Pourquoi a-t-on attendu sept semaines pour trouver une solution de relogement pour les ex-squatteurs de Cachan ?
Reprenons lhistoire: cest le tribunal qui ma demandé lévacuation de Cachan pour des raisons tenant à  la sécurité des occupants. Lexpulsion sest faite alors conformément aux règles républicaines. Il ny a eu aucune brutalité policière pour procéder en fait à  deux expulsions. Lune pour évacuer les locaux universitaires, lautre pour empêcher la constitution dun village de tentes juste en face. A ce moment-là  , dès le 17 août, jai proposé à  tous les occupants une solution dhébergement.
Combien étaient-ils alors ?
178 personnes, toutes en situation régulière, ont accepté ma proposition ; 300 autres lont refusée, à  l’instigation de certaines associations qui pensaient réussir une exploitation médiatico-politique. Cest dans ces conditions que le maire de Cachan a ouvert le gymnase alors que je lavais averti quil allait droit dans limpasse. Je ne mets pas en cause les intentions qui l’animaient, mais jestimais quil mettait ces pauvres gens dans une situation sanitaire inacceptable. A la suite de cela, les plus extrémistes des associations ont réclamé la régularisation de tous les clandestins. Je my suis opposé et 16 occupants du gymnase ont été expulsés de France. Depuis dix jours, Rachida Dati, chargée de mission à  mon cabinet, était sur place, jour et nuit, pour essayer de trouver une solution. Elle a tout fait pour convaincre les occupants, notamment les femmes, quil fallait accepter les solutions dhébergement quon leur proposait. Je veux également rendre hommage au président de SOS Racisme et à  celui de la Licra que jai vus moi-même jeudi dernier pour le rôle décisif quils ont eu dans cette affaire.
Oà ¹ en est-on aujourdhui ?
Chacun sera logé de façon provisoire dans des foyers pour personnes immigrées, gérés notamment par France Terre dAsile qui a réservé dans ses locaux 354 places dhébergement. Je dis bien provisoire parce quil ne suffit pas doccuper un local pour passer devant ceux qui demandent des HLM et sont inscrits depuis longtemps sur une liste dattente. Quant aux sans-papiers, je me suis engagé à  étudier au cas pas cas leur dossier. Certains d’entre eux ont en application de la loi droît à  un titre de séjour. Mais je naccepterai jamais de régularisation massive comme certaines associations le réclamaient. Je suis heureux que le sens de la responsabilité ait triomphé et que les plus extrémistes aient été marginalisés.
Jean-Louis Borloo, lui, a défendu sur LCP-AN lassociation Droit au Logement quil juge “utile” au pays…
Jean-Louis Borloo a sa propre sensibilité. Il lui est dautant plus facile dexprimer cette opinion que je respecte quil na pas porté aux yeux des Français la responsabilité de cette affaire.
Nest-ce pas les déclarations du Premier ministre estimant mercredi quil était temps den finir qui vous a conduit à  accélérer les choses ?
Nous étions alors sur le point d’aboutir… Je suis habitué à  ce quau moment du dénouement dune crise, nombreux soient les responsables du succès. Je nen ai pas vu beaucoup, durant ces longues semaines qua duré loccupation de Cachan, qui me disputaient la responsabilité de la gestion de cette affaire. Maintenant que cest réglé, jobserve avec intérêt que les négociateurs étaient plus nombreux que je ne le pensais… En revanche, je suis reconnaissant au président de la République de mavoir soutenu dans la gestion de ce dossier malgré les appels réitérés de Danielle Mitterrand.
Avec lexpulsion de Cachan, les polémiques à  propos des sans-papiers, les interventions musclées et médiatisées des policiers aux Tarterêts et aux Mureaux, nêtes-vous pas en train de radicaliser votre image ?
Voilà  qui mamuse. Une semaine, je suis accusé de ne plus faire mon travail de ministre de lIntérieur ; la semaine suivante, je suis accusé par les mêmes de le faire trop. La vérité cest que je fais mon travail, tout simplement ! Aux Tarterêts, javais promis que nous arrêterions les coupables du scandaleux lynchage dun policier. Aux Mureaux, nous avons arrêté deux coupables sur cinq et nous arrêterons les autres. Mais je continuerai à  regretter que dans un département comme la Seine-Saint-Denis, malgré le déchaînement de violence, il y ait eu depuis le début de lannée une diminution de 9% des mises sous écrous. Je propose la mise en place de peines-plancher pour les multirécidivistes qui doivent être condamnés plus sévèrement. Je propose aussi quun mineur de plus de 16 ans, qui commet à  répétition des agressions violentes, soit puni comme un majeur.
Etait-ce nécessaire que les descentes de police dans les cités se fassent devant appareils photos et caméras ?
Cétait parfaitement inutile. Et la présence de la presse dans ces conditions gêne l’action de la police. Je men serais bien passé et les journalistes présents aux Mureaux savent bien que ce nest ni mon cabinet, ni la direction générale de la police qui les ont prévenus.
Qui alors ?
Vous êtes mieux placée que moi pour demander à  vos confrères qui les a appelés! Moi je demande quon nous laisse faire notre travail et quon nous juge sur les résultats. Ainsi pour la première fois depuis de nombreuses années les violences aux personnes ont diminué !
De si peu !
Cest exact. Elles ont diminué de 0,55% mais vous serez intéressée de savoir quelles avaient augmenté de 42% entre 1998 et 2002. Depuis que je suis ministre de lIntérieur cest un million de victimes en moins par rapport aux cinq années de la gauche. Ceux qui me critiquent devraient réfléchir à  leur propre bilan.
Les opérations policières à  grand spectacle ne risquent-elles pas de rallumer les feux mal éteints dans les banlieues, un an après les émeutes ?
En aucun cas. Ce qui risquerait de réveiller les délinquants ce serait la persistance dun sentiment dimpunité, ce serait la démission des pouvoirs publics. Qui peut me reprocher denvoyer dans les cités rechercher les coupables d’actes dune rare violence? Pendant des années le calme a été acheté au prix dune démission généralisée, quon ne compte pas sur moi pour couvrir une telle stratégie! Lorsqu’il se produit un crime ou un délit, la police doit interpeller les suspects, oà ¹ qu’ils se trouvent.
Ne craignez-vous pas cependant, en agitant les problèmes dinsécurité et dimmigration de faire monter Le Pen ?
En parlant des problèmes, en agissant pour trouver des solutions, il ny a aucun risque de le faire monter, mais au contraire toutes les chances de le faire descendre. Cest justement parce que pendant des années les républicains ont eu peur de parler des questions qui préoccupent les Français que la France sest dotée de lextrême droite la plus forte dEurope. Beau résultat! Alors quon ne vienne pas me reprocher de tenter dapporter des réponses au tsunami politique de 2002. Si certains lont oublié, pas moi!
Réaction sur Michèle ALLIOT-MARIE :
“Nous avons adopté une règle, une méthode et même un calendrier. Michèle ALLIOT-MARIE a voté toute cette procédure. Si elle souhaite être candidate, pourquoi pas. Mais une candidature en dehors de notre famille politique serait la marque d’une division que nos électeurs jugeraient sévèrement. Je ne peux y croire.”
























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