Education : Le devoir de réussite
Convention pour la “France d’après” - Education : le devoir de réussite - 22 février 2006
Mesdames et Messieurs, mes chers amis,
Notre famille politique a souvent rêvé de réformer lEducation nationale. Elle sy est parfois attaché avec rigueur et exigence.
Je tiens tout particulièrement à remercier les intervenants de cette table ronde et François Fillon davoir bien voulu placer cette Convention sous son haut patronage. Je remercie également Luc Ferry de sa présence, avec le même courage ; Pierre-André Périssol, avec sa compétence et Claude Bébéar avec lengagement qui est le sien, depuis longtemps, en faveur de lintégration et de la formation de tous ceux qui nont pas eu de chance sur la ligne de départ de la vie.
Parce quelle soccupe de ce que nous avons de plus cher, parce quelle transmet des valeurs, parce quelle délivre des savoirs : léducation est éminemment politique. Mais parce quelle est politique, elle nest la propriété daucun camp, pas plus du public que du privé, pas plus des pédagogues que des républicains et, naturellement, pas plus de la gauche que … de la gauche.
Depuis près de trente ans, cest la gauche qui prétend penser pour lécole, agir pour lécole, parler au nom de lécole. Mais écoute-t-elle seulement ce que lécole et, à travers elle, la Nation tout entière, sefforce de lui faire entendre ?
Si la gauche, pendant tant dannées, a donné le sentiment dêtre en situation de quasi monopole, cest parce que la droite, en tant doccasions, avait abandonné dabord le terrain des idées avant de renoncer au terrain de laction. Voilà la réalité que nous devons regarder en face.
Quand tel ou tel des nôtres avait lidée bizarre davancer, il était immédiatement immolé par les autres sur lautel de limmobilisme. Voilà ce qui sest passé. Je ne dis ça pour critiquer personne, je dis simplement que nous devons regarder notre passé bien en face pour être sûr quil ne se reproduira pas.
Le message de lécole, que nous avons entendu aujourdhui, est pourtant clair.
Pendant plus dun siècle, lécole sest transformée pour accueillir des effectifs plus nombreux et donc des élèves plus différents. Mais alors que les publics et les enjeux avaient changé, lorganisation du système scolaire est restée désespérément uniforme. Plus délèves, plus de différences et un système qui ne bougeait pas, fondé sur luniformité.
Pendant un siècle également, lécole sest fait une fierté dassurer légalité des chances, de permettre à des milliers denfants issus de familles modestes de faire des études secondaires puis supérieures. Elle a excellé dans ce rôle comme nulle autre pareille dans le monde occidental.
Mais aujourdhui, force est de constater que lécole est devenue inégalitaire. Le taux daccès aux grandes écoles des enfants dorigine modeste est plus faible aujourdhui que dans les années 50. Personne ne peut laccepter.
Ce nest pas que la justice sociale ne progresse pas, elle régresse.
Nous avons des problèmes de plus en plus complexes à résoudre : le chômage, la montée des individualismes, la mutation de lautorité, limmigration… Mais nous ne cessons de cacher notre immobilisme en chargeant lécole de régler, à notre place, tous les maux de la société, sans jamais vraiment lui dire, au fond, ce quon attend delle.
On lui demande tout, sans jamais lui préciser ses missions.
Enfin, pour faire taire lécole, pour acheter une paix sociale illusoire, on lui a donné des moyens considérables, sans chercher à savoir si ces moyens lui permettaient de remplir une mission que lon ne sétait même pas donné la peine de lui définir.
Pour achever de discréditer lécole, on a soutenu – parfois dailleurs aussi dans notre propre famille politique – que lEducation nationale serait par nature hostile à toute évolution et que, dans ces conditions, parler déducation serait prendre un risque politique considérable. Je me reconnais totalement dans ce qua dit François, au mieux, confiait-on comme mission au ministre de lEducation de gérer lécole, sous-entendu, pas de problème, pas de bruit, pas dennui, pas dinitiative.
Soyez pleinement rassurés : ce nest pas la conception que nous nous faisons de la politique. Et puisque lécole cest politique, ce nest pas non plus la conception que nous nous faisons de lécole.
Lécole nest ni immobile, ni monolithique, encore moins préhistorique comme le prétendait un ministre socialiste. Depuis ses origines, lécole accompagne tous les progrès de la société française. Quand la République sest imposée, lécole est devenue gratuite, laïque et obligatoire. Quand les femmes se sont émancipées, lécole est devenue mixte et le corps enseignant sest féminisé. Quand la société française sest tournée vers les activités tertiaires, lécole sest donné pour objectif délever la qualification des élèves.
Il ny a jamais eu de progrès social authentique qui ne soit précédé ou accompagné de progrès scolaires.
Et cest pourquoi je ne conçois pas que nous puissions imaginer ensemble ” la France daprès ” sans avoir un projet pour lécole. Un projet fondé sur des engagements précis, pas seulement sur des déclarations générales, qui sont devenues insipides tellement elles sont consensuelles et insupportables tellement chacun sait quelles ne se traduiront par rien dans les faits.
Les Français ont de fortes attentes à légard de lécole, des attentes qui sont un mélange despoir et de crainte. Notre devoir est de faire les propositions que nous croyons justes et les Français jugeront dabord et choisiront ensuite.
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Je ne veux pas tergiverser pendant des heures sur la question de savoir si le niveau des élèves est ou non en baisse ou si les programmes scolaires sont moins lourds ou plus lourds que par le passé… Je ne dis pas que ces questions ne sont pas importantes, elles le sont pour les enseignants, pour le marché du travail et pour les experts. Mais il faut cesser de sen emparer pour en faire des instruments au discrédit de lécole.
Notre rôle est de regarder lécole telle quelle est aujourdhui, pas telle quelle a été dans le passé. Les défis de lécole sont devant elle, lhorizon vers lequel on veut la conduire et les moyens dy parvenir.
à€ mes yeux, il existe deux défis principaux.
Le premier est celui de lentrée dans la société de la connaissance. 160 000 élèves sortent chaque année de lécole sans diplôme, dans une économie qui na plus rien à proposer à ceux qui nont pas de qualification. Le drame nest pas tant quils sortent sans diplôme, mais que léconomie de la connaissance, qui est la nôtre, na rien à proposer à celui qui na pas de qualification.
Par ailleurs, 38% des jeunes dune classe dâge accèdent aux formations longues de lenseignement supérieur – universités et grandes écoles – contre 75% dans les pays nordiques et 65% aux Etats-Unis.
Cette différence est énorme et a des conséquences capitales pour notre avenir économique et culturel. Cest bien beau daller critiquer les Etats-Unis, mais avant de critiquer il faut se renseigner. Et quand deux fois plus de jeunes accèdent à des formations longues et supérieures, on arrête de dire que lon est un exemple et lon sinspire de ce qui marche chez les autres.
Ce nest pas une question de fascination pour le modèle américain, cest simplement la reconnaissance du fait que le monde est devenu un village et que nous, qui aimons la France, voulons le meilleur pour elle et pas le moins bon.
Le second défi, au croisement de la cohésion sociale et des espoirs que la République a toujours mis dans son école, est celui de légalité des chances.
Parlons-en franchement. Jai essuyé beaucoup de critiques lorsque jai évoqué léchec de la politique des ZEP, de la même manière que lorsque jai parlé de discrimination positive ou de lépuisement de notre modèle social, qui nest dailleurs pas épuisé, il est au-delà .
Comme toujours, dès que quelquun apporte une idée dans le débat politique, on essaye dentretenir, aux dépens des idées et des intentions, la confusion entre la critique des résultats et la critique des objectifs.
Je ne critique pas les objectifs des ZEP, je critique ses résultats. Je crois hélas profondément dans la justesse du diagnostic que je faisais.
On ne peut pas continuer à parler sans cesse de lécole comme le pilier de légalité des chances, et ne pas avoir le courage de dire que lécole ne réduit plus aujourdhui les inégalités sociales. Si lon ne se met pas daccord sur ce diagnostic, on ne pourra alors engager aucune action positive.
Jobserve dailleurs que cette observation a créé le débat et je men félicite car il ny a pas daction qui ne soit précédée dun débat.
Je ne crois pas quil suffise de mettre davantage de moyens dans les ZEP pour que cela change vraiment. Bien sûr que sil y a moins délèves dans une classe, le professeur peut davantage soccuper de chaque enfant. Je pense, en revanche, que les faiblesses actuelles de lécole sont plus profondes. Notre système scolaire sécrète lui-même ses propres injustices qui dépassent dailleurs la seule question des ZEP.
Le dévouement des enseignants qui exercent en ZEP est immense, mais, je vais le dire parce que je le pense, les ZEP accroissent les inégalités sociales au lieu de les réduire, parce quelles aggravent la ségrégation urbaine.
Elles concentrent dans les mêmes établissements, cest pourtant simple à comprendre, les enfants les plus défavorisés et les enseignants les moins expérimentés. Quand vous mettez dans le même établissement, tous les enfants défavorisés qui ont plus de problèmes avec tous les enseignants qui ont le moins dexpérience, ne vous étonnez de créer des établissements ghettos, au sein desquels personne ne veut aller et qui, à la sortie, produisent davantage dinégalité sociale.
Cest le contraire quil faut faire parce que je crois à la mixité sociale et à lhétérogénéité des classes et des établissements. Voilà la politique que je souhaite voir mise en Å“uvre.
Avec les socialistes, cest : les pauvres dans les mêmes quartiers, les exclus dans les mêmes immeubles, les élèves à problème dans les mêmes établissements et les enseignants les moins expérimentés au service de ces élèves. On achète le silence des uns et des autres en rajoutant des crédits qui ne servent à rien si ce nest à accroître les inégalités dans notre pays.
Ce constat gêne parce que cest celui de la vérité et de la réalité. Nous nacceptons pas cette vérité et cette réalité !
Alors parlons, puisque jai osé, de la carte scolaire. Elle devait être un outil de mixité sociale, elle assigne aujourdhui à lécole du quartier, en vérité, ceux qui nont pas les relations permettant de la contourner, ni les moyens suffisants pour sinscrire dans un établissement privé. Les résultats des élèves varient de 30 % dun établissement à lautre, à composition sociologique comparable.
Ces vérités sont insupportables car elles bafouent le droit de chacun à une éducation de qualité. La carte scolaire est aujourdhui un privilège pour les uns, une fatalité pour les autres.
LUMP veut lutter contre les injustices, et, après avoir posé la question des ZEP, pose la question de la carte scolaire, parce quelle crée les conditions de la ségrégation sociale dont nous ne voulons pas dans notre pays. Voilà un élément de la politique que nous voulons engager.
Je souhaite dire aussi que la manière dont on a parfois réduit les exigences attendues des élèves crée de linégalité sociale.
Cest une erreur majeure de penser quil faut être moins exigeant avec les élèves, supprimer les devoirs à la maison, supprimer le contact direct avec les Å“uvres et les démonstrations mathématiques pour avoir plus de justice sociale. Car les enfants des catégories sociales aisées ou diplômées reçoivent chez eux ou dans des petits cours privés les enseignements et la culture quils nont pas reçus à lécole. Cest donc exactement linverse quil faut faire : être dautant plus exigeants que les élèves sont plus défavorisés pour leur donner les mêmes chances quaux autres.
Dans mon esprit, il ne sert à rien de dire que lon respecte les enseignants, qui doivent être respectés, sans exiger que lorsquun enseignant entre dans sa classe, les élèves se lèvent. Que, par ailleurs, quand on est dans la classe et que lon porte une casquette, on lenlève ; que lorsquil y a un règlement intérieur, on le respecte et quand on inscrit son enfant dans une école, on signe ce règlement pour bien dire quil vous engage.
Voilà des idées simples, de bons sens, que nous rétablirons dans les faits et pas simplement dans les mots.
Cest laddition de toutes ces raisons qui font que le système scolaire français sest laissé détourner au profit des catégories sociales les plus favorisées. 50 % des établissements scolaires ne présentent aucun dossier délève à lentrée aux classes préparatoires parce que les règles secrètes de fonctionnement du système ont été internalisées par tous, ne sont dénoncées par personne et ne sont remplacées par aucune autre.
50 % des établissements de notre pays considèrent quaucun de leurs élèves nest digne daccéder aux classes préparatoires. Autant dire que 50 % des établissements se considèrent comme en deçà de la moyenne. Cest une réalité inacceptable.
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LEducation nationale na pas un problème de talent. Nous avons tous les talents nécessaires pour avoir une école dexcellence. Nos enseignants sont recrutés à lissue de concours très difficiles. Ils ont la vocation chevillée au corps, mais notre système est prisonnier des vieilles recettes, il nest pas assez imaginatif pour en inventer dautres et surtout pas assez audacieux pour les mettre en Å“uvre.
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Je souhaite que notre projet pour lécole soit dabord fondé sur des changements concrets, mais qui ne relèvent pas forcément de la loi. Cest une grande erreur que de penser que lon ne peut changer lécole quen votant de grandes lois. On peut changer lécole tous les jours en prenant de grandes décisions qui donneront à lécole un visage plus moderne et mieux adapté aux besoins de notre temps.
Premièrement, et cest à dessein que je commence par cela, il nous faut considérablement développer le sport à lécole. Dhabitude, dans nos discours, le sport vient à la fin, comme au sein du gouvernement, le dernier membre, comme un alibi.
On rédige son projet et lon se dit ” zut, on a oublié le sport ! “… Alors on lui fait une place, généralement, on en remet un petit coup sur les DOM TOM et il reste une petite place pour un couplet sur les handicapés…
Le sport à lécole, ce ne doit pas être la dernière ligne mais la première.
Deux heures déducation physique et sportive à lécole primaire, trois heures au collège et deux heures au lycée, le tout sans équipements, à des horaires inadaptés, tout cela est insuffisant.
Je souhaite quon donne au sport à lécole une place beaucoup plus importante, à la fois en ce qui concerne le nombre dheures et en ce qui concerne la part du sport dans lévaluation des élèves et laccès aux diplômes.
à€ mes yeux, ce nest pas seulement une question de santé, ni même une question déquité, entre ceux qui seraient doués pour les matières intellectuelles et ceux doués pour le sport. Je pense, beaucoup plus profondément, que le sport développe des qualités humaines qui sont essentielles à la vie en société et dans le monde du travail : le charisme, lesprit déquipe, le sens des autres. Ces qualités, indispensables dans la vie professionnelle, ne sont pas assez valorisées par le système scolaire actuel o๠lon ne reconnaît que le bachotage.
Le sens des autres, de lhumain, le charisme, le meneur dhomme, celui qui sait travailler en équipe, sont des qualités indispensables dans la vie professionnelle, elles ne sont jamais reconnues dans la vie scolaire. Elles sont des qualités éminentes de ceux qui font du sport.
Tous les enfants qui le souhaitent devraient pouvoir suivre leur scolarité sous la forme dun mi-temps sportif. Cest la seule façon de transcender le débat que nous avons eu pendant tant dannées : devons-nous nous inspirer des autres en créant le mi-temps sportif ? Plutôt que mettre tout le monde à la même sauce, donnons la chance à ceux qui le souhaiteraient de vivre ce mi-temps sportif.
Je suis convaincu que, grâce au sport, beaucoup denfants, dans tous les milieux sociaux, retrouveraient confiance en eux, que léducation à la citoyenneté sen trouverait renforcée.
Deuxième changement concret : laccueil des enfants handicapés.
Je voudrais quelque chose qui ne concerne pas seulement les enfants handicapés, mais qui me tient à cÅ“ur et qui dune certaine façon me bouleverse. La présence dun enfant handicapé dans une école est une chance pour les enfants dits ” normaux “.
Ce nest pas la peine de vouloir lutter contre le racisme, lantisémitisme, cest-à -dire de faire comprendre que la différence nest pas un risque mais une chance. La présence dun enfant handicapé au sein dune école montre aux autres qui ont la chance de ne pas avoir de handicap, quils sont des gens heureux, chanceux et cela leur permet dappréhender la différence.
De mon point de vue, un enfant handicapé dans une école est une chance pour cette école et pas une charge.
50 % des enfants handicapés dans notre pays ne sont pas scolarisés dans le système ordinaire, contrairement à ce que prévoit la loi. Pire encore, entre 15 et 20 000 enfants handicapés ne vont tout simplement pas à lécole.
Dans les pays scandinaves, 95 % des enfants handicapés sont accueillis dans le milieu ordinaire. Là aussi, cest un changement qui va au-delà des familles concernées. Le handicap peut arriver à tout âge et peut concerner toutes les familles.
Troisième changement : Il faut changer rapidement revoir de fond en comble la manière dont nous enseignons les langues étrangères. Et cest au CP quil faut commencer. Diffusons sur les chaînes publiques des films en langue originale, comme cela se fait dans les pays nordiques. Délivrons certains cours en langues étrangères dans tous les établissements. Lobjectif de lécole française doit être, dans un premier temps, que tous nos enfants soient bilingues, le véritable objectif étant le trilinguisme.
Ce nest pas la peine de faire lEurope, pour avoir des enfants ne maîtrisant aucune langue étrangère cela naurait aucun sens.
Il faut ensuite que les établissements scolaires soient de nouveau des espaces préservés contre la violence et que les enseignants passent moins de temps à assurer la discipline quà enseigner leur matière.
Chaque enfant qui pose des problèmes de comportement doit recevoir une réponse adaptée et immédiate. Cela va de la sanction à laide à la parentalité, en passant par la mise sous tutelle des allocations familiales.
Pour bénéficier des allocations, il faut produire un certificat de scolarité et les familles qui ne scolarisent pas leurs enfants doivent se voir suspendues de ces allocations tant quelles nont pas eu une explication avec les représentants de lInspection dAcadémie. Cest un devoir parce que labsentéisme scolaire est un drame.
Concernant le repérage déventuelles violences intrafamiliales ou encore les classes relais, si un enfant a des difficultés, le rôle de la communauté éducative et de la société tout entière, est de laider à sen sortir avant quil ne soit trop tard.
Lécole est obligatoire jusquà 16 ans, mais il est des jeunes que lon remet à lécole en se demandant bien ce quils y font… Quand on a des jeunes de 19 ans qui se retrouvent en 3e, il ne faut pas sétonner que les enseignants se retrouvent devant des situations quils ne peuvent pas maîtriser. Ce nest pas à lécole de récupérer des individus dont on ne sait quoi faire par ailleurs.
Il faut trouver des structures adaptées, dans la formation professionnelle, dans lapprentissage, o๠vous voulez, mais ce nest pas la peine daccumuler les difficultés détablissements qui en ont déjà beaucoup.
Depuis trop longtemps, on dit que la pédagogie suffit pour assurer la discipline et lon culpabilise des milliers denseignants. Je ne vois pas au nom de quoi les enseignants seraient moins sujets de droits que nimporte quel autre citoyen, et au nom de quoi ils devraient endurer ce quon ne tolèrerait pour personne dautre.
Quand les agissements des élèves constituent des infractions cest à la police de les faire cesser et à la justice de les sanctionner. Ce nest pas aux enseignants de les subir. Cest pourquoi je souhaite que chaque établissement scolaire ait un policier référent. Ainsi, quand des menaces auront été proférées, on nattendra pas quelles aient été mises à exécution pour en sanctionner lauteur.
Jai vu dans mon propre département quil existait une organisation qui disait que lécole était en danger parce que je proposais un policier référent pour tous les établissements qui le souhaiteraient, sur la base du volontariat, dans le département. Si lécole na que le problème de résister au policier référent, cest que notre école va bien… et que lorganisation syndicale qui a parlé de cela va mal.
Il faut également que lécole souvre davantage aux familles. Elles doivent pouvoir être informées rapidement des difficultés de leurs enfants et rencontrer les professeurs à des horaires compatibles avec les contraintes professionnelles des familles, surtout dans le cas de familles monoparentales. Il faut donc pour cela réserver pour cela du temps dans les obligations de service des enseignants.
Ce que je voudrais le plus, cest que nous cessions de croire que changer lécole est impossible. /La loi davril 2005 défendue par François Fillon a posé de nouvelles bases. Il faut nous appuyer sur elle pour mener des réformes de terrain qui amélioreront au quotidien lécole de nos enfants.
Je voudrais maintenant que lon tire les conséquences de ce que nous apprennent les enquêtes internationales. Cest trop facile de brandir ces enquêtes sous le nez des enseignants, en disant : ” regardez, regardez, vous coûtez trop cher pour des performances moyennes “, et de ne jamais tirer les conséquences de ce que nous enseignent ces expertises.
Cest formidable ! Les tiroirs du ministère de lEducation nationale débordent de rapports plus intelligents et plus lucides les uns que les autres, mais les gouvernements assez forts politiquement et courageux pour assumer les conséquences de ces rapports, eux, ne débordent guère…
Que nous disent ces comparaisons internationales ?
Les facteurs clé de la réussite dun système éducatif sont la qualité des enseignants, leur liberté pédagogique et lautonomie des établissements.
Alors que veut-on ? Je souhaite que la France se dote dune formation des enseignants comparable à celle des autres pays développés : une formation sur cinq ans, reconnue par un diplôme de niveau master, qui concilie une parfaite maîtrise de la discipline et une formation pédagogique pragmatique, le tout étant enseigné simultanément. Nous devons aussi assurer les remplacements nécessaires pour permettre aux enseignants de bénéficier de stages de formation continue.
Se pose ici la question du temps de travail et du pouvoir dachat des enseignants. Je comprends parfaitement que certains enseignants souhaitent gagner davantage. Je ne connais quune seule façon : leur permettre de travailler davantage. Sur la base du volontariat, voilà une piste qui pourrait être utilement retenue.
Il faut que nous valorisions, dans des conditions beaucoup plus fortes quaujourdhui, les enseignants qui exercent leur métier dans les conditions les plus difficiles. Nous devons également valoriser, ceux qui sinvestissent dans le projet détablissement ou qui acceptent de rester en salle des professeurs pour être à la disposition individuelle des élèves et des familles. Combien de fois rencontrons-nous des enseignants au dévouement admirable qui disent : ” cela fait 15 ans que je minvestis dans mon métier, jai limpression que tout le monde sen moque, que personne ne men donne la moindre reconnaissance, que cela ne sert à rien de vouloir faire plus que les autres… ”
Je ne souhaite pas obliger tout le monde à faire davantage que ce quil doit, mais je souhaite que lon nempêche pas ceux qui ont la foi et qui aiment passionnément leur métier de faire davantage.
La question du pouvoir dachat des enseignants est extrêmement importante. La rémunération des enseignants volontaires pour encadrer, dans chaque établissement, des études du soir doit devenir une possibilité pour tous les enseignements, et, pour dire les choses jusquau bout, cest mieux que les petits cours dispensés de façon plus ou moins clandestine.
Quand on voit une région comme la mienne, la région parisienne, o๠la moitié des familles sont monoparentales, o๠les mères de famille, qui élèvent seules leurs enfants et qui travaillent, rentrent tard le soir, la question de la généralisation des études du soir pour éviter les orphelins de 16 heures 30 est une question qui doit être clairement posée. Cest un investissement pour la France qui rapportera beaucoup plus que ce que cela coûtera et permettra daugmenter le pouvoir dachat des enseignants.
La loi davril 2005 a reconnu le principe de liberté pédagogique des enseignants. Cela doit devenir une réalité.
Ce qui est difficile en matière déducation, cest que nous avons tous une idée sur le sujet. Il y a ceux qui ont leurs souvenirs et ceux qui - en plus - ont leur expérience.
Pour ma part, je vois bien que ce qui marche avec lun ne marche pas avec lautre. Aucune circulaire au monde ne peut remplacer lexpérience dune institutrice qui, depuis 10 ans, apprend à lire, avec sa méthode et avec une attention spéciale pour chacun.
Il faut laisser aux enseignants parce que nous leur faisons confiance un peu de liberté sur les méthodes denseignement. Les évaluer pas tant sur la méthode que sur les résultats. Parce que lorsque lon se trompe de méthode, on se trompe alors sur tous les enseignants. à€ quoi sert-il alors de dire que lon aime les enseignants et que nous leur faisons confiance, si on ne leur laisse même pas la liberté pédagogique de tenir compte de leur expérience pour former leurs enfants ?
Les programmes doivent donc cesser de mélanger contenu et pédagogie dEtat. Les enseignants doivent être inspectés plus fréquemment et ils sont demandeurs. Ils doivent être évalués sur leurs résultats et pas seulement sur leur méthode.
Les évaluations nationales doivent être plus fréquentes et surtout intervenir en milieu ou en fin dannée, et pas au début. Ce qui est intéressant pour lenseignant, cest de mesurer les résultats de ses élèves pour évaluer ses propres performances, pas celles de son prédécesseur.
Enfin, oui, il faut donner leur autonomie aux établissements scolaires. à€ mes yeux, cest beaucoup plus quune pétition de principe. Cest une réforme qui doit nous permettre, à terme, si les conditions sont réunies, de supprimer la carte scolaire.
Je veux que les parents aient le libre choix de lécole de leurs enfants. Cela ne doit pas rester une seule pétition de principe. Regardons cette question sensible : Nos partenaires de lOCDE fonctionnent, sans exception, selon cette règle et ils nont pas plus de difficultés ou davantage dinégalités sociales que nous.
Le libre choix crée de lémulation saine entre les établissements et incite chacun dentre eux à se doter dun projet éducatif performant. Dans tel établissement, on fera plus de lettres, dans tel autre plus de sciences, dans un troisième plus de sport, plus dactivités culturelles, plus de langues, plus de nouvelles technologies…
Quelles sont les conditions pour réussir ? Jen vois quatre :
- Dabord, une autonomie pour tous les établissements, cest-à -dire lobligation dun projet éducatif spécifique, dans le cadre dun contrat dobjectif signé avec lEtat. Il nest tout de même pas anormal de demander à léquipe pédagogique et au conseil dadministration de réfléchir au contenu du projet éducatif de létablissement dont ils ont la responsabilité. Ce projet serait labellisé avec un contrat dobjectif passé avec lEtat. En contrepartie, létablissement pourrait affecter librement 20 % de son budget pour la mise en Å“uvre du projet.
à€ quoi sert-il de dire que lon fait confiance aux enseignants et, dans la réalité, leur refuser les moyens de cette confiance ?
- Ensuite, une évaluation régulière. Nous en avons tous parlé, cest un sujet incontournable. Pour moi, lévaluation nest pas une sanction mais la reconnaissance que la performance existe dans le public comme dans le privé. Refuser lévaluation, cest contester lidée de lexcellence et de la performance dans léducation nationale. Seule lévaluation permettra de reconnaître la performance.
- Troisièmement, des chefs détablissement dont limplication et le dévouement sont reconnus. à€ lévidence, leur rémunération, leur formation et leurs possibilités de carrière ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités. Je connais le débat entre les enseignants et les chefs détablissements.
Sans me mêler de la vie du ministère, je voudrais dire que je ne connais pas, dans notre société, dorganisme qui puisse fonctionner sans avoir de chef à sa tête, qui rende des comptes, qui est évalué, qui anime et coordonne. Honnêtement, lorsque lon voit que lun des problèmes de nos universités sont des problèmes de gouvernance, parce que personne ne peut y diriger, posons-nous également la question de savoir si, dans nos établissements, il ny a pas aussi des problèmes de gouvernance.
Je souhaite plus dautonomie pour nos établissements et des responsables qui sengagent davantage.
- Enfin, un engagement de lEtat daider les établissements les moins favorisés à améliorer leurs performances. Naturellement, si lon évalue davantage, lon verra ceux qui ont le plus de difficultés et lon pourra leur donner davantage de moyens.
Alors bien sûr, la question qui se pose est de savoir comment fera-t-on lorsque tous les parents voudront inscrire leur enfant à Henri IV ?
Eh bien, je pense que, si nous réunissons ses conditions, cette question ne se posera pas, de même quelle ne se pose pas dans les autres pays qui pratiquent ainsi. Si les établissements deviennent homogènes dans leurs performances, les choix des parents se feront en fonction de leurs contraintes personnelles, notamment géographiques, et des besoins des enfants.
En aucun cas, bien sûr, une sélection selon le niveau scolaire ou social ne serait acceptable. Le libre choix ne consiste pas en une liberté pour les riches et ceux qui connaissent les combines daller dans les établissements les plus huppés de la ville, cest le système actuel !
Le libre choix, cest le devoir dexcellence pour tous les établissements et les moyens dy parvenir pour tous.
Je ne prétends pas que cette réforme, nous la réussirons tout de suite. Mais je pense que cest lidéal vers lequel nous devrions converger. Je souhaite que lon puisse lexpérimenter rapidement dans quelques départements.
Dans chaque ZEP, je pense quil faut permettre rapidement à au moins un établissement volontaire, de bénéficier de cette autonomie pour offrir rapidement des perspectives nouvelles aux élèves, aux enseignants, à la communauté éducative. Il y a le projet détablissement dexcellence en Seine-Saint-Denis. Il faut quil y en ait un partout. Ces établissements doivent être émancipés de la carte scolaire et recruter leurs élèves et dune certaine manière leurs professeurs selon leur motivation.
Je souhaite aussi que les établissements privés sous contrat qui veulent ouvrir des antennes ou des écoles dans les zones moins favorisées et les quartiers les plus exposés soient encouragés à le faire, alors quils en sont aujourdhui dissuadés.
Pourquoi la possibilité de choisir lenseignement privé serait-elle réservée aux seuls beaux quartiers ? La possibilité de créer des établissements privés sous contrat dans les quartiers défavorisés ou sensibles est une obligation nationale parce que la liberté de choix ne doit pas uniquement exister dans les quartiers bourgeois.
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Mesdames et Messieurs, nous avons placé cette Convention sous le signe dune injonction exigeante : le devoir de réussite.
Réussir sa vie, comme dirait Luc, est un défi personnel pour chacun. Mais le mot ” réussite ” est déjà un engagement politique pour lUMP. Ce mot, jy crois beaucoup, car je ne crois pas que lon puisse durablement mobiliser un pays autour du sort de ceux qui narrivent pas à suivre.
Et, cest toute la question de la politique sociale, qui, dans mon esprit, ne peut pas être réservée aux seuls exclus. La politique sociale doit aussi être réservée aux classes moyennes, à ceux qui se lèvent tôt le matin, qui travaillent dur. Ce nest pas parce que lon a un emploi, une voiture, un logement, une famille, que lon na pas daspirations sociales et que lon ne sinterroge pas à lidée daccéder à la promotion sociale.
Il faut donc réconcilier notre pays avec la réussite, le succès, lexcellence, le mérite, leffort. Ce ne sont pas des ” gros mots “.
Chaque élève doit acquérir à lécole un socle de connaissances et de compétences fondamentales. Il faut que lécole réussisse le socle, cest-à -dire passe dune obligation de moyens à une obligation de résultats. Il y a trois moyens pour y parvenir :
- Mettre en place pour la petite enfance défavorisée des programmes adaptés pour que tous les enfants puissent développer les meilleures capacités dapprentissage ;
- Au primaire, mettre en place immédiatement des mesures de soutien nécessaires pour quaucun enfant ne décroche du rythme dacquisition du socle. De grâce, je demande que lon puisse bien vouloir considérer que pour la politique scolaire, comme pour la politique de la ville, il faut arrêter de raisonner en zone, en territoire, en géographie, mais sur des individus, des êtres humains, des personnes qui, pour chacun, doivent se voir reconnue la chance dune aide personnalisée.
Quand on refait un immeuble sans se préoccuper des gens qui y vivent, vous retrouvez cinq ans après limmeuble dans le même état quavant les travaux. Quand on crée le collège unique, en y mettant des enfants si différents, il ne faut pas sétonner si, à la sortie, sil ny a pas un soutien personnalisé, on napporte pas à chacun la réponse quil attend.
- Au collège, donner aux établissements les moyens dadapter la scolarité aux besoins de chaque enfant. Je crois à lindividualisation des parcours, cest la seule solution pour sortir des contradictions du collège unique. Dans tous les établissements, la généralisation des études encadrées du soir est évidemment la meilleure manière de garantir lacquisition du socle.
Dans notre pays, on ne cesse de parler de progrès social et de cohésion sociale et lon fait rythmer politique sociale avec allocation, subvention et assistanat. Je propose que la vraie politique sociale soit de donner à chaque famille la chance de voir ses enfants faire leurs devoirs à lécole, pour que ces enfants rentrent chez eux une fois quils auront appris et fait leurs devoirs. Voilà une grande politique sociale pour ceux qui nont pas la chance davoir un encadrement personnel.
Dans toutes les villes moyenne sou importantes, je crois quil faut mettre en place des internats de la réussite pour permettre aux enfants motivés détudier dans de bonnes conditions. Il est des enfants qui sont mal nourris, qui nont pas de chambre pour travailler et pas dordinateur. Il ne sagit pas de créer des internats pour les mettre à la campagne, mais de permettre à des familles monoparentales méritantes, dont les enfants veulent sen sortir, davoir la chance dêtre bien nourri, bien encadrés et davoir tout le matériel pour travailler au sein dinternats de la réussite.
Le mot internat nest pas archaïque, on peut ainsi permettre à des jeunes déviter la loi de la rue et daider des familles monoparentales qui narrivent pas à maîtriser léducation dadolescents alors même que les mères de famille travaillent toute la journée.
Deuxième condition, il faut mieux aider les enfants à choisir leur avenir et cest tout le problème de lorientation. Linformation sur lorientation doit être beaucoup plus large, plus fiable et surtout en prise directe avec la réalité économique.
Il faut aider les enfants à former des projets davenir qui concilient leurs goûts, leurs potentialités et les besoins du marché du travail. Si un enfant ne peut pas accéder à son premier choix, parce quil nen a pas les capacités, il faut laider à formuler un autre choix dans un métier proche.
Dans cette information sur les métiers et les filières, je pense enfin quil est déterminant de rechercher légalité des ambitions. La bataille pour légalité des chances se perd de deux manières : lorsquon ne donne pas à un enfant les moyens de compenser ses handicaps initiaux et lorsquon ne lui donne pas de lambition à la hauteur de son potentiel.
Les enfants des familles défavorisées sont moins poussés dans leurs études que les enfants de familles aisées. Cest donc à lécole davoir de lambition pour eux.
Dailleurs, le mot ” ambition “, jose le prononcer, moi qui en ai si peu et à qui on la tant reproché… Le dicton populaire le dit bien : ” il a tant dambition quil pourrait tuer père et mère !” Cest grave docteur ?!
Je dis aux enfants de nos écoles : ayez de lambition car si vous nen avez pas, ce nest pas le voisin qui en aura pour vous !
Que peut-on souhaiter à nos enfants ? Quils aient plein de rêves et plein dambitions, de réussir la vie la plus grande, la plus large et la plus épanouie et la vie se chargera de réduire au fur et à mesure leurs ambitions. Si vous ne commencez pas dans la vie avec une immense ambition, à larrivée, vous risquez dêtre déçu. à€ linverse, ce nest pas parce que lon commence avec une grande ambition que lon est sûr dy arriver…
Alors il faut, entre autres, que tous les établissements soient obligés de présenter les dossiers de leurs meilleurs élèves en classe préparatoire. Il faut que ces classes préparatoires soient obligées de réserver des places pour ces élèves. Je ne pense pas quil soit sain que, dans notre pays, il ny ait pas un établissement o๠il ny ait aucun enfant qui ait le rêve daccéder à une classe préparatoire.
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Mes chers amis, depuis des années, lécole sentend dire quelle nest pas capable de transmettre des savoirs complexes, quelle ne sait pas orienter, quelle laisse trop denfants en situation déchec scolaire, quelle ne sait pas souvrir, et que dailleurs ses enseignants sont trop nombreux et pas assez travailleurs. Cest injuste de dire cela.
Lécole ne veut ni louanges ni brimades. Lécole nattend en réalité quune seule chose : quon lui fasse confiance, quon entende ses aspirations et que lon mette une volonté forte au service dune seule ambition : la réussite.
Jai une promesse à vous faire. Si les Français, le jour venu, nous font confiance, cette réforme et ces décisions pour lécole seront engagées tout de suite parce que ce nest pas à la fin dun quinquennat ou à la fin dune législature que lon engage des réformes de cette nature.
Jai un deuxième engagement à prendre. On peut se tromper dans la réforme initiale et lévaluation que lon veut pour les enseignants, il faut lavoir pour les politiques et prendre lengagement que ce qui ira bien, on le garde, que ce qui nira pas, on le modifie et que ce qui ira mal, on le retire.
Il faut en finir avec les réformes brutales qui consistent à dire cest tout ou rien, le paradis ou lenfer. Il faut avancer, sans jamais arrêter, mais en donnant la garantie, à ceux à qui vous demandez de vous faire confiance, que si vous vous êtes trompés de chemin, vous accepterez den tirer toutes les conséquences.
Je veux dire aux enseignants que nous serons les premiers, nous à lUMP, à les défendre, à parler pour eux à la communauté nationale, à poser la question du statut social des enseignants. Parce que lon ne peut pas être un enseignant avec de lautorité si, dans le regard de ses enfants ou élèves, on ne voit pas de ladmiration pour le travail qui est le vôtre. Il y a un problème qui va au-delà de la rémunération, cest celui du statut social. On doit admirer son maître, on doit reconnaître la compétence de celui qui vous enseigne.
Je veux également dire que nous naurons pas peur de prononcer le mot autorité. Il nest pas de société libre sans autorité, sans un minimum de règles, de discipline et que lécole doit être un sanctuaire o๠la violence nentre pas.
On est un pays o๠lon a le droit détudier gratuitement, et la moindre des choses que lon est en droit dattendre de celui à qui lon donne cette éducation gratuite, cest quil se donne un minimum de mal pour saisir la main tendue par lEtat, cest-à -dire par les impôts de ceux qui se lèvent tôt le matin pour travailler.
Mes chers amis, oui, nous avons de grandes ambitions pour lécole, pour une seule raison : nous aimons lécole de la République et nous considérons les enseignants de la République.























