest la sanction.

Oui, mais est-ce que la sanction suffit ? Cest-à -dire quaujourdhui, on voit bien que tous les auteurs de lincendie de Marseille ont été unanimement condamnés. Cest même L. Fabius qui les traite de “voyous”, de “criminels” et de “salopards à  châtier”.

Très honnêtement, je pense quil perd ses nerfs. Mais ce nétait vraiment pas la peine de faire des remarques quand, en reprenant lexpression dune dame dArgenteuil, jai parlé de “racailles”. La question nest pas de dire que ce sont des barbares ou des criminels, la question cest den tirer les conséquences. Le chômage, les discriminations, le racisme, linjustice ne sauraient excuser daller mettre le feu à  un bus payé par les impôts des contribuables, cest-à -dire par les impôts de ceux qui travaillent et qui se lèvent tôt le matin. Et cela fait trop longtemps que cette culture de limpunité…

Oui, mais quest-ce que vous proposez ?

Attendez monsieur Elkabbach. Non seulement je propose mais je fais ! Jai entendu monsieur Hollande, qui dans son rôle de comique de la vie politique française, est inimitable…

Pourquoi “comique” ?

Parce quil est tellement outrancier, ce monsieur

Cest vrai quil vous rend responsable. Il dit que votre responsabilité est engagée parce que vous enlevez des policiers de certains quartiers, que vous avez cassé la police de proximité, que vous avez créé vous-même, par les mots que vous employez, une situation de tension.

Bien sûr…

Vous êtes la cible, au-delà  de la campagne électorale, mais cest vrai que vous avez reçu les coups de tous les leaders de gauche. Est-ce quil y a des raisons, ou pas de raisons, comment vous leur répondez ?

Est-ce que je peux leur répondre monsieur Elkabbach ?

Justement.

Quand je suis devenu ministre de lIntérieur en 2002, la France était confrontée à  une situation explosive. La délinquance dans les transports en commun avait augmenté de 40 % ; pour la première fois dans lhistoire de la République, le nombre des crimes et délits avait dépassé les 4 millions et les Français étaient si mécontents que le gouvernement de L. Jospin a été mis dehors comme rarement un gouvernement avait été sanctionné. Et que viennent dire messieurs Hollande, Fabius et consorts… ?

Il faut revenir à  la police de proximité…

Quil faut refaire ce que nous faisions avant 2002, qui a conduit au drame que nous connaissons, cest-à -dire une explosion sans précédent de la délinquance. Quest-ce qui sest passé depuis ? La délinquance recule dans notre pays chaque année, ce nest contesté par personne. Dans les transports en commun - parlons-en des transports en commun ! -, là  o๠nous étions confrontés à  une explosion de la délinquance, nous avons une baisse de la délinquance de près de 9 % !

Mais il y a des actes de plus en plus violents…

Jy viens monsieur Elkabbach. On revoit dans les TER, dans les trains, dans les métros, dans les RER, des policiers quon ne voyait plus, aux heures o๠les délinquants, naturellement, sont sortis. Par ailleurs, il y a de la violence, il y a des faits qui sont inacceptables ; quest-ce quil faut faire face à  cela et quest-ce quon fait ? Dabord, jai parlé des interpellations, parce que la police de proximité qui consiste à  entretenir les relations publiques à  des heures o๠les délinquants ne sont pas sortis, cela ne sert à  rien. Ce quon nous demande à  nous, à  lIntérieur, cest dinterpeller les coupables et ce quon demande à  la justice, cest de les punir. Quest-ce quil faut faire avec ça et quest-ce quon doit faire de tout cela ? Dabord, encore une fois, pour les mineurs, il faut adapter lordonnance de 45, on ne peut plus continuer comme cela ! Deuxièmement, pour les multirécidivistes, il faut des peines plancher. Des gens qui viennent pour la dixième fois devant le même tribunal doivent être certains dobtenir une condamnation qui les dissuadera de recommencer. Troisièmement, il faut, comme nous le faisons, cest 4.000 policiers de plus que jai mis. Lorsque je suis devenu ministre de lIntérieur, je suis désolé de le rappeler, on avait eu lapplication des 35 heures dans la police, Dieu sait que les 35 heures ont fait du mal ! Dans la police, cela privait la police de 9.000 policiers. Alors madame Royal peut dire ce quelle veut - ceci dit, compte tenu des ennuis quelle a, je ne vais pas laccabler, ce ne serait pas très digne - mais elle ne connaît pas ses sujets, je suis désolé de le dire. Jai créé 6.500 emplois dans la police, les socialistes nen ont voté aucun. Quand jai proposé de durcir les lois, les socialistes ont refusé toutes mes propositions. Dès que je dis quil faut créer un fichier pour arrêter les délinquants sexuels, je suis accusé de mettre en cause les libertés. Quand je dis quil faut punir des mineurs de 17 ans, je suis accusé de ne faire que de la répression.

On va essayer de répondre à  des questions précises…

Attendez, je veux terminer ! Quand je dis que la justice des mineurs, et la justice tout court, nest pas assez sévère, je suis accusé de mettre en cause lindépendance. Et quand il y a un drame, comme on voit celui-ci, à  ce moment-là , les mêmes qui voulaient quon ne fasse rien, sont les premiers à  protester. Est-ce que vous croyez que les Français sont dupes ? Moi, je fais mon travail.

Est-ce que vous craignez un effet de contagion ?

Non.

Ce qui sest passé dans les bus, est-ce que vous croyez que cela va continuer ? Est-ce que vous êtes vous-même inquiet ? Parce que là , vous êtes, je ne sais pas si je dois dire “tendu” ou “prêt, “sur la défensive”, parce quon vous attaque de tous les côtés, tout en rappelant un certain nombre de faits. Est-ce que vous craignez que ça se développe ?

Monsieur Elkabbach, je ne suis pas plus tendu que vous et chacun connaît le caractère apaisé de votre tempérament et donc, quand on vient chez vous et à  votre micro, on est naturellement, forcément décontracté. Je fais un travail qui est difficile, jessaie de le faire conformément aux valeurs républicaines pour obtenir des résultats. Et ces résultats, nous en obtenons tous les jours, tous les jours !

A 10 heures, ce matin vous allez être reçu à  Matignon, vous êtes à  Matignon avec D. de Villepin. Vous allez recevoir les responsables de la sécurité des transports publics, la SNCF, la RATP ; quest-ce quil faut attendre de plus ?

Jai réuni lensemble des syndicats de transporteurs jeudi dernier, et nous avons mis en place un dispositif qui, me semble-t-il, répond bien à  ce quon en attendait, puisque mis à  part ce dramatique crime - puisque cest un acte criminel - de Marseille, les choses sont plutôt calmes. Et quand vous me dites, “est-ce que vous attendez, est-ce que vous avez peur ?”… Le ministre de lIntérieur na pas à  avoir peur, il a à  faire son travail. Est-ce quil y a un risque de contagion ? Contrairement à  ce que souhaitait tout un tas de gens qui nont cessé de jeter de lhuile sur le feu, arguant de la commémoration dun anniversaire qui nen est pas un, force est de constater que, pour linstant, il ny a pas de risque de contagion. Je voudrais dailleurs en appeler à  la responsabilité de tout le monde. Vous savez, javais été très choqué quand il y a eu lassassinat de ce pauvre I. Halimi, quon a retrouvé le corps torturé, sur 80 % de son corps. Il sétait trouvé une chaîne de télévision ayant suffisamment peu de valeur pour donner la parole au chef du gang des barbares, qui est un barbare lui même, monsieur Fofana.

Elle ne recommence pas, elle a recommencé vous croyez ?

Non, je dis que si on a à  donner la parole quà  monsieur Fofana, cest quon na pas les mêmes valeurs. Je crois quil ne faut pas donner de publicité à  des actes inadmissibles, il faut donner la publicité aux victimes, de lattention aux victimes.

Il faut raconter sans faire la publicité ?

Il y a un devoir dinformation, mais vous savez le rôle des images dans cette affaire, il y a une responsabilité de chacun. Je dois dire dailleurs quun certain nombre de journalistes ont été victimes dagression, mais parfois, avec cette commémoration, encore une fois, qui nen est pas une, on a eu le sentiment que vraiment on voulait jeter de lhuile sur le feu.

Est-ce que vous pensez quil y aura des renforts de policiers embarqués dans les métros et les bus ?

Nous avons mis en place un dispositif préventif, dabord, qui nous a permis de trouver un certain nombre darmes, mis préalablement sur le chemin, des bus. Car il y a des guets-apens, il y a des bandes organisées, il y a des trafics, il y a des mineurs qui sont utilités par des majeurs sans scrupule qui sont eux-mêmes des trafiquants et qui utilisent des mineurs arguant de leur irresponsabilité pénale. Nous avons mis en place un système qui permet à  la RATP, à  la SNCF et aux autres transporteurs dêtre en liaison avec la police, pour que nous intervenions le plus tôt possible. Mais vous savez, la meilleure façon - et je le dis au chauffeur de bus, et à  tous ces fonctionnaires qui font le métier dur et qui nont pas à  être traités de cette façon -, de les protéger, pour nous, cest darrêter les criminels et quune fois arrêtés, ces criminels, je nhésite pas à  le dire, soient punis de façon exemplaire pour quenfin, dans notre pays, on sache que mettre le feu à  la voiture du voisin ou mettre le feu aux bus qui permettent à  des gens qui nont pas dautres moyens de se transporter, cella coûte cher et quils risquent gros. Depuis le début de lannée, on a arrêté 1.077 incendiaires de voitures. Moi, je ne veux plus que des mineurs…

Cela veut dire que ça monte, et surtout chez les mineurs ?

Cela veut dire surtout que la police et la gendarmerie font un travail remarquable, que jai besoin que la population les soutienne, et que dans cette situation, si lon veut arrêter les choses, il faut quon arrête les coupables et que les coupables soient sanctionnés. Et quon ne me dise pas…

Oui, attendez, deux questions… …

Quil faut opposer la répression et léducation, parce que la répression cest la première étape de léducation. Et il faut notamment quà  lEducation nationale, y compris à  lécole, on retrouve le sens du mot “respect”, du mot “autorité”. Dune certaine façon, un certain nombre de mineurs totalement déstructurés, retrouvent de lordre, de lordre républicain.

Il faut aider les parents ?

Et enfin, il faut arrêter de me critiquer lorsque je dis quil faut maintenant une politique dimmigration choisie.

Attendez, on ne peut pas développer tous les problèmes…

Parce que appelons un chat, un chat. …

Parce quon a un problème de temps quand même. Mais à  propos…

Oui, mais enfin, disons quand même les choses comme elles sont : ceux qui ont régularisés…

Mais à  propos des CRS, monsieur le ministre de lIntérieur…

Juste un mot : ceux qui ont régularisé la totalité des clandestins en 1997, ceux qui dénient à  la France le droit de choisir qui a le droit dêtre sur son territoire et qui ny a pas le droit, sont mal placés aujourdhui de se plaindre de la faille du système dintégration à  la française.

Daccord, mais ça, les électeurs jugeront dans quelques mois. Mais à  propos…

Oui, mais pour quils jugent, il faut leur donner des éléments dinformation.

A propos des CRS : en 48 heures, sont montées des propositions socialistes différentes. D. Strauss-Kahn recommande le retrait des CRS des banlieues parce quils ne connaissent pas les habitants. Et dautre part, S. Royal ici même, J. Dray vous demandent de les maintenir mais de les affecter durablement au même endroit.

Mais dites-moi, heureusement, quils ne sont pas aux responsabilités du Gouvernement, comme ils ne sont daccord sur rien, quest-ce quils feraient ces CRS ? Il y a 15.000 CRS en France, il y a des milliers de gendarmes mobiles. Jai redéployé les CRS et les gendarmes mobiles au service la sécurité publique alors quils ne faisaient que de lordre public. Autrement dit, jai considéré que les CRS et les gendarmes mobiles qui sont des gens remarquables de professionnalisme, de courage et de sang-froid, seraient mieux utilisés dans les quartiers pour assurer la protection des habitants plutôt quà  attendre dans des cars, dhypothétiques manifestations. Et justement, mais ils ne le savent ou ils font semblant de ne pas le savoir, nous les avons mis dans les quartiers ; ils y restent désormais trois ou quatre mois pour bien connaître le quartier. Et cest justement parce quon a le renfort des forces mobiles que nous avons pu procéder à  toutes ces interpellations.

On voit bien que laffrontement droite/gauche, on est en précampagne électorale, se durcit et se saisit de toutes les occasions pour ça. F. Hollande vous a reproché dêtre à  la fois ministre de lIntérieur, président de lUMP, candidat à  la présidentielle donc, comme il dit, “ministre à  temps partiel”. Est-ce que votre position est longtemps tenable ?

F. Hollande était le principal conseiller de L. Jospin, qui dirigeait le Parti socialiste, qui était candidat à  la présidentielle de 2002 et monsieur Hollande, cela ne le gênait pas dêtre aux côtés de L. Jospin.

Mais peut-être quil veut vous aider, parce quil sait ce qui est arrivé à  L. Jospin, il a été battu.

Oui, cest sans doute cela, il veut sans doute maider. Mais vous savez, pour moi, ce nest pas une question de campagne électorale, parce que ce soit la droite ou la gauche, [on est] confrontés aux mêmes problèmes. Cest simplement de savoir si la société veut se défendre face à  des actes qui sont inadmissibles. Alors, après, il y a ceux qui prennent leurs responsabilités et jessaie den être, et ceux qui refusent de les assumer.

Mais en restant Place Beauvau…Est-ce que vous nencouragez pas toutes sortes de provocation contre le ministre de lIntérieur, ou de critiques ?

Parce que vous pensez une minute que si je ne faisais pas mon travail, les dirigeants socialistes seraient plus indulgents avec moi ? Heureusement que je suis là , cest même la seule chose qui les réunit.

Mais quand il dit “ministre à  temps partiel” ?

Je nai pas le sentiment de faire mon travail à  temps partiel. Dailleurs, cest curieux de dire que je suis responsable de tout et en même temps ministre à  temps partiel. Si je suis ministre à  temps partiel, cest que ma responsabilité, elle est aussi partielle.

Devant les attaques concentrées sur vous et constantes, est-ce que vous pourriez quitter le ministère de lIntérieur avant le 14 janvier ?

Je quitterai le ministère de lIntérieur un jour, bien sûr, mais jai pris des responsabilités vis-à -vis des Français, celles dassumer leur sécurité et de maîtriser limmigration. Jexercerai ma responsabilité jusquau bout tant quelle sera possible. En tout cas, la conception qui est la mienne, de mes responsabilités, cest de faire face, cest dassumer, cest de dire ce quil convient de faire. Et vous savez, si dans les jours qui viennent, on pouvait arrêter ceux qui ont fait ça, à  cette petite jeune fille, pour moi, elle pèserait de peu de poids, les déclarations des dirigeants socialistes.

Et surtout si cela pouvait ne pas recommencer, ce serait encore mieux.

Mais monsieur Elkabbach, la meilleure façon pour que cela ne recommence, cest quon les arrête, que la justice…

Et ça ne va pas tarder, vous nous avez dit ce matin…

Que la justice les punisse et que ceux qui voudraient les imiter sachent quil ne vaut mieux pas le faire parce que cela coûte trop cher.

Au passage, les parents, en tout cas le père de M. Galledou, est arrivé ce matin à  Paris, venant du Sénégal.

Oui, jai eu le père de cette jeune fille qui est un homme tout à  fait remarquable de dignité, qui habite Dakar, qui a été longtemps en France. Nous avons fait en sorte quil puisse rejoindre sa fille et que, naturellement, la cellule familiale puisse donner à  cette jeune fille, les forces quil lui faut pour sen sortir face à  une situation qui, pour elle, est en tout état de cause absolument dramatique.

Encore une conséquence politique : le Parti socialiste organise des débats inédits et exemplaires. Il paraît que cela peut grandir le Parti socialiste, je ne sais pas si renforce son candidat ou sa candidate. Est-ce que lUMP qui, paraît-il, ne serait pas hostile à  des débats télévisés, peut organiser le même genre de débats ? Est-ce que dailleurs vous auriez en face de vous ou vous avez en face de vous, les deux ou trois compétiteurs avoués ?

Mais à  part le fait que ce soit vous qui organisez ces débats, monsieur Elkabbach, en quoi sont-ils exemplaires ?

Avec dautres… Parce quils nont pas lieu ailleurs.

Daccord, OK. Donc, ils sont exemplaires…

…Mais je ne suis pas lorganisateur.

Parce que sinon, en quoi sont-ils exemplaires ? Avez-vous vu une idée nouvelle ? Avez-vous eu une proposition ? Fantastiques ces débats ! La candidate socialiste, favorite des sondages, en sort éreintée, ses propres amis la traitent de populiste dans le meilleur des cas, dincompétente dans le pire. Sans que pour autant messieurs Strauss-Kahn et Fabius en gagnent la moindre sympathie de lopinion publique, et vous me dites, “regardez, comme cest bien !”. Franchement, je regarde…

Cest inédit, mais peut-être que chez vous, à  lUMP, cela se passerait autrement. Il y aurait des idées, il y aurait des candidats…

Monsieur Elkabbach, nous ne donnons au mot “exemplaire” la même signification, vous et moi.

Avant la consécration UMP du 14 janvier 2007, est-ce quil y aura un calendrier chez vous pour encourager les candidats à  se déclarer ?

Pour moi, il ny aucune consécration, ce nest pas la question. Jai voulu une grande famille politique populaire, cest ce que nous sommes en train de faire, il y a 300.000 personnes qui sont adhérentes de lUMP. Jai voulu que chacun sy sente bien, jai voulu que ce soit un lieu de débat, cest un lieu de débat. A partir du moment o๠lon respecte le calendrier de lUMP, la méthode de travail de lUMP et quon le fait à  lintérieur de lUMP, je nai quà  me féliciter de lattitude des uns comme les autres.

Jécoutais, je lisais F. Fillon : il estime que vous êtes le seul à  droite qui a une chance de gagner en 2007. Comme il est proche de vous, est-ce quil fait du zèle ou est-ce quil a encore raison ?

Avec tout ce que vous avez dit des critiques que je reçois tous les jours, vous ne voulez quand même pas que je critique celui qui dit du bien.

Mais il a raison ?

Cest ça lexemplarité, monsieur Elkabbach…

Mais il aurait raison…

Il aurait raison de quoi, de dire du mal de moi ?

Non, du bien et de voir que vous êtes le seul qui peut gagner à  droite. Parce que jentendais que M. Alliot-Marie, paraît-il, va organiser le Chêne, une association pour se préparer à  peut-être vous combattre avant daller combattre le candidat ou la candidate de la gauche.

Mais que chacun prenne ses responsabilités. Si quelquun a quelque chose à  dire, quil le dise, et cest bien ainsi. Il ny a pas de candidat de droit divin à  lUMP.

Percé de tant de coups, aussi bien prévus que cruels, est-ce que vous gardez encore le moral et lenvie ?

Ce qui fantastique, cest quand on a des lettres, même à  cette heure matinale, on a envie de les faire partager à  ses auditeurs, merci monsieur Elkabbach… Bien sûr que jai envie, bien sûr que cest difficile, et pourtant si je ne fais pas ce travail, monsieur Elkabbach, qui le fera ? Si je ne dis pas ce que je dis, qui le dira ? Et si je nai pas les résultats qui sont incontestables et que nous avons obtenus grâce au travail des forces de lordre, qui aurait fait ce travail ? Est-ce que vous croyez franchement que monsieur Vaillant, que monsieur Jospin, que monsieur Hollande qui proposent aux Français de revenir à  ce qui était avant 2002, cest la réponse à  la question ? Je suis un homme qui est passionné, passionné par mon pays, jaime exercer des responsabilités, et jessaie de le faire avec beaucoup de raison et avec beaucoup de fermeté. Et aujourdhui, je sais quil y a beaucoup despoirs et beaucoup de responsabilités qui sont mis sur mes épaules, mais ce nest pas mon genre de ne pas assumer. Et ce nest certainement pas parce quil y a eu trois ou quatre personnes qui se comportent comme des assassins que je dois renoncer. Renoncer à  quoi ? Renoncer à  parler ? Tout ce qui se passe valide, en fait, ce que je dis et ce que je fais depuis des années. Je nai cessé de dire que cétait plus grave que ce que prétendaient les uns et les autres. On ma reproché dinstrumentaliser, monsieur Jospin avait même inventé - comment disait-il ? - “le sentiment dinsécurité”. Voilà  ce que lon paie aujourdhui et cest parce que jessaie de redresser la situation que les choses sont complexes, mais nous aurons des résultats. Et encore une fois, vous savez, jai pris des engagements devant la famille de cette victime et je ne suis pas un homme qui ne tient pas ses engagements.

Bonne journée et merci dêtre venu.

Merci de mavoir invité et merci pour la définition de lexemplarité monsieur Elkabbach, je men souviendrais.

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