Nicolas Sarkozy

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Immigration - Se réapproprier le débat

Posté le 16/01/2006 par admin dans la catégorie Discours de Sarkozy, Immigration

“Souvenez-vous au début des années 80 si vous prononciez le mot Immigration, vous étiez déjà considéré comme un quasi raciste. Cette chape de plomb nous a valu 15 années triomphantes du Font National. Beau résultat. Et puisque les républicains donnaient le sentiment d’avoir déserté les extrémistes en ont profité.

Cette question préoccupe [les français]. Ils s’interrogent, et surtout, ils sont prêts à faire preuve de beaucoup plus de générosité qu’on ne le croit, pour peu qu’ils comprennent où nous voulons les conduire. Tous les pays démocratiques ont eu ces débats de façon sereine et responsable. Chez nous cela n’a jamais été possible, coincés comme nous l’avons toujours été entre une extrême droite qui proposait le slogan absurde d’une immigration zéro, et la remise en cause inacceptable, à mes yeux, du droit du sol, et une gauche dont la seule politique au final a consisté à régulariser massivement tous les 10 ans ceux qu’elles n’avaient pu, ni intégrer ni contrôler, transformant ainsi de l’exclusion clandestine en exclusion officielle. Elle n’a toujours pas compris qu’en agissant elle faisait monter l’exaspération et les tensions, elle contribuait à la création de véritables ghettos urbains et au final elle pénalisait les étrangers en situation régulière victimes à leur tour d’amalgame.

Il faut que les républicains de droite et du centre se réapproprient ce débat. Je proposerai que la France se dote d’une politique d’immigration voulue et choisie plutôt que subie. Car enfin nous ne pouvons pas être le seul pays au monde à qui l’on dénierait le droit de décider de qui peut pénétrer sur son territoire et qui n’y est pas souhaité.” 16 janvier 2005 – conseil national

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Voici un extrait de la Tribune de Nicolas Sarkozy, Je ne peux laisser passer, parue dans Libération, le 5 Août 2005, en réaction aux accusations de Julien Dray, porte parole des socialistes, dans le même journal.

” […] La loi socialiste du 11 mai 1998, dite RESEDA est à l’origine directe de la situation dramatique en matière d’immigration que nous avons connue jusqu’à 2003, et dont l’impact se fait malheureusement encore sentir. La “fabrique industrielle de clandestins et de sans papiers”, dont parle M. Dray, la voilà! En bouleversant tout à coup le droit d’asile dans le sens du laxisme et de la confusion (création de l’asile territorial), cette loi a ouvert une brèche profonde dans notre système de maîtrise des flux migratoires. Les demandes d’asile ont explosé en cinq ans, passant de 20 000 en 1997 à 82 000 en 2003, alors que sur la même période, les entrées de demandeurs d’asile s’effondraient en Allemagne, en Grande-Bretagne et presque partout en Europe. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’immense majorité des sans papiers qui se trouvent aujourd’hui sur le territoire français – 200 à 400 000 selon certaines estimations, – sont des demandeurs d’asile déboutés des années 1998 à 2003, donc directement produits par la loi RESEDA.

Jamais sans doute dans l’histoire récente de notre pays, les flux migratoires réguliers – en plus de l’asile – n’ont connu une augmentation si rapide et incontrôlée: de 130000 titres de séjour délivrés en 1997 à 217000 en 2003. Cette hausse spectaculaire tient principalement à la logique même de la loi du 11 mai 1998 qui a fortement assoupli les conditions d’immigration en France. En cinq ans, de 1997 à 2003, l’immigration familiale a été multipliée par deux, passant de 50 000 à plus de 100 000 personnes; les régularisations automatiques ou “de droit” mises en place par la loi RESEDA (plus de 10 ans de résidence en situation illégale en France, ou pour des raisons personnelles) atteignent un rythme de 20 000 par an; le nombre des étrangers accueillis au titre d’une nécessité médicale, comme le prévoit cette loi, a été multiplié par 10, passant de 450 à 4500 pendant la même période.

Cette explosion des chiffres, résultat direct de la loi socialiste du 11 mai 1998, soulève bien entendu des questions légitimes dans un contexte de chômage élevé: alors que 10% de la population active est au chômage, que 20% des étrangers séjournant légalement en France sont également sans emploi, une augmentation aussi rapide du flux migratoire, non maîtrisée, ne peut que nourrir l’exclusion, la fragmentation de la société française le repli sur soi et le communautarisme.

D’où ma volonté de transformer profondément la politique française de l’immigration, enjeu décisif des années à venir. Je veux d’abord lutter sans relâche contre l’immigration clandestine. La généralisation des visas biométriques, la reconduite à la frontière des migrants en situation illégale, la fermeté à l’égard des pays d’origine des flux illégaux, constituent aujourd’hui des priorités absolues du gouvernement. Puisque M. Dray me taxe d’inefficacité, je voudrais lui rappeler que les reconduites à la frontière de migrants en situation illégale dont le nombre était tombé à 8000 en 1998 atteindront 23000 en 2005. J’ai l’intention également de mettre en œuvre une politique de régulation quantitative des flux migratoires réguliers en créant des plafonds chiffrés par catégories de titres de séjour afin de passer “d’une immigration subie à une immigration choisie”. Alors que l’immigration du travail ne représente que 6% des flux migratoires vers la France, contre 50% en Grande-Bretagne, j’ai l’intention de permettre à la France d’accueillir les migrants dont elle a besoin.

Il faut que les Français le sachent: tout ce que nous promet M. Dray en matière d’immigration aujourd’hui, c’est une nouvelle opération de régularisations (après celles de 1981, 1991 et 1997) puisque selon lui, mon “successeur sera obligé de procéder à de nouvelles régularisations”. M. Dray indique lui-même le fondement de cette politique en invitant la France à “prendre une part de la misère du monde”. Depuis Michel Rocard, qui disait exactement l’inverse en 1990 (”la France n’a pas les moyens d’accueillir toute la misère du monde”), les socialistes français n’ont pas beaucoup progressé dans le sens du réalisme. Rien n’est plus contraire à la générosité que cette idée selon laquelle il faut accueillir toujours davantage de migrants, même si l’on n’a pas les moyens de cet accueil, quitte à priver les pays les plus démunis d’une partie de leurs forces vives et de leur jeunesse. Les socialistes ne l’ont toujours pas compris et ne le comprendront donc jamais. C’est donc aux Français que je m’adresse en proposant une nouvelle politique de l’immigration : les Français, de droite comme de gauche, ont très bien compris, eux, quels sont les enjeux de ce grand dossier. […] “




Un commentaire »

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Commentaire par latifa

2 mai 2006 @ 11:22

Monsieur le Ministre,

A l’heure de la globalisation/mondialisation, il n’est pas surprenant de constater le repli des pays en ce qui concerne les mouvements humains; les questions sécuritaires et d’équilibre social font qu’il est nécessaire de réguler et de contrôler. Nous sommes bien d’accord, l’accueil, l’ouverture, la liberté, quel qu’en soit l’objet, ne signifient pas dire oui à tout et n’importe quoi. Il faut donc des règles des lois….qui établissent de claires limites.

Mon questionnement est le suivant :

Le mouvement de globalisation ne s’arrêtera pas, l’expansion est dans la nature y compris dans la nature humaine, face à cela pourrions nous considérer ce que serait une politique de migrations dans le pourtour méditerranéen mais une politique concertée avec les dirigeants des pays (tous riche en potentiel humain). Je veux dire posez une règle d’altérité qui fait tant défaut à notre planète que cela soit au niveau individuel ou communautaire. Cela se discuterait au plus haut sommet et tous les individus seraient informés de cette concertation, et des décisions prises en commun. Parler des émmigrés autrement.

Pas d’unilatéralisme car la France ne vit pas en autarcie.

Je ne crois pas que de nos jours les besoins puissent être considérés unilatéralement à mon avis c’est une erreur dont les ramifications nourrissent des impacts négatifs et lourds – régressions vers les extrémismes et les politiques d’exclusion (intégrisme et autre).

Evaluer les besoins et capacités pour créer les ajustements entre l’offre et la demande ; une projection d’ajustement qui poserait une dynamique nouvelle au niveau des relations entre les pays ; il me semble qu’au niveau individuel cela aurait un impact bénéfique….quelque chose qui est de l’ordre de la compétence et de l’émulation serait mis en route ….sans aucun terme de discrimination ( positive ou négative : la discrimination c’est toujours de la discrimination). Quelque chose pour harmoniser et soutenir des relations durables (et qui remplacerait ce contentieux colon/colonisé dans lequel bon nombre s’enlise encore)

Il me semble que la concertation avec les gouvernements et décideurs représentatifs de la mosaïque migratoire française serait d’un impact très positif sur la « mentalité collective » et pourrait bien redonner, une perspective, aussi à ces banlieues orphelines de tout point de repère. Faire les choses en se référant au respect et à la dignité humaine.

Les mots que vous employez « choisi et non plus subi »….quel miroir proposez vous à ces émigrants déjà sur le sol français, dont bon nombre sont Français ….ils sont les premiers à subir le renvoi négatif d’un vocabulaire n’est pas des plus engageants….ce qui est dommage. Même si vous avez raison.

Un autre point : limiter et s’orienter vers une immigration de qualité. Excellent….mais quid des Français (black blanc beur) enlisés au bas de l’ascension sociale de l’échelle française….malgré leur bac + 3-4-5-6-7…. ???

Si vous posez une limite d’un côté, quelle serait l’ouverture de l’autre côté ? c’est à dire sur le sol français, quelle politique pour intégrer les Français de 2è et 3è génération (issus de l’immigration). Proposez-vous de récupérer, préserver et consolider l’existant ; ce qui serait positif ; sinon : quid de la francophonie ? de l’esprit français et de la culture associée ? dont nous sommes porteur au Sud et que nous posons en héritage à nos enfants.

Je ne cesse de revenir à ces questions : De quel projet de société parlez-vous? Vous faites référence à quel idéal social ? Quelle place pour la France dans le contexte global ?
Quelle est votre vision ? Car c’est une vision qui doit s’entendre et se comprendre dans votre communication. Si les citoyens français, les résidents en France, et les amis de la France ne comprennent pas votre perspective…..comment envisager la diminution des tensions et des incompréhensions ? comment laisser la place à la créativité ?
Tout ce que vous engagez et engagerez comme langage et argument pèsent déjà lourd dans le quotidien de la société en France.

Est-il toujours nécessaire de fédérer autour de cet ennemi, qu’est l’immigration…..qui n’en n’est pas vraiment un. Au regard de son histoire et de ses conquêtes sociales la France mérite, à mon sens, beaucoup mieux que de voter pour ou contre telle ou telle source d’immigration…. On peut avoir un autre programme non ?

Avec toute ma considération

Latifa

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