Intervention de M. Nicolas SARKOZY - Journée Parlementaire de lUMP - Maison de la Chimie
Mesdames et Messieurs,
Mes chers amis,
Je vais essayer de parler de politique, ce qui, après tout, nest tout de même pas anormal pour un mouvement politique qui réunit ses députés et sénateurs.
Noublions pas que, si dans 7 mois, il y a la présidentielle, dans 8 mois et demi, il y aura des législatives. Il va donc nous falloir gagner la présidentielle dans un premier temps et les législatives dans un second.
Les Français ne souffrent pas de trop de politique ou de trop de débats, mais de pas assez. Ces journées parlementaires sont certainement le dernier rendez-vous avant que nous donnions rendez-vous aux Français. Elles doivent être loccasion, même brièvement, de nous parler franchement car lunité consiste à  dire les choses, de façon à  construire et bannir tout ce qui peut détruire.
Lunité, ce nest pas le silence, ni luniformité. Lunité, cest que chacun, au sein dun grand mouvement populaire, apporte sa part de vérité, que nous essayions den faire une cohérence afin de présenter une alternative aux Français.
Je le dis devant Josselin et Bernard à  qui je veux exprimer tous mes remerciements, comme chacun dentre nous, mais je le fais vraiment du fond du cÅ“ur, car, il nest pas si facile dassurer le travail quils ont assuré.
En ce qui me concerne, en tant que président du mouvement, je nai eu avec eux que des rapports extrêmement loyaux et très amicaux. Il est quand même assez agréable de pouvoir parler, y compris lorsquil y avait des difficultés.
Je crois que nous pouvons les en applaudir et le leur dire, à  tous les deux, tous à  cette tribune et sans aucune arrière-pensée.
Oà ¹ en sommes-nous ?
Nous avons dabord un gouvernement qui a bien travaillé. Quil sagisse de celui de Jean-Pierre Raffarin ou de celui de Dominique de Villepin. Ayant appartenu aux deux, avec une brève parenthèse.
Ce gouvernement a porté une réforme des retraites dont tout le monde disait quelle était impossible. Elle a été faite.
Ce gouvernement a obtenu, comme Dominique de Villepin lavait annoncé dans son discours de politique générale, une baisse du chômage. Alors, on peut dire que ce nest pas grâce au gouvernement, à  laction que vous avez conduite avec Thierry Breton et Jean-Louis Borloo, mais si le chômage avait continué à  augmenter, pour sûr, nous aurions été tous les responsables… Donc, sil baisse, nous devons avoir quand même une petite part de responsabilité.
Ce gouvernement a obtenu une croissance qui fait envie en Europe, après les difficultés que nous avons connues, cher Jean-Pierre, tu le sais bien, dans un contexte international qui na pas toujours été aussi favorable. Dans le fond, les comptes présentés par Thierry Breton nont été soumis à  aucune critique. Loin de moi lidée de dire que tout est parfait, mais enfin, malgré tout, il fallait le faire.
Sur limmigration, sujet qui nest pas si facile, je maperçois quen Europe, après bien des critiques, tout le monde en vient à  la position de la France. Quand, en France, ces propositions reviennent très exactement à  ce que nous faisons. Ce ne doit pas être si mal.
Par pudeur, je ne parlerais pas de linsécurité, dont les résultats sont si commentés quil a bien dû se passer quelque chose. Je ne pense pas que si nous navions rien fait, Dominique de Villepin et moi-même, on nattacherait autant dimportance à  démontrer que nous navons pas obtenu de résultats.
Tout ceci fait un bon bilan Jean-Louis et cest moi qui le dis ! Ce nest peut-être pas à  moi de dire que ça fait un bon gouvernement, mais si je ne le disais pas, on me le reprocherait. à ‡a fait un bon gouvernement. Cela ne me gêne pas non plus de dire et daffirmer que ça fait un bon Premier ministre, cher Dominique.
Dailleurs, dans la période bien précise que nous avons connue, après le referendum de 2005, au moment oà ¹ laction du gouvernement Raffarin a cessé, lanalyse politique nous avait conduit, avec le président de la République, à  dire quau-delà  des différences, au-delà  même des concurrences et des sentiments, il fallait travailler ensemble.
Cette analyse a-t-elle changé aujourdhui ? Non, elle est toujours la même. Quand Bernard comme Josselin disent que lunité est un devoir, oui, cest le cas.
Dominique de Villepin est Premier ministre. Un jour, peut-être, par extraordinaire, serai-je un candidat. Personne ne peut penser que nous ne partagerions pas cette analyse, que nous serions assez sots pour imaginer que, dans un pays de 62 millions dhabitants, nous navons pas besoin de tout le monde pour gouverner et pour gagner !
Un journaliste me demandait, avec une pointe de regret dans la voix, si ce serait encore la ritournelle de lunité -la ritournelle de la division aurait sûrement été encore mieux. Il nest pas question ici de faux-semblants ou dhypocrisie, mais de réalisme et de lucidité.
Oà ¹ en sommes-nous dans notre famille politique ?
Quil me soit permis ici aussi de parler clair. Je me souviens parfaitement dans quelles conditions jai été amené à  prendre la présidence de lUMP, il y a deux ans. à ‡a nallait pas si bien pour que, tout dun coup, tout le monde se dise, dans le fond, il faut lui faciliter la tâche, on va la lui donner…
Notre famille politique comptait 114 000 adhérents, son existence même se trouvait posée, alors que lidée de cette famille politique avait été portée par Jacques Chirac. Notre président, Alain Juppé, partait dans les conditions que nous savons pour le Canada. Et, franchement, la situation politique nétait pas excellente.
Deux ans après, lUMP est la première formation politique du pays. Personne ne le conteste. Nous allons largement dépasser les 300 000 adhérents. Il ny a plus de clivages entre gaullistes, libéraux, radicaux et centristes.
à € ceux qui voudraient que je sois un jour plus libéral, lautre plus gaulliste, je voudrais rappeler que si Jacques Chirac, au lendemain des élections de 2002, a justement voulu faire lUMP, cest pour que chacun dentre nous, quelle que soit sa famille dorigine, sy sente à  laise, non pas pour quune seule famille politique, la mienne, celle du mouvement gaulliste, fasse disparaître toutes les autres.
Aujourdhui, y en a-t-il un seul qui ne se soit pas senti représenté dans ses opinions ? Je mets au défi quiconque de considérer que les clivages qui existent aujourdhui dans notre famille politique seraient des clivages entre centristes, libéraux, radicaux ou gaullistes. Ce sont dautres clivages et il est tout à  fait normal quils existent dans une formation politique.
Nous avons réussi ce pari, qui nétait pas si évident, de faire une grande formation politique unie, dans un pays comme la France, tellement habitué à  se tourner vers son histoire et donc à  perpétuer des courants, qui, chacun, allaient rétrécissant.
Nous avons également réussi le pari dêtre populaire. Cest pour cela dailleurs que nous gênons la gauche.
Je me souviens parfaitement, à  lépoque du RPR, de ce que lon nous disait. Nous étions un mouvement certes puissant, mais qui ne représentait plus toutes les catégories de la population et totalement absent dans certaines régions. Personne aujourdhui ne fait ce reproche à  lUMP.
Enfin, disons les choses telles quelles sont et mettons les pieds dans le plat : nous avons une méthode pour organiser la concurrence.
à € quoi servirait-il davoir la première formation politique du pays et tant de talents, pour dire que nous voulons quaucune tête ne dépasse et que la procédure de sélection des candidats reste mystérieuse et secrète ? Comment faire alors ?
Nous nous sommes réunis tous ensemble dans un bureau politique, donnant lieu à  une discussion approfondie, cher Dominique, et tous ensemble avons retenu pour seule méthode que nous nous soumettrions au vote des adhérents. Que tel ou tel ait des ambitions, ça ne gênait personne. Ce nest quand même pas si mal !
Nous avons, en outre, un calendrier raisonnable, défini ensemble et souvent discuté, même encore récemment, avec le Premier ministre et le président de la République. Quel est-il ?
Il fallait laisser le gouvernement gouverner le plus longtemps possible et même, en quelque sorte, sanctuariser lannée 2006. Nous lavons fait. 2006 devait être, selon lexpression même de Dominique de Villepin, une année utile.
Ensuite, il fallait faire en sorte, cher Jean-Pierre, et cest normal, que le président de la République puisse présenter ses vÅ“ux aux Français.
Puis, 2007. Qui peut dire que 2007 nest pas lannée de lélection présidentielle et des élections législatives ?
Une fois tournée la page de 2006, une fois les vÅ“ux passés, il y aura le congrès de lUMP, pour soutenir celui que vous aurez décidé de choisir comme candidate ou candidat, à  la mi-janvier. Cela fera déjà  deux mois que le Parti socialiste aura lui-même choisi son candidat.
à € huit jours, quatre jours près, personne ne peut dire que ce calendrier nest pas raisonnable.
Je sais quil ne faut pas croire les sondages, mais il ne faudrait pas non plus y croire uniquement lorsquils sont mauvais…
Or, ils ne sont pas désagréables. Nous nallons pas nous en plaindre.
Le président de la République nous a permis de lemporter en 2002. Croyez-vous que je lignore ? Son bilan international nest contesté par personne. Et, par ailleurs, il est le premier responsable de notre bilan.
Je nignore pas non plus quil ma porté une grande confiance dans mes responsabilités de ministre de lIntérieur comme de celui des Finances.
Nous travaillons ensemble depuis quatre ans, cela doit être moins compliqué quon ne le dit, puisque nous travaillons ensemble à  des postes qui nécessitent naturellement une certaine compréhension et, pour employer le mot, une certaine confiance.
Que doit-on faire ?
La première chose à  faire est de renforcer notre unité.
Concrètement, cela veut dire simplement que nous aurons besoin de tout le monde. Je voudrais très exactement avoir lambition pour notre famille de faire le contraire de ce que viennent de faire les socialistes.
Regardez un homme comme Jospin, on peut être ou non en accord avec la personne ou avec ses idées, mais il ne viendrait à  lidée de quiconque de contester quil amène, à  sa manière, quelque chose au débat didées.
Les socialistes se sont débrouillés dune telle façon à  nous expliquer quils navaient en aucun cas besoin de lui, que sa présence même était un handicap. Je veux arriver à  lexact contraire.
Tous ceux qui ne seront pas candidats, et, forcément, il y en aura, doivent comprendre que, dans la victoire du candidat, ils auront un rôle à  jouer, une place à  défendre et des idées à  porter.
Cest le contraire de la stratégie socialiste. Notre stratégie, elle, ne veut que des gagnants.
Comment peut-on dire dun homme, qui a été Premier ministre pendant cinq ans, au sein de sa propre famille politique, quil gêne le débat politique au sein de sa propre famille ? Cest absurde.
Alors, soyons clairs. Nous avons Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, le Premier ministre Dominique de Villepin et un certain nombre de responsables. La France compte 62 millions dhabitants, elle est extrêmement diverse. Chacun doit considérer quil aura son rôle à  jouer.
Je voudrais préciser que je nappartiens à  aucun clan, pas même à  celui de mes amis. Il ne mest pas toujours arrivé dêtre applaudi, cher Jean-Louis. Je conseille dailleurs ce stage à  tout le monde, parce que cela permet de se méfier des moments oà ¹ on lest trop… Je suis le premier à  être conscient de la fragilité de tout cela.
Mais, je le dis avec la plus grande sincérité, je nai jamais fait de courants, je naime pas cela. Et, sur cette question, nous nous sommes retrouvés pour dire combien nous étions réservés sur cette stratégie. Je ne crois pas trahir un secret en disant que Josselin et Bernard ont été sensibles au fait que jamais je nai voulu organiser, ni de près ni de loin, mes amis.
Ceci pour une raison simple : je noublie pas pourquoi nous avons perdu en 1997, après le succès de Jacques Chirac en 1995. Nous navions pas su apaiser, cautériser, cicatriser, les lendemains de campagne.
Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Si tout le monde ne se reconnaît pas, le moment venu, dans celui ou celle que nous aurons choisi comme candidat, léchec sera au rendez-vous.
Il ny a pas dautre stratégie que celle qui consiste à  considérer chacun comme détenteur de la possibilité dun succès, inscrit nulle part, à  lélection de 2007.
Ensuite, seconde chose, il faut imaginer une alternative.
Le débat politique a besoin dauthenticité. Je naime pas le mot vérité parce que je comprends que chacun ait sa vérité. Il y a la vérité de chacun, de la période, des époques, il ny a pas une vérité. Mais, il y a un besoin dauthenticité.
Deux remarques.
En 2002, ce fut un grave problème pour la France et pour Jean-Pierre Raffarin : les grands débats sur les grands sujets nont pas eu lieu parce que Jean-Marie Le Pen était présent au second tour de la présidentielle.
Ce nest la faute de personne, ni du président de la République, ni de ceux qui le soutenaient à  lépoque.
Le débat na pas été tranché. Sur le nombre des fonctionnaires, sur un certain nombre de sujets absolument essentiels, le débat na pas eu lieu. Ce fut une grande question, tu ten souviens certainement, cher Jean-Pierre, sur lequel chacun avait sa propre sensibilité.
Depuis 1981, pas une seule majorité ne sest succédé à  elle-même. Jaimerais que personne ne simagine que la continuité, qui na jamais été la voie du succès pour une majorité de gauche ou de droite, ne soit pas forcément la voie à  prendre par fidélité, déférence, ou même par conviction.
Souvenez-vous, si vous regardez à  lintérieur de la droite, son histoire est passionnante.
Lorsque Georges Pompidou sest présenté, une partie des gaullistes le lui ont reproché, il sest présenté comme un changement par rapport au général de Gaulle. Cela ne lui a pas nuit devant les Français.
Valéry Giscard dEstaing, quun certain nombre de nos amis avaient soutenu, sest présenté comme un changement par rapport aux majorités gaullistes sortantes. Cétait même le changement dans la continuité.
Lorsque Jacques Chirac a été élu en 1995, je nai pas observé quil sétait lui-même inscrit dans la continuité stricte à  laction dEdouard Balladur. Il ne me semble pas que cela lui avait considérablement nuit, à  lépoque.
Mes chers amis, à  la question posée en 2007, il faudra assumer son bilan, en être fier, ne pas renier son passé, ni ses amis, mais, en même temps, il faudra proposer une alternative, une autre espérance, une autre façon de faire. Non pas pour se dégager dun passé qui nous encombrerait, nous avons toutes les raisons dêtre fier de ce passé et personne ne demande de le renier, mais, simplement, parce quil nous faut tirer les leçons de la politique.
Jean-Louis, tu le sais bien, un maire, en place depuis plusieurs années, dans sa propre commune, ne se présente pas en disant : ” votez pour moi, nous allons continuer exactement comme avant !” Ce nest pas possible.
Voilà  ce quil nous faut proposer.
Nous devons tirer les leçons de notre passé.
Pourquoi avons-nous perdu, indépendamment de notre incapacité à  nous réunir suffisamment à  temps ? Nous avons perdu pour une deuxième raison : Une partie de nos électeurs, à  tort ou à  raison, a considéré que nous nétions pas assez courageux sur notre identité.
Cest toute la question du Front national, que nous avons contribué à  créer dans notre pays en nassumant pas des valeurs, des idées et une politique que les électeurs nous avaient demandé à  lépoque de défendre.
Le Front national nest pas une création exclusivement de la gauche, elle la utilisé. Mais, sil a pu prospérer, cest parce quune partie de nos électeurs qui navaient pas despérance pour Jean-Marie Le Pen -prenez les pour des gens plus intelligents, personne ne peut espérer en Jean-Marie Le Pen- étaient désespérés par nous, tout au long de ces trente années, oà ¹ nous navions pas réussi à  affirmer une politique assez forte.
Ainsi, nous navons pas à  nous incliner devant la pensée unique sur un certain nombre de sujets.
Pendant des années, il nous était impossible de prononcer le mot ” immigration ” sous peine dêtre qualifié de raciste et dantirépublicain. Beau résultat ! à € larrivée, cette forme de couardise nous a amené à  être le pays dEurope ayant eu lextrême droite la plus forte et le plus longtemps. Voilà  limage que nous avons donné de la France, avec un Jean-Marie Le Pen présent au second tour.
Sur linsécurité, il y a un certain nombre de choses à  faire. Je sais que jai provoqué un débat en proposant les peines plancher. Je considère que les multirécidivistes doivent être certains en arrivant devant le tribunal quils auront une peine incompressible.
Les magistrats jugent au nom du peuple français, en appliquant des lois votées par les parlementaires, eux-mêmes élus par le peuple français. Il nest pas anormal que nous demandions, une fois pour toutes, quenfin les multirécidivistes soient punis, non pas pour ce quils ont fait lors de la dernière infraction, mais pour laccumulation des fautes qui ne leur a pas fait comprendre que la société ne lacceptait plus.
Un sondage montre que 88% des Français sont favorables aux peines plancher, dont les deux tiers des électeurs de gauche. Ce que les Français de gauche pensent, peut-être que nous, représentants de la droite et du centre, pourrions le faire.
Quand nous avons discuté et débattu de la question de la Turquie, je me souviens encore de cet éditorial dun grand quotidien du soir expliquant que poser la question de la Turquie revenait à  se mettre du côté des populistes.
Je connais la leçon. Un homme de gauche qui est populaire est proche du peuple. Un homme de droite populaire est populiste, parce que ça gêne.
Finalement, nous avons porté le débat et, à  larrivée, qui nous en a voulu ? Jobserve même, cher Dominique, que les positions, avec le remarquable voyage du président de la République en Arménie, se sont, me semble-t-il, considérablement rapprochées, par rapport à  la convention sur lEurope que nous avions organisée, il y a un peu plus dun an.
LEurope, parlons-en justement. Une grande majorité parmi nous est convaincue que lEurope est une partie de lavenir de la France. Dautres parmi nous pensent que lEurope na pas assez protégé et quelle ne doit pas inquiéter. Là  aussi, nayons pas peur de notre ombre.
Je me souviens du débat sur la réduction du temps de travail. Je nai jamais été de ceux qui pensent que nous pouvions battre les socialistes sur leurs propres idées. Pour les socialistes, cest une obsession, ils trouvent toujours que lon travaille trop. Moi, je pense toujours que lon ne gagne pas assez.
Quils promettent aux Français de travailler moins, et cest le thème de nos journées parlementaires, nous devons, nous, promettre aux Français quils gagneront davantage.
La réduction du temps de travail, quand on a un petit salaire et que lon ne peut pas en profiter, est un mensonge. La première revendication des ménages français, notamment les plus populaires, cest de gagner davantage. à € quoi sert-il de donner du temps libre si vous navez pas les moyens den profiter avec votre famille parce que vos salaires sont trop bas ?
Ce nest pas cela la justice sociale !
Nous devons être davantage ouverts sur les nouveaux thèmes.
Concernant linflation, on entend dire quil ny en a plus ; seulement, les Français qui font leurs courses savent parfaitement bien quau moment du passage à  leuro, les prix ont augmenté dans notre pays. Cest du pouvoir dachat qui leur a été retiré sans quon leur dise, parce que lindice officiel de linflation na pas retranscrit la réalité de cette augmentation des prix.
Je me souviens comme jai été moqué parce que nous allions dans les supermarchés pour dénoncer cette captation du pouvoir dachat.
Je pense au PACS, sujet ô combien difficile. Je me souviens de 1999 oà ¹ nous sommes passés totalement à  côté de cette question. Nous pouvons parfaitement défendre la famille, être, comme je le suis, contre le mariage homosexuel, contre ladoption par les couples homosexuels, et, en même temps, faire de notre famille politique celle qui lutte contre toutes les discriminations.
Les homosexuels peuvent prétendre à  une égalité de droits sociaux, fiscaux et successoraux, parce quil ny a aucune raison quune personne se trouve pénalisée au titre de sa sexualité.
La proposition que jai faite en votre nom, dun nouveau contrat dunion civile, na, me semble-t-il, été contestée par personne. Nous ne pouvons pas nous couper de pans entiers de la société.
Nous devons être beaucoup plus offensifs sur des thèmes qui nappartiennent pas à  la gauche.
Concernant les fonctionnaires, nous ne pouvons pas avoir pour seul discours quil y en a trop. Ils se tournent vers la gauche, non pas parce quelle les séduit, mais parce que, bien souvent, la droite na rien eu à  dire à  des fonctionnaires qui pourraient se reconnaître dans nos valeurs et qui en ont plus quassez que le mérite républicain ne soit pas récompensé dans nos grandes administrations.
Certains mont reproché lutilisation de lexpression ” patrons voyous “. Je lai dit parce que je le pensais.
Je considère que pour un patron qui réussit à  la tête de son entreprise, qui travaille plus que les autres et qui a pris plus de risques, il est normal quil soit mieux payé que les autres. Mais, quand il part avec un golden parachute alors quil sest trompé à  la tête de son entreprise, je considère que ce nest pas normal.
Je nai aucune raison de faire ce cadeau à  la gauche, de caricaturer nos idées, parce que nous aurions des pudeurs dans les expressions que nous utiliserions.
Sur le pouvoir dachat, sujet que vous avez choisi, comme sur tant dautres, il va falloir nous ouvrir à  des catégories de Français qui doivent nous retrouver.
Dès que je dis quelque chose dun peu fort, on me rétorque que je veux séduire lélectorat du Front National. Ils ont trouvé ça tout seul ? Mais, cest tout à  fait exact ! Pourquoi voudriez-vous que je mempêche de parler à  un électorat qui était le nôtre ?
Faut-il considérer que faire revenir dans le champ républicain toute personne qui a voté une fois dans sa vie pour le Front national est un crime ? Pour le bénéfice de qui ? Dune gauche qui sapprête à  gouverner avec un Parti communiste et une extrême gauche la plus ringarde et archaïque dEurope !
Et, nous, nous devrions nous excuser, sans jamais transiger avec nos valeurs, de vouloir récupérer des électeurs qui étaient avec nous ?
Nous pouvons également récupérer une partie de lélectorat de gauche. Cette gauche dont la tradition nest pas lidéologie mais le mouvement. Cette partie de la gauche française, et je pourrais même me reconnaître dans ses idées, qui considère que lordre nest acceptable que sil est en mouvement.
Moi, je ne suis pas un conservateur. Je crois dans lordre et lautorité. Mais lordre est dautant plus acceptable quil est juste, quil bouge et quil donne de la respiration à  une société.
Cette gauche-là  a toute sa place avec nous. On ne peut quand même pas la condamner à  voter pour le parti socialiste le plus archaïque dEurope, qui considère que la seule chose à  faire est de revenir sur les régimes de retraites, renationaliser EDF et mettre le SMIC à  1500 euros. Un parti socialiste qui nest pas gêné par les injustices à  la condition que tout le monde en soit la victime. Selon eux, les injustices ne sont pas graves si tous en sont les victimes !
Cette gauche-là  , nous pouvons la récupérer, tout comme les catégories populaires.
Voilà  la rupture que jappelle de mes vÅ“ux !
Je nai connu que la famille gaulliste, mais, la Ve République, cest une lettre et cest un esprit. Et quelle que soit, Jean-Louis, la fidélité que lon peut avoir à  son encontre, qui peut dire que la démocratie française fonctionne bien alors quun Français sur deux ne vote plus et que, sur ceux qui votent, un quart le fait pour lextrême droite ou lextrême gauche ?
Cette question doit être posée avec les catégories les plus populaires de nos compatriotes, qui auraient le plus intérêt à  voter, qui votent pourtant le moins. Je veux une rupture avec cette situation.
Il y a un problème entre les partis politiques et les Français ; entre la parole publique et les Français ; entre les responsables politiques et les Français. Si nous leur disons que le fait quils ne votent plus na aucune importance, que nous allons continuer entre nous, qui peut penser que cela va changer les choses ?
Je voudrais terminer par un petit mot plus personnel.
Pour en arriver oà ¹ je suis, jai dû, comme un certain nombre dentre vous, surmonter pas mal dépreuves et subir nombres dattaques. Pourtant, je ne me suis jamais senti aussi décidé et aussi libre.
Pourquoi ?
Parce que je ne veux pas me résoudre à  ce que la France perde encore cinq années avec un gouvernement socialiste, sils gagnaient.
Nous avons vu ce que cela a donné, entre 1997 et 2002, nous navons pas le droit déchouer.
Cest un choix qui va bien au-delà  dune simple alternative. La présidentielle de 2007 sera comparable au rendez-vous électoral de 1958 -oà ¹ il sétait agi de nouvelles institutions, une nouvelle politique économique et sociale- ou à  celui de 1981. Cest un enjeu absolument majeur.
Je veux vous le dire de la façon la plus simple qui soit : mon ambition est que, tous ensemble, nous arrivions à  hausser le niveau du débat public en France.
Que lUMP reste le lieu oà ¹ se produisent les nouvelles idées.
Le lieu qui fasse le plus preuve daudace et douverture.
Le lieu oà ¹ lon nattaque pas les gens, les personnes, mais oà ¹ nous navons pas peur daffronter des sujets tabous.
Un lieu oà ¹ nous mettrons à  bas la pensée unique.
Vous lavez compris, jespère être à  la hauteur de la confiance que vous mavez témoignée, tout au long de ces années.
Aujourdhui, plus peut-être que jamais, jai besoin de vous.
























Poster un commentaire