à‰ducation : le devoir de réussite - Réunion publique à Angers
Mes chers amis, je veux vous dire ma joie dêtre avec vous ce soir.
Joie dêtre ici à Angers, dans cette région du Val de Loire qui évoque si fortement la douceur de vivre et la puissance des idées. Dans cette région, qui pour apprivoiser un fleuve inventa un paysage. Dans cette région, qui pour imposer la Renaissance na pas eu peur de rompre avec les codes de son temps. Dans cette région qui, avec la Renaissance, a montré que la rupture est possible sans quelle conduise au chaos.
Je veux vous dire ma joie dêtre entouré de compagnons fidèles : François Fillon, Pierre Méhaignerie, Roselyne Bachelot, Pierre-André Périssol, Hervé de Charrette, Marc Laffineur… Lamitié est comme léducation : elle ne se nourrit pas de la complaisance et de la facilité ; elle se nourrit du courage de se dire les choses, de lucidité dans la réussite, de soutien dans ladversité.
Enfin, et surtout, je veux vous dire ma joie des échéances qui se rapprochent.
Ce soir, je suis venu vous dire davoir confiance.
La France veut des idées fortes, elle nattend pas des concepts creux. La France veut un dialogue sincère, elle nattend pas de recevoir lécho déformé de son propre discours. La France veut quon lui propose un avenir différent, elle nattend pas quon lui resserve les recettes du passé. La France veut quon la tire vers le haut, elle nattend pas quon la berce de formules toutes faites avec lesquelles tout le monde est daccord.
La France a conscience des défis que notre pays doit relever. Elle veut quon lui dessine des perspectives, quon lui propose des choix, quon lui apporte des solutions.
Ce soir, je suis venu vous dire ma sérénité et ma détermination.
La gauche na quun seul objectif : celui de battre la droite. Nous avons une ambition : faire de la France un pays o๠tout peut devenir possible.
La gauche na quun but : prendre sa revanche. Nous avons quun idéal : que lavenir redevienne une espérance.
La gauche na quune intention : figer le pays. Nous avons une volonté : faire entrer notre pays dans le XXIème siècle. Le remettre en mouvement.
Ma sérénité, je la trouve dans mes amis ici présents, dans tous ceux qui sont venus témoigner à mes côtés de notre résolution à nous emmener vers la victoire : ministres, parlementaires, élus, adhérents, citoyens…
Ma sérénité, je la trouve en vous voyant si nombreux ce soir. Si impatients dengager le combat pour nos idées. Si résolus à vous battre pour notre pays. Si sûrs du bien-fondé de notre projet et de notre action.
Depuis quatre ans et demi, dans tous les combats que jai menés, je nai jamais cessé davoir besoin de vous.
Besoin de vous pour combattre la pensée unique de la complaisance envers la délinquance. Besoin de vous pour combattre la lâcheté du mépris des victimes.
Besoin de vous pour convaincre quentre lillusion de limmigration zéro et louverture à tous les vents, il y a un juste équilibre, celui de limmigration choisie.
Besoin de vous pour affirmer que, quand on a travaillé toute sa vie et payé des impôts, quand on a préféré économiser plutôt que dépenser, on a bien le droit de laisser sa maison et ses économies à ses enfants en franchise dimpôt.
Mais cest plus que jamais, au cours des cinq prochains mois, que je vais avoir besoin de chacun de vous. De chacun de vous en particulier, et de chacun de vous tous ensemble.
Ce soir, je suis venu vous dire que si je suis candidat, cest pour poser ensemble les fondations dun nouvel avenir. Un nouvel avenir pour tous, mais dabord pour ceux qui ont connu des épreuves, se sentent fragiles, ou pensent que rien nest jamais pour eux.
Pour poser ces fondations, nous devons rompre avec toutes les facilités, toute la démagogie, toutes les compromissions, toutes les hypocrisies, qui depuis 25 ans affaiblissent notre pays et compromettent son avenir.
Je vous propose de rompre avec ce qui nous tire vers le bas pour laisser grandir ce qui nous tire vers le haut.
Je vous propose de rompre avec ce qui crée du désespoir pour faire renaître de lespérance.
La rupture que je vous propose, cest la rupture avec les archaïsmes et avec les conservatismes. La rupture avec linjustice des discriminations, avec linjustice du travail méprisé, avec linjustice de leffort non récompensé. La rupture avec cette société bloquée o๠les destins sont écrits à lavance.
Je vous propose la rupture avec lEtat mal géré et inefficace. La rupture avec lEtat instrumentalisé au profit dintérêts personnels ou politiques.
Je vous propose la rupture avec lassistanat quon subventionne sur le dos de ceux qui travaillent. Je vous propose la rupture avec lirresponsabilité quon finance sur le dos des générations futures.
Cest une rupture tranquille, mais réelle.
Ce soir, je suis venu vous proposer un nouvel avenir pour lécole de la République.
Je suis venu vous proposer quelle incarne un espoir pour chaque famille, et une envie pour chaque enseignant.
Je suis venu vous proposer que nous assumions enfin notre ambition pour léducation.
La France ne restera une nation libre que si elle se place aux avant-postes des mutations du monde. Pour cela, elle a besoin dexcellence, elle a besoin dintelligence, elle a besoin dinnovation, elle a besoin de justice.
Je vous propose de libérer la parole de ceux qui souffrent, à commencer par celle des enseignants et des chefs détablissements.
Je vous propose de dénoncer les faux-semblants, les mensonges, la pensée unique, lhypocrisie.
Lhypocrisie du bac quon brade peu à peu, pour mieux sélectionner à luniversité dans le secret des examens de fin de deuxième année.
Lhypocrisie des grandes écoles qui accueillent moins denfants douvriers et demployés aujourdhui que dans les années 50.
Lhypocrisie des zones déducation prioritaire o๠lon met les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés, en croyant pouvoir taire leur colère par une prime de 80 euros par mois.
Lhypocrisie de la carte scolaire qui ne pèse que sur ceux qui nont pas les moyens ou pas les relations pour la contourner.
Lhypocrisie de lécole à deux vitesses, celle des beaux quartiers o๠lon enseigne les grands auteurs et le raisonnement scientifique, et celle des quartiers populaires o๠lon demande aux enseignants de remplacer Les Fleurs du mal par des chansons de rap, les chefs dÅ“uvres de la littérature par les films quils ont inspirés, les livres entiers par des morceaux choisis, et lexercice de rédaction par celui du QCM.
Je veux madresser ce soir à nos centaines de milliers denseignants, qui chaque jour ont entre leurs mains lavenir de nos enfants, et qui sinterrogent de plus en plus sur ce que la République attend deux.
Je veux madresser ce soir à nos penseurs, à nos écrivains, à nos grands scientifiques, de Jacqueline de Romilly à Erik Orsenna, de Françoise Chandernagor à Luc Ferry, qui inlassablement, avec des mots qui leur ressemblent, et qui sont souvent ceux de la force douce, interpellent la Nation sur ce quelle fait de son école.
Je veux madresser ce soir aux hussards noirs de la République. Ils existent encore, et plus nombreux quon ne croit : enseignants des quartiers difficiles, enseignants des zones déducation prioritaire, ils résistent à la facilité et à la démagogie des instructions de lEducation nationale et des consignes reçues dans les IUFM.
Ils refusent de changer leurs cours sous prétexte quils sont en ZEP et pas à Henri IV, car ils savent que cest en choisissant les lectures faciles et les lectures courtes quon humilie les enfants des milieux populaires.
Ils vont chercher les lectures les plus difficiles, les auteurs les plus exigeants, les théories scientifiques les plus ardues, pour les enfants les plus défavorisés et les plus désavantagés, car ils savent que ce sont les grands auteurs et les grandes découvertes qui font rêver, qui libèrent de la culture du chômage, de la culture des bandes, de la culture de la drogue, de la culture du repli sur soi, de lexclusion et des mariages forcés.
Je vous propose que lon cesse de payer lécole avec des mots, et quon lui donne les moyens davoir des résultats.
En faisant de lélève lauteur de son propre savoir, une idéologie folle a mis lélève à la place du maître. Je vous propose que nous rappelions quenseigner, cest créer une relation entre le maître et lélève, cest permettre au premier de transmettre son savoir, et au second de dépasser le maître.
Tous nous avons croisé dans notre enfance un maître qui nous a marqué, un maître auquel on doit quelque chose de notre vie et de notre histoire. Ces passeurs nauraient pu imaginer quun jour on chercherait à remplacer les maîtres par les élèves. Nous nous souvenons deux plus quils ne se souviennent de nous. Mais tous nous ont transmis un savoir ou une règle de vie, un héritage de lesprit ou une vérité du cÅ“ur. Grâce à eux, lécole nest pas seulement un lieu de formation. Elle est une référence affective qui a les traits de ces maîtres auxquels nous devons tant et qui ont tant contribué à faire de nous ce que nous sommes.
En mettant les parents au même niveau que les enfants, une idéologie folle a couvert les familles de son mépris. Je vous propose que nous rappelions que les parents sont les premiers responsables de léducation de leurs enfants.
En inventant ses propres statistiques, une idéologie folle sest dotée des outils indispensables à lautocélébration de son manque de résultats. Je vous propose que nous ne connaissions quun seul type de statistiques : celles auxquelles font référence tous les autres pays développés. Elles seules nous disent précisément là o๠en est la France dans la performance de son système denseignement.
Elles nous disent que la France est 14ème sur 29 au sein de lOCDE pour les compétences de ses élèves, loin derrière la Corée, la Finlande, le Japon, lAustralie, la Belgique ou les Pays-Bas.
Elles nous disent que les élèves français ont des performances insuffisantes en résolution de problèmes complexes, en capacité dimagination, en créativité, en sens de lesprit critique, en maîtrise des langues étrangères.
Elles nous disent que 15% des élèves de sixième ne savent pas lire et écrire et que 160 000 élèves quittent chaque année lécole sans aucune qualification.
Elles nous disent que nous avons le taux déchec des étudiants dans lenseignement supérieur le plus élevé de tous les pays de lOCDE ; et que seulement un Français sur trois accède à une formation longue de lenseignement supérieur, contre 80% dans les pays scandinaves et 65% aux Etats-Unis.
Enfin, en nivelant les exigences par le bas, une idéologie folle a brisé loutil de légalité des chances. Cest là sa plus grande faute.
A ceux qui autrefois partaient sans rien, sans héritage ni culture, lécole donnait la possibilité de tout avoir. A ceux qui travaillaient dur, elle assurait la récompense dune vie meilleure. Au hasard de la naissance, elle opposait la logique de leffort et du mérite. Les examens étaient les mêmes pour tous, leur valeur était reconnue, la fierté de les réussir était partagée.
Pour acheter la paix sociale, on a dilapidé cet héritage. On a réduit les exigences pour donner une impression de réussite à tous. On a troqué légalité des chances contre une illusion éphémère dégalité. On a préféré le confort et lapparence des succès immédiats plutôt que la construction de lavenir.
Aujourdhui, la vérité perce sous limposture.
Les ouvriers et les employés représentent 60% de la population française. Mais leurs enfants ne sont que 30% en terminale S, 15% en classe préparatoire aux grandes écoles, 6% des élèves des grandes écoles dingénieurs, 3% des élèves des grandes écoles de commerce.
Cest un appauvrissement considérable pour notre pays. Comme la dit Georges Charpak, un pays de 60 millions dhabitants qui ne recrute ses élites que sur 10% de sa population est comme un pays de 6 millions.
De tout ce que la République a entrepris, lécole était sans doute sa plus belle réussite.
Grâce à elle, chacun devenait libre. Libre dans ses jugements, libre dans ses croyances, libre de son destin.
Grâce à elle vivait légalité des chances.
Grâce à elle grandissait une Nation fraternelle, construite sur des références et une culture communes.
De tout ce qua raté la culture de lassistanat et de la facilité, lécole est sans doute sa plus belle déroute.
Grâce à elle, lesprit critique et la capacité de jugement samenuisent.
Grâce à elle, légalité des chances nexiste plus.
Grâce à elle, la culture commune se dissout. Cest toute la nation française qui sen trouve menacée.
Mais de même que nous ne devons pas faire à la gauche le cadeau dêtre aveugles sur les discriminations, muets sur les injustices, sourds à la désespérance des quartiers, de même nous ne ferons pas, à ces idéologues, le cadeau dune vision outrancière de lécole.
Lécole conserve des pôles dexcellence. Régulièrement, des médailles Fields rappellent le prestige de notre filière mathématique.
Lécole est riche de centaines de milliers denseignants et de milliers de chefs détablissement qui assument jour après jour leur vocation au service des élèves.
Je souhaite saluer le travail de ces hommes et de ces femmes, sur lesquels repose lavenir de notre Nation.
Je souhaite saluer le travail des enseignants en milieu rural et le courage de leurs élèves qui, tôt dans leur enfance, ont appris quon doit se lever tôt le matin pour maîtriser son destin.
Je souhaite saluer les performances dacadémies comme Nantes et Rennes, dont les résultats sont remarquables.
A ces idéologues, nous ne ferons pas non plus le cadeau dune vision uniquement comptable de lEducation ; ni celui dune conception purement utilitariste de lenseignement.
Nous ne leur ferons pas enfin le cadeau dune vision exclusivement nostalgique de lécole.
Lécole de la troisième République a vécu. Elle était belle. Elle était grande. Elle était noble. La France lui doit beaucoup. Mais elle est dune époque qui nexiste plus. Ce nest pas en revenant à luniforme et à la blouse, ce nest pas en revenant aux classes de 60 élèves et à lexamen en sixième, ce nest pas en revenant à la plume Sergent Major, que nous serons fidèles à lidéal de Condorcet et à celui de Jules Ferry.
La question nest pas de revenir aux outils, aux programmes et aux méthodes du passé. La question est de permettre à lécole daujourdhui daccomplir, comme autrefois, les promesses de la République.
Entre lécole o๠on ne lit rien de postérieur à 1930 et lécole o๠ne lit rien dantérieur à 1980, il y a un juste milieu, celui qui enseigne le respect, mais aussi la différence entre la littérature, quelle que soit son époque, la coupure de presse et la chanson populaire.
Entre lécole o๠lon apprend tout par cÅ“ur et lécole o๠lon napprend plus rien, il y a un juste milieu, parce que le fleuve a besoin de ses rives pour le conduire jusquà la mer.
Entre la règle dont on frappait les doigts des enfants et lenseignante quon tutoie, il y a un juste milieu, celui de se lever quand le professeur entre.
Entre le pensionnat de Chavannes et lécole ouverte à tous les trafics et à toutes les violences, il y a un juste milieu, celui de lécole sans portable, sans tabac et sans casquette.
Entre luniforme et le jean taille basse qui laisse voir trop de choses, il y a un juste milieu, celui dune tenue décente.
Je vous propose une vision ambitieuse de lécole.
Une école dont le primaire se fixe pour objectif de donner à tous les enfants les bases fondamentales sans lesquelles il nest pas possible de vivre une vie adulte.
Une école dont le collège se fixe pour objectif de donner aux élèves le goût des grands auteurs, le sens de la rigueur scientifique, les repères indispensables à la compréhension de notre culture et de notre histoire.
Une école dont le lycée se donne pour objectif de porter plus délèves vers lenseignement supérieur, plus détudiants vers le diplôme, plus de diplômés vers lemploi.
Une école dont luniversité se donne pour objectif de reprendre sa place aux premiers rangs des classements internationaux des établissements denseignement supérieur et dêtre au centre de leffort de recherche.
Une école qui transmet le savoir, mais aussi le savoir-faire et le savoir-être.
Une école qui ne craint pas, un siècle après Jules Ferry, de ” compter sur les enseignants pour apprendre aux élèves à bien vivre par la manière dont ils vivent avec eux et devant eux “.
Une école qui donne le goût de leffort par le plaisir des difficultés surmontées.
Une école qui développe toutes les formes dintelligence parce quaucun enfant nest sans qualité et parce que la société a besoin de tout le monde.
Une école qui accueille les enfants handicapés, parce que cest son devoir et quil nest, pour les autres enfants, plus grande leçon de courage et de tolérance.
Une école o๠lon fait plus de sport, parce que le sport est une école de soi et une école de la vie.
Une école dont les enfants sont bilingues et ceux qui le peuvent trilingues, parce que cest une chance douverture aux autres et un atout dans la mondialisation.
Une école qui apprend le respect des femmes, quelles soient élèves ou professeurs, et qui soit un lieu o๠on leur dise que leurs ambitions ne sont pas moins légitimes que celles des hommes.
Une école o๠les enfants apprennent, comme Marguerite Yourcenar le recommande, ” quils existent au sein de lUnivers, sur une planète dont ils devront plus tard ménager les ressources, quils dépendent de lair, de leau, de toutes les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire “.
Une école qui donne confiance en soi, parce qu ” il meurt lentement celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux, celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves “. (Pablo Neruda)
Je vous propose une école qui développe lesprit critique et lesprit de vérité.
Une école qui considère que le plus grand service quon rend à un enfant est de lui apprendre à penser.
Une école qui est en phase avec son temps, mais qui na pas peur de dire quon en apprend plus sur lhomme en lisant Rabelais quen lisant des magazines.
Une école qui ne donne pas les examens à tout le monde, mais qui donne à chacun la possibilité de les réussir.
Une école plus exigeante avec ceux qui sont plus défavorisés, car lécole est le patrimoine de ceux qui nen ont pas.
Une école qui sait en vérité, que cest en assumant ses missions fondamentales, quelle remplira beaucoup de ses missions complémentaires.
Car on en apprend autant sur le courage, le civisme et lamour de la patrie en lisant Daudet et sa Dernière classe, Rouaud et ses Champs dhonneur, Gracq et son Balcon en forêt, quen baillant dennui au cours déducation civique.
On en apprend autant sur la générosité, la fraternité, le refus des injustices et la lutte contre les fascismes, en lisant les Misérables, Germinal et lEspoir, quen participant à un forum de discussion.
On dispose dune solide culture politique quand on a achevé la lecture de Primo Lévi et de Soljenitsyne.
La démocratisation de la culture, cest dabord dêtre doté de repères chronologiques indispensables et dune bonne connaissance des mouvements didées. Pour comprendre Guernica, il faut connaître la guerre dEspagne. Pour apprécier Les Justes, il faut savoir ce quétait la misère sous la Russie des Tsars.
Je vous propose une école o๠les familles ont des droits, mais aussi des devoirs.
Une école o๠les maîtres sont respectés, mais aussi évalués.
Une école o๠la promotion des maîtres se fait au mérite, pas en fonction dune inscription syndicale.
Une école o๠les élèves sont aimés, mais aussi instruits.
Une école qui, avec André Gide, considère que ” léducation est une émancipation “.
Une école qui, avec Victor Hugo, sait que ” chaque enfant quon enseigne est un homme quon gagne “.
Une école qui, avec Montaigne, ne cherche pas à ” remplir des vases, mais à allumer des feux “.
Une école qui, avec Condorcet, na pas peur de former des citoyens libres en formant des citoyens éclairés. Car ” plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre. Même sous la Constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave. Toute société qui nest pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans.”
Cette école, je suis venu vous dire que je la crois possible.
Cette école, je vous propose dabord de la construire avec les familles et non pas contre.
Lécole de la troisième République voulait soustraire les enfants du travail des champs et du travail de lusine. Pour réussir, elle devait laisser les familles à la porte de lécole, et elle a eu raison de procéder de la sorte. Mais lécole daujourdhui na plus de raison dagir ainsi.
Je vous propose que nous affirmions le droit de chaque parent dêtre informé, reçu et respecté dans lécole de son enfant.
Droit dêtre informé immédiatement que son enfant manque à lappel.
Droit dêtre alerté aussi vite que possible que son enfant décroche du reste de la classe, et non pas à la fin du trimestre comme cest trop souvent le cas.
Droit dêtre reçu par les enseignants et par le chef détablissement.
Droit de connaître les performances de létablissement et celles de son enfant par rapport au reste de la classe.
Mais ces droits, je veux le dire clairement, ne sont pas dissociables des devoirs qui incombent à chaque famille. Ce nest pas parce que lécole est gratuite et obligatoire, quelle doit tout aux familles et quelle ne peut rien leur demander.
Je vous propose daffirmer le devoir de chaque famille de sintéresser aux résultats scolaires de son enfant et de répondre aux convocations de linstitution scolaire. Je vous propose daffirmer le devoir de chaque famille de ne pas simmiscer dans les choix pédagogiques des enseignants. Je vous propose daffirmer que le respect attendu des élèves à légard de leurs maîtres est aussi attendu de leurs parents. Je vous propose daffirmer le devoir de chaque famille de consacrer les allocations familiales et lallocation de rentrée scolaire à lintérêt des enfants.
Je vous propose que nous allions même plus loin dans la relation entre lécole et les familles. Je vous propose de créer de la confiance mutuelle et de lappropriation en permettant aux parents de simpliquer davantage dans la vie des établissements scolaires de leurs enfants.
Je vous propose que nous donnions aux parents le pouvoir de participer aux décisions qui concernent lorganisation de la vie scolaire comme la construction dun gymnase, lorganisation des rythmes scolaires ou lélaboration du règlement intérieur.
Je vous propose de faire entrer plus de parents délèves et des anciens élèves dans le conseil dadministration des établissements scolaires.
Et je vous propose de créer un crédit dimpôt pour les jeunes retraités qui sinvestiraient dans le soutien scolaire au sein des établissements.
Cette école, je vous propose quelle soit un lieu de protection, de sécurité et de respect.
Je serai intransigeant. Lécole doit être préservée du racket, de la violence et de la drogue. Je veux exclure des établissements les jeunes qui y sèment le trouble, plutôt que de contraindre les victimes et ceux qui veulent travailler à changer détablissement. Cela dérange peut-être ceux qui pensent que la liberté des fauteurs de troubles est préférable à la tranquillité de ceux qui souhaitent étudier. Je nai pas limpression dêtre un liberticide en demandant à linstitution scolaire dassurer la protection de nos enfants et la sérénité des maîtres.
Je vous propose que nous aidions les maîtres à reconquérir leur autorité. Je vous propose que les règlements intérieurs des établissements soient plus précis et plus solennels.
Je vous propose que nous autorisions les enseignants à tenir compte de la discipline dans la notation des élèves.
Je vous propose que nous cessions détouffer et de banaliser la violence dans les établissements scolaires.
La discipline nest pas un luxe ou un confort. Elle est une condition de la réussite des élèves et de la mission des maîtres.
Je vous propose que nous nous souvenions de la promesse de Jules Ferry aux instituteurs : ” Le législateur (…) ne vous demande rien quon ne puisse demander à tout homme de cÅ“ur et de sens “.
La République doit se demander en conscience si elle tient encore cette promesse quelle a faite à ceux qui se consacrent à la mission la plus essentielle pour lavenir de notre Nation.
Jaffirme que lEtat se met en situation de non-assistance à personne en danger en assurant mal la formation des enseignants, en nassurant pas leur protection, en nassurant pas leur autorité.
Je vous propose que la sincérité de ceux qui disent vouloir faire de lEducation nationale une priorité, se mesure à la manière dont ils traitent les maîtres.
Je vous propose que nous mettions en place cette filière dexcellence de formation des enseignants, prévue par la loi Fillon, dune durée de cinq ans, reconnue par un master.
Je vous propose quau lieu de critiquer les enseignants qui font du soutien scolaire pour compléter des revenus trop faibles, nous augmentions la rémunération de ceux qui accepteraient des missions complémentaires. Aux enseignants qui veulent travailler plus pour gagner plus, je vous propose de confier des études dirigées dans tous les établissements, du soutien scolaire individualisé, des heures supplémentaires ou du temps de présence dans les établissements.
Les difficultés de lécole aujourdhui ne sont pas marginales. Elles ne sont pas exogènes. Elles ne sexpliquent pas uniquement par léclatement des familles et le développement des médias. Elles appellent un renouvellement profond de notre organisation et de nos méthodes.
Aux expériences pédagogiques hasardeuses sur le dos des enfants, aux circulaires administratives aussi détaillées quéphémères, au nivellement par le bas des exigences, je vous propose que nous substituions la liberté pédagogique des enseignants, lautonomie des établissements, et lévaluation des résultats.
Ne cédons rien sur les exigences. Notre pays a besoin de mettre toutes ses ressources dans lintelligence et le savoir de ses enfants, pour augmenter le niveau de qualification de ses emplois et développer des esprits libres, inventifs et créatifs.
Mais laissons à chaque maître le choix de sa méthode. Cest parce quon a cru pouvoir remplacer, par des circulaires administratives, lexpérience de toute une vie dinstitutrice quon a mis des milliers denfants sur la voie dune lecture hésitante.
Je vous propose que nous évaluions plus souvent les enseignants, mais sur la base des progrès et des résultats de leurs élèves, pas sur celle des pédagogies quils utilisent.
Je vous propose de sortir de limpasse du collège unique par lindividualisation des parcours. Il faut rompre avec lorganisation uniforme des cycles o๠chaque élève ne passe dans la classe supérieure que sil a acquis toutes les compétences de la classe précédente, jusquà finir par passer un jour au bénéfice de lâge et de la lassitude de ses enseignants. Cest en individualisant les parcours que nous donnerons à chaque collégien la possibilité de réussir son collège, dacquérir à son rythme non seulement le socle, mais aussi tout ce quil pourra au-delà . Le collège unique ne doit plus être un collège inique.
Je vous propose de diversifier loffre scolaire par lautonomie des établissements. Les équipes éducatives pourraient mettre en place de véritables projets détablissements avec de véritables moyens. Des projets qui servent à linstruction et à la transmission des savoirs, pas seulement à lanimation et à lambiance. Des projets qui permettent de valoriser lintelligence et le mode dapprentissage de chaque enfant.
Je vous propose de faire en sorte que chaque famille qui le souhaite puisse scolariser ses enfants dans un établissement pratiquant le mi-temps sportif ou artistique. Parce que la France que je vous propose, ce nest pas la France o๠chacun doit faire la même chose, de la même manière, au même moment, mais la France de la liberté de choix et de la responsabilité.
LEtat assurera sa mission de garant de la justice et de lefficacité du système par une évaluation rigoureuse, annuelle et publique de chaque établissement. Il pourra apporter son aide aux établissements qui ont des difficultés et des gratifications collectives aux équipes qui réussissent.
Je vous propose enfin que nous nayons plus peur dafficher notre attachement à la liberté de lenseignement et que nous permettions à tous les parents qui le souhaitent, dans le respect des équilibres chèrement acquis, dinscrire leurs enfants dans un établissement privé sous contrat.
Léquilibre général entre le privé et le public nest pas contesté. Personne ne demande sa remise en cause. Mais ce nest pas le remettre en cause que de permettre aux établissements privés de réorganiser leurs implantations pour répondre à la demande là o๠elle se trouve, en particulier dans les quartiers populaires. Cest en revanche un instrument du libre choix.
Je vous propose que lobjectif de mixité sociale pèse sur les établissements scolaires et pas sur les élèves.
Cest à linstitution scolaire de sorganiser pour proposer partout une offre éducative de qualité. Cest à linstitution scolaire de sorganiser pour que chaque établissement attire des élèves de toutes origines.
Nous ne pouvons nous résoudre à obliger des enfants méritants, qui nont ni les moyens, ni les relations pour saffranchir de la carte scolaire, à fréquenter des établissements médiocres pour afficher un semblant de mixité sociale et scolaire.
Je vous propose que nous donnions à chaque famille le droit de retirer son enfant dun établissement scolaire qui nassure pas sa protection, ni son avenir.
Je vous propose que chaque famille ait le choix de létablissement scolaire de son enfant. Cest la conséquence logique de lautonomie et de la diversification des établissements. La carte scolaire a été créée en 1963. Est-il si inconvenant en 2007 de vouloir sen affranchir, alors que plus aucun pays en Europe ne la pratique ?
Je vous propose que chaque établissement ait progressivement la liberté de recruter des enfants en dehors de son secteur. Mais quil ait aussi le devoir de veiller à respecter une diversité sociale et géographique dans ses effectifs.
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Cest dans les quartiers les plus démunis, dans les quartiers les plus défavorisés, que lécole de la République, en abaissant le niveau de ses exigences, sest le plus éloignée de lidéal que ses fondateurs lui avaient assigné.
La France profonde daujourdhui, cest la France des quartiers populaires. Les enfants quil fallait soustraire des fermes et des usines, sont devenus des enfants quil faut soustraire de la culture du chômage, des bandes, de lexclusion, du désespoir et de toutes les formes dintégrisme.
Déposer le bilan des zones déducation prioritaire, ce nest pas renier le principe de léducation prioritaire. Cest ouvrir les yeux sans complaisance sur une politique dont la mise en Å“uvre a échoué. En 25 ans, lécart de niveau sest aggravé entre les établissements de ZEP et les établissements ordinaires. En 25 ans, la ségrégation urbaine sest accrue. En 15 ans, le chômage des jeunes a quasiment doublé dans les quartiers populaires.
Là o๠il fallait mettre les meilleurs enseignants, nous y avons mis les moins expérimentés. Là o๠il fallait mettre le plus de culture, nous en avons mis le moins. Là o๠il fallait mettre le plus de rigueur, nous avons laissé fléchir le niveau. Là o๠il fallait mettre le plus de discipline, nous avons laissé grandir le chaos. Là o๠il fallait donner le plus despoir, nous avons anéanti les espérances.
Je vous propose que nous divisions par deux immédiatement les effectifs des établissements scolaires les plus dégradés, en répartissant les élèves en surnombre dans les établissements avoisinants. Je vous propose que des équipes volontaires, spécialement formées, comprenant des enseignants expérimentés, dotées de moyens renforcés, se fixent le défi, par des projets éducatifs dexcellence, doffrir un autre avenir à ces établissements en déshérence. Au terme dun délai de trois ans, nous évaluerons leurs performances. Celles qui ont réussi pourront élargir leur recrutement, et même essaimer leurs méthodes vers un autre établissement difficile. Pour les autres, nous ne devrons pas hésiter à en répartir les élèves dans dautres établissements.
Cest dans les quartiers populaires que lEtat doit garantir le plus des sorties culturelles et des séjours linguistiques. Car les langues sont un bagage indispensable dans le monde daujourdhui, et la culture un facteur de liberté, destime de soi, douverture aux autres.
Je vous propose de créer des internats de réussite éducative en ville pour tous les enfants qui veulent réussir, mais qui nont pas de bonnes conditions de travail chez eux. Et des écoles de la deuxième chance, pour ceux qui ont été victimes dun système déducation prioritaire, dont lintention était généreuse, mais dont la mise en Å“uvre sest trompée pendant 20 ans.
Mes chers amis, cest par léducation que nous éviterons le communautarisme. Cest par léducation que nous sauverons la méritocratie. Ce soir, je suis venu vous convaincre que la vraie fidélité à la République, ce nest pas de donner à tout le monde la même chose, cest de donner plus à ceux qui ont moins.
Ne vous laissez pas voler légalité des chances. Rien nest plus proche du mérite, de leffort, du travail, de linitiative individuelle, de nos valeurs les plus fondatrices, de notre conception de la République, que de mettre chacun au même niveau sur la ligne de départ.
Je vous propose que nous libérions nos enfants de la tromperie que constitue actuellement le dispositif dorientation.
La psychologie ne peut pas être le seul critère dune bonne orientation. Ces critères doivent être le goût des enfants, leur talent et les perspectives du monde du travail.
Je vous propose quorientation ne rime plus avec voie de garage et relégation. Quau travers dune découverte précoce des métiers pour tous les élèves, nous nous dotions au contraire des moyens de donner aux enfants lenvie dapprendre, lenvie de réussir, lenvie daller le plus loin possible. Car cest plus humanisant et terriblement motivant de faire des mathématiques pour devenir pilote, de la biologie pour devenir vétérinaire, des langues pour devenir journaliste, de lhistoire pour devenir artisan dart, que seulement pour avoir un bon bulletin scolaire.
La France excelle dans certaines disciplines manuelles, techniques ou technologiques, comme la gastronomie, lindustrie du luxe, la construction navale ou encore le jeu vidéo. Je vous propose de créer des universités des métiers, cest-à -dire des établissements supérieurs denseignement dans ces disciplines parce que les filières professionnelles et technologiques ne sont pas moins nobles que les autres. Elles ont aussi droit à leurs ” grandes écoles “.
Je vous propose que la France renouvelle en profondeur le mode de recrutement de ses élites.
Si un lycée sur deux ne présente aucun élève en classe préparatoire aux grandes écoles, cest quun élève sur deux a fini par se convaincre que les filières les plus cotées nétaient pas faites pour lui.
Je vous propose que nous mettions fin à cette autocensure scolaire en donnant le droit aux 5% des meilleurs élèves de chaque établissement de rejoindre une classe préparatoire aux grandes écoles. La sélection se ferait sur la base des résultats au bac, auquel nous redonnerions ainsi le prestige quil a perdu. Chaque établissement aurait sa filière dexcellence, et chaque élève sa chance, sans être handicapé par la méconnaissance de codes sociaux qui donnent à notre élite son caractère aujourdhui si tristement homogène.
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Je vous propose que lenseignement supérieur soit une priorité de notre projet. Parce que cest une protection dans la mondialisation. Parce que cest une nécessité pour des emplois plus qualifiés. Parce que nos universités méritent les premières places dans les classements internationaux.
Notre objectif doit être de porter beaucoup plus de jeunes vers lenseignement supérieur, dans les formations courtes comme dans les formations longues, mais dans des filières qui ouvrent sur des débouchés et sur des emplois.
Lorientation des étudiants dans le système denseignement supérieur devrait être libre, mais responsabilisante. Que lEtat finance autant de places à luniversité quil en faut. Cest lintérêt de notre pays. Mais quil le fasse en fonction des débouchés de chaque filière. Au moment des inscriptions, un dialogue entre les universités et les étudiants permettrait à chacun de sengager dans une voie qui lui garantisse le succès et lemploi.
Je vous propose que les mots ” vie étudiante ” ne riment plus avec les mots ” galère et mal logement “, mais avec les mots ” travail, capital intellectuel, égalité des chances, ouverture aux autres, partage, culture, sport “. Je vous propose que la vie étudiante se déroule sur des campus modernes dont les bibliothèques seraient ouvertes sept jours sur sept. Que chaque région ait au moins un campus de niveau européen et que laménagement du plateau de Saclay en pôle denseignement, de recherche, et dinnovation, de niveau mondial, soit un chantier présidentiel.
Je vous propose dencourager le travail étudiant parce quil ny a que le socialisme français pour sanctionner les étudiants qui travaillent tout en poursuivant leurs études. Cela suppose de défiscaliser les revenus du travail étudiant et daugmenter le montant des bourses alloués aux étudiants qui travaillent, plutôt que de les supprimer.
Je vous propose que les bourses constituent un réel soutien pour les enfants des classes moyennes et populaires, et que leur montant augmente avec le mérite.
Je vous propose que chaque jeune puisse signer avec lEtat un contrat dautonomie : un contrat qui lui donne des droits, celui dêtre autonome grâce à un prêt à taux zéro ; mais un contrat qui lui donne des devoirs : celui de réussir ses études ou de suivre un programme daccès à lemploi, et celui de rembourser lavance de lEtat une fois sa situation stabilisée dans un emploi durable et correctement rémunéré.
Le contrat dautonomie nest pas un RMI jeune. Il nest pas un énième plan daccès à lemploi pour les moins de 25 ans. Il est un contrat responsabilisant, qui pousse chaque jeune à suivre et à réussir des études ou une formation, dans le but dobtenir un emploi solide.
Je vous propose enfin de créer la société de la deuxième chance. Une société o๠les écoles et les universités sont ouvertes le soir parce quil ny a pas dâge pour se former. Une société qui garantit à tous ceux qui nont pas pu faire détudes supérieures de pouvoir les entreprendre à 30, 40 ou 50 ans. Une société o๠léchec cesse dêtre humiliant parce que le risque est reconnu et valorisé. Une société o๠les destins ne sont pas écrits à lavance parce quon na pas pu prendre le bon train à lheure.
Mes chers amis, lexcellence nest pas le privilège des milieux favorisés, elle est dabord le droit des enfants les plus démunis ! Légalité des chances ne repose pas sur luniformité des traitements et des méthodes, elle consiste à donner plus à ceux qui ont moins ! Lécole na pas besoin quon lui assène des idéologies, elle a dabord besoin quon lécoute, quon la comprenne, quon lui dise ce quon attend delle et quon lui fasse confiance !
Le temps est venu de vouloir plus dambition pour nos enfants, plus de considération pour notre école, plus de confiance dans nos professeurs, plus de prestige pour nos universités, plus dexigence pour la République !
Cest à nous de dire quon ne peut plus longtemps abandonner léducation à ceux qui en font le terrain de jeu de leurs idéologies dépassées ! Cest à nous dagir pour que le progrès scolaire redevienne le moteur du progrès social ! Cest à nous daffirmer que la République na quun seul devoir vis-à -vis de lécole, et lécole un seul devoir vis-à -vis de la République, le devoir de réussite























