Religions - Centenaire de la laicité
Ouverture du Colloque “La laïcité française dans son contexte international : singularité ou modèle ?”
Académie des science morales et politiques à Paris
Discours de Nicolas Sarkozy[…]
Je voudrais vous parler librement de ce qu’est le cÅ“ur de mes convictions, sur un sujet absolument essentiel pour la société française. […]
La première remarque que je voudrais faire touche à la nature de la loi de 1905. Je suis assez fasciné par le fait que, alors même que lon change la Constitution tous les ans, voire plusieurs fois par an, il existe une école de pensée qui viendrait à dire que la loi de 1905 ne doit être touchée en rien et pour rien, tant lédifice est parfait. Ne touchons à rien, en quelque sorte ne modifions pas les colonnes du temple, sans savoir o๠se trouve le temple et sil a des colonnes.
La loi de 1905 est une bonne loi. Plus exactement : elle lest devenue. Car je ne suis pas sûr que, à lorigine, elle ait été faite pour être une bonne loi. On peut même dire le contraire, puisquelle a été adoptée dans un climat de combat alors que nous sommes, un siècle plus tard, dans un climat dapaisement. Raison de plus, dailleurs, pour considérer que ce climat dapaisement tient davantage à la sagesse de nos compatriotes quau texte lui-même, qui fut à lorigine un texte de combat et qui est vécu aujourdhui comme un texte dapaisement. Ne lui faisons donc pas dire ce quil nest pas. Ce serait une erreur, me semble-t-il, historique.
Quand bien même dailleurs ce texte eût été parfait il y a un siècle, qui ne voit quen un siècle la France a changé ? Ce qui était parfait juridiquement peut parfaitement nécessiter des adaptations ! Or j’observe – et c’est extraordinaire – le refus de même parler des adaptations nécessaires. Les uns refusent d’en parler par peur, ce qui nest pas un sentiment illégitime, s’il s’agit de la peur de réveiller des affrontements religieux. Pour d’autres, le refus n’est pas sans arrières pensées.
Les textes peuvent être adaptés sans que soit, le moins du monde, brisé le consensus autour deux ou létat desprit qui a présidé à leur inscription dans la réalité juridique française au moment o๠ils ont été votés. Réfléchir aux nécessaires adaptations dun texte, ce nest pas remettre en cause lesprit du texte. Jajoute que si le texte est si fort quon le dit, il peut supporter un toilettage – ou alors, il nest pas si fort quon le dit.
Soit il est incontournable et dans ce cas il est indestructible. Soit il nest si pas incontournable que cela et dans ce cas ny touchons pas – car sinon on fait écrouler la maison. Comme je pense que la loi de 1905 est un bon texte, un texte fondateur, un texte important, un texte solide, il ny a aucun problème à en discuter certaines des modalités dapplication. Justement parce quil est fort, justement parce quil est équilibré. Affirmer qu’il ne faut le toucher en rien, cest affecter le texte fondateur de 1905 dune fragilité que je conteste. Cest une première remarque mais comme je ne suis pas sûr que nombreux seront ceux qui défendront cette idée, jai tenu à la défendre moi-même. Elle nest pas paradoxale.
Je ferai une deuxième remarque qui me tient très à cÅ“ur et qui est au fond de mes convictions alors même que je dois préciser que je ne suis pas un pratiquant régulier et que je nai aucune leçon à donner en ce domaine. Mais la question des religions mintéresse.
La question des religions est fondamentale. Quest ce quun homme ou une femme qui croit ? Ce nest pas une petite question. Cest un homme ou une femme qui espère. Le droit à lespérance est un droit essentiel pour lêtre humain, condamné à lignorance. La réflexion sur le sens de la vie et de la mort nest pas du domaine de la République. La République soccupe du temporel, les religions soccupent du spirituel, de la question spirituelle depuis que lhomme a conscience que son destin singulier est une question essentielle.
En quoi, Mesdames et Messieurs, le droit à lespérance serait-il, si peu que cela soit, contraire à lidéal républicain ?
La question mérite dêtre posée, pas simplement par rapport à la loi de 1905. Simplement par rapport à la vie et à la mort. Quel sens donner à la vie ? Et la mort, quelle est sa place ? Sinterroger, comme chacun dentre nous le fait lors de lenterrement dun de ses amis ou dun membre de sa famille, sur le destin de lhomme, est-ce être un mauvais Républicain ? Se poser la question de savoir si la vie sarrête avec la mort, est-ce remettre en cause les fondamentaux des idéaux républicains ? Nest-ce pas naturel, pour des hommes qui ignorent tout, de savoir si la vie est un hasard ou s’il y a un organisateur à tout cela ?
On a souvent sous-estimé limportance de la question spirituelle dans le débat politique français. On a privilégié dautres questions – la question sociale, importante, la question sociologique, importante – mais la question du sens de la vie nest pas une petite question. Les religions sont là pour aider lhomme à apporter une réponse. Et cette réponse est, au fond, le droit à lespérance. Quest-ce que cherchent les hommes et les femmes qui croient, totalement, partiellement ou de temps en temps ? Ont-ils le droit à lespérance ? Ce nest pas rien : cest peut-être le droit de lhomme le plus important. Toutes les religions affirment que lhomme a le droit despérer.
J’en viens à ma troisième remarque : la loi de 1905 nest pas une loi de prohibition, elle est une loi de liberté. Il est capital de comprendre cela.
Il y a quelques années, un ancien ministre, dont je ne citerai pas le nom, prétendait qu’au nom de la loi de 1905 il était interdit de rentrer dans une église. Baliverne, erreur totale, contresens parfait ! Au nom de la loi de 1905, le ministre doit rentrer dans une église, dans une synagogue, dans un temple, dans une mosquée. A égalité de traitement, pour les uns comme pour les autres. Prétexter de la loi de 1905 pour refuser de rentrer dans un lieu de culte, cest vraiment ne rien avoir compris à lesprit de la laïcité à la française.
Quest-ce que cest la laïcité à la française ? Cest une loi qui reconnaît un droit. Le droit de croire, de vivre sa foi et de le transmettre à ses enfants. Cest cela la laïcité à la française ! C’est aussi le droit de ne pas croire. A égalité de traitement, pour les uns comme pour les autres. Ce nest pas une interdiction, la laïcité à la française. Dailleurs, si les religions étaient si peu importantes et si le droit de croire nétait pas quelque chose de fondateur, alors pourquoi faire une loi ? Cette loi garantit un droit jugé fondamental, comme le droit de manifester, de sexprimer, le droit de croire, de vivre sa religion, de la pratiquer, de la transmettre à ses enfants. Cest cela la laïcité à la française !
La loi de 1905 est une loi de liberté qui a apaisé, parce quelle a reconnu des droits et parce quelle a organisé une séparation respectueuse entre l’Etat dun côté, qui soccupe du temporel, les religions de lautre, qui soccupent du spirituel. Je nai pas cette vision de combat, celle dune laïcité sectaire qui affirmerait que la loi de 1905 est censée protéger la société civile de la mainmise de la religion sur elle. Pauvres religions : elles nen nont ni la force, ni lambition. Et faut-il mal connaître les religions en France, pour penser si peu que ce soit, quil y a une menace dun pouvoir religieux sur la société française.
Jajoute, car cela me tient à cÅ“ur, une interrogation. Qu’était la France profonde au début du siècle précédent ? Cétait la France des campagnes. Quest-ce que la France profonde au début du XXIème siècle ? Cest la France des banlieues. La France profonde, cest la France o๠les Français habitent. Ils habitaient dans les campagnes il y a un siècle ; aujourdhui ils habitent dans les banlieues. Quelle est la différence ? Il y a un siècle, il y avait les instituteurs, qui faisaient un travail remarquable. Et il y avait le curé. Même dans les familles o๠on ne croyait pas, on allait à la communale, puis on allait au catéchisme et on vous donnait quelques éléments sur ce quétait le bien et ce quétait le mal. Certes, on se disait : ” ce n’est pas sûr que ça marche mais ça servira peut-être à quelque chose ! “.
Oui, la religion catholique a joué un rôle dans lenracinement des sentiments républicains de la France du début du XXème siècle. Oui, l’Eglise a contribué, aux côtés de la communale, aux côtés des instituteurs, à créer des citoyens conscients des enjeux et sachant distinguer le bien du mal. En tout cas, elle a contribué à créer une morale qui nétait pas toujours à dominante religieuse mais qui faisait que, vaille que vaille, dans toutes les familles, on vous donnait un certain nombre de règles à appliquer votre vie durant.
Et dans ce climat daffrontement, peut-être même sans le savoir, linstituteur et le curé dans les villages faisaient un travail commun, au service de lémergence dune génération de citoyens. Peut-être est-ce une vision heureuse de lhistoire de mon pays ; mais enfin, tout ceci avait un sens. Si vous regardez un siècle plus tard ce que sont devenus certains de nos quartiers, quest-ce qui frappe ? Ce sont devenus des déserts : désert culturel, désert cultuel, désert du service public.
Il ne reste quune institution : la télévision. Comment ne pas sinterroger lorsqu’on voit certains jeunes, perdus, considérer la vie comme un bien de consommation, qui na pas plus de sens quun autre ? Comment ne pas être frappé de voir que lunicité de la vie et le respect quon lui doit ont disparu de certains de nos quartiers abandonnés ? Pourquoi ? Parce quon ne parle plus de la vie, de son sens, de sa fragilité, du respect quon lui doit. Parce qu’on ne dit plus que la vie nest pas un bien comme les autres.
Pourquoi ? Peut-être parce qu’ont disparu des lieux de rencontres, des lieux déchanges, des lieux dapaisement, des lieux o๠l’on explique que la vie va au-delà , qu’elle ne nous appartient pas et qu’elle est respectable. Il y a toujours linstituteur, qui fait dailleurs un travail remarquable, mais souvent il est seul. Des lieux de lumière, au sens des lieux de rencontre, il y en a si peu.
C’est là l’idée paradoxale qui est la mienne : je ne vois pas les religions comme ladversaire de la société daujourdhui. Je ne vois pas les religions comme une menace. Je les vois plutôt comme un facteur dapaisement. Car elles expliquent que lespérance existe et que ce que l’on fait dans la vie, cela compte !
Jadmets bien volontiers que cette vision est une vision rarement défendue. Je me demande encore pourquoi. Car on confond les religions et lextrémisme. On confond le fondamentalisme et lintégrisme. Et, selon lexpression populaire, ” on veut jeter le bébé avec leau du bain “. Parce que, quelque part dans le monde, il existe des intégrismes et de lintégrisme, on voudrait salir lensemble des religions. Jaffirme au contraire quà lintérieur de la République – et cest bien pour cela quil y a une laïcité à la française – le droit de croire et les religions ont un rôle à jouer. Un rôle dapaisement.
Alors, c’est curieux que je le dise, moi-même qui ne suis au service daucune église, même si culturellement jappartiens à léglise catholique de France, tout en n’étant pas un pratiquant régulier : parfois, je suis inquiet, je le dis aux représentants des églises, de voir queux-mêmes ont tant de mal à faire entendre leur voix. Pas toujours parce quon ne les écoute pas. Parfois parce queux-mêmes parlent trop bas. Pourquoi parlent-ils si bas ? Parce quils ont tellement été attaqués. Et parce quils pensent que le dicton ” vivons heureux, vivons cachés ” est parfois le bon.
Et puis il y a eu un changement considérable : la France du début du XXème siècle, la France de 1905 était catholique. Elle létait cultuellement, elle létait culturellement, on peut même dire dune certaine façon quelle létait politiquement. Eh bien, la France de 2005, elle nest pas catholique, elle est majoritairement catholique, mais elle est multiple. Et cela, c’est une nouveauté considérable. Lorsquon me dit : ” ne touchons pas à la loi de 1905 “, je m’interroge : la France de 2005, cest la France de 1905 ? La différence est que, un siècle après, se trouvent en métropole cinq millions de musulmans français.
Doit-on considérer que les derniers arrivés, la dernière religion de France, la seconde par le nombre, doivent sadapter à la loi de 1905 et que nous ne devons pas considérer quil a une spécificité ? La spécificité, cest que les musulmans pratiquants de France ont moins de moyens que nen avaient les catholiques de France, les protestants de France ou les juifs de France. Il y a des raisons historiques à cela : ils sont les fils et les petits-fils de ceux qui sont venus construire nos routes ou fabriquer nos voitures. Cette communauté-là , au sens de communauté cultuelle, a moins de moyens. Comme elle na pas de moyens et quon ne lui en donne pas, elle doit se tourner vers létranger, dont linfluence est négative.
Qu’est-ce que jai voulu faire, Monsieur le Président ? Tout simplement, faire émerger un islam de France parce que je refuse lislam en France.
Ce nest pas une petite différence, ce nest pas un petit enjeu. Cest un enjeu considérable, qui repose sur une conviction maintes fois affirmée de ma part et qui trouvera peut-être, dans cette Académie, un certain écho : une identité humiliée, cest une identité radicalisée.
Reconnaître des droits pour pouvoir imposer des devoirs, nest-ce pas le message de la République ? Mais quels sont les droits lorsque les imams viennent à 95% de létranger, parce quil ny a pas de formation dimams en France ? Quels sont les droits, lorsque pour édifier une mosquée il faut dépendre du financement de létranger ? Quels sont les droits, lorsque les problèmes que nous avons viennent des caves et des garages ?
Jai voulu donner aux musulmans de France une instance représentative. Cela na pas été facile ! Certains dirigeants de certaines religions men ont voulu. Je nai toujours pas compris pourquoi. Il paraît que, selon certains, javais été trop autoritaire. Honnêtement, un peu dautorité dans notre société, cest si rare ! Quon me laisse cette originalité. Jajoute que si je navais pas fait preuve dun certain volontarisme, chacun sait que cela ne se serait pas fait. Il ny aurait pas de CFCM. Ne soyons pas hypocrites, les uns les autres ! Cela s’est fait parce que je lai profondément voulu, parce que jai imposé cette unité, que les musulmans de France étaient au rendez-vous. Cest vrai : jai passé 48 heures enfermé à Nainville-les-Roches. Eh bien, cela valait le coup ! Car aujourdhui, personne ne conteste lutilité du CFCM.
On aimait parler de linstance représentative des musulmans de France quand elle nexistait pas. Maintenant quelle existe, tout le monde la reconnaît comme incontournable. Mais au moment de sa naissance, chacun avait son idée sur ce quil fallait que je ne fasse pas. Un peu moins sur ce quil fallait faire. Nous avons été nombreux à travailler sur le sujet. Je crois que cela a commencé avec vous, Monsieur le Ministre Pierre Joxe, et vous le savez autant que les autres : cela na pas été aussi facile que cela. Il y a eu la question de la composition de linstance. On ma dit “oui” pour une instance représentative des musulmans de France. Mais pas nimporte lesquels ! Ceux qui me reprochaient de faire preuve de trop dautorité, me demandaient de distinguer, à lintérieur de cette instance, ceux qui avaient le droit dy être, et ceux qui navaient pas le droit dy être…
Alors il faudrait savoir : est-ce que jen faisais trop, ou pas assez ? Jai même été jusquà me voir reprocher, par une grande éminence catholique, de vouloir instaurer une religion dEtat. C’est tout le contraire ! A partir du moment o๠il était reconnu quen France il y avait plusieurs religions, par définition, il ny avait pas de religions dEtat. Il ne peut y avoir de religion dEtat que s’il y en a quune.
La diversité, Monsieur le Président, cest bien le gage de la liberté.
Oui, jai voulu quil y ait tout le monde dans cette instance. Je ne lai pas regretté. Et dailleurs, peut-être, est-ce loccasion qui mest donnée de dire un mot dun sujet qui me passionne : la différence entre le fondamentalisme et lintégrisme.
Les mots sentrechoquent. Et ici, dans ce temple de la culture et de la précision, peut- on au moins samuser à en parler. Quelquun qui croit, naturellement, croit fondamentalement. Et plus il croit fondamentalement, plus sa foi est renforcée. On ne croit pas de temps en temps. Lengagement fondamental qui amènerait un catholique à aller communier tous les matins ne mettrait aucunement en cause la République. Cet engagement fondamental ne devient intégriste que lorsqu’il est plaqué sur la réalité de lautre. Quand il nest pas respectueux de la liberté de lautre. Cest à ce moment là quil devient dangereux et quil doit être combattu.
Oui, j’ai voulu quil y ait, au sein du CFCM, lensemble des représentants du monde cultuel musulman, y compris l’UOIF. Et je ne lai jamais regretté. L’UOIF a toujours respecté sa parole. Les partisans dun islam plus épicé ont leur place à lintérieur de cette instance, o๠ils ont apporté leur représentativité, sans jamais trahir lesprit de linstance. Si l’UOIF avait refusé dy participer ou en était partie, cest la représentativité du CFCM qui se serait trouvée engagée. Et dans les banlieues, on aurait fait alors de l’UOIF une organisation de martyrs, et du CFCM une coquille à moitié pleine. Je ne lai pas voulu et jai assumé cette responsabilité.
Jajoute dailleurs que j’aimerais que les partisans du dialogue entre les religions – qui ont raison de l’être ! – mexpliquent comment il serait possible de dialoguer avec la deuxième religion de France, par le nombre de ses fidèles, s’il n’existait pas dinstance pour dialoguer.
Cher Roger Cukierman, tu sais combien jétais heureux quand le CRIF a pris linitiative de dialoguer avec le CFCM. Ce nest pas rien dans la France daujourdhui. Et quand je participe aux dîners des CRIF régionaux et que je vois systématiquement les présidents des CRCM invités, je me dis que quelque chose a progressé, quand même, dans la République française. On a fait une avancée.
Mais il me semble quil faut encore aller plus loin et cesser lhypocrisie. Quelle hypocrisie ? Celle qui consiste à se contenter de dire qu’il faut séparer lislam de France des influences étrangères. Oui, mille fois oui ! Alors, il faut donner aux musulmans de France les moyens de gagner leur indépendance.
Je nai pas plaidé pour une réforme fondamentale de la loi de 1905. Je dis seulement qu’il existe un institut rabbinique de formation des rabbins de France, ici à Paris, et que c’est bien ainsi. Je préfère que les rabbins de France soient formés à Paris plutôt quà TelAviv ou à Jérusalem. Il en va de même pour les imams. Je préfère quil y ait un jour un institut de formation des imams de France qui parlent français, qui étudient dans nos universités, qui connaissent nos valeurs plutôt que de demander au gouvernement algérien, au gouvernement tunisien, au gouvernement marocain, de nous envoyer des imams qui ne parlent pas un mot de français et qui ne sont pas pétris de la culture et de la tradition françaises. […]
Voici dressé le tableau d’une bonne loi, la loi de 1905, qui lest devenue plus quelle ne la été. Jaimerais qu’il soit pris acte de ce point au moment de cet anniversaire. Tout le monde ne se bonifie pas avec les années ! Je ne vise personne, si ce nest moi naturellement.
Cette loi sest bonifiée et cest incontestablement une bonne loi. Mais une bonne loi ne veut pas dire une loi figée parce que figer une loi cest la faire vieillir, cest la démoder. Une loi doit pouvoir être adaptée. On garde les fondamentaux et on ladapte.
La France a changé, elle est devenue une France multiple. Il faut dire aux Français : ” vous navez pas à avoir peur de cette diversité, elle est une richesse “. Et si l’on reconnaît que le droit de croire est un droit absolu, pourquoi alors le reconnaître aux uns et le contester aux autres ?
Des religions qui doivent devenir des religions de France et des religions qui doivent apprendre à se parler entre elles : voilà ce que jai essayé de faire et voilà pourquoi ce sujet ma passionné et me passionne.
Et ces trois dernières années ont vu un progrès considérable pour la place des religions et pour la place de lislam de France. Jamais peut-être - et je voudrais terminer par cela – un ministre de lIntérieur ne sest senti autant ministre des cultes.
C’est une responsabilité que je revendique. Elle est une fierté. Elle est un sujet dintérêt, voire un sujet de passion. Parce que les hommes de foi quil m’a été donné de rencontrer mont enrichi de leur expérience. Je ne plaide pas pour une église, quelle quelle soit. Je ne plaide même pas pour ceux qui croient. Je plaide pour lutilité et lintérêt de stabiliser la place des religions dans notre pays.
Je vous remercie.























